MINI-BIOGRAPHIES

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A


Les informations dont nous disposons sont quelques fois très succintes et ne nous permettent pas vraiment de réaliser une fiche biographique conventionnelle. Aussi, nous ajoutons cette série de pages (en ordre alphabétique) pour diffuser les quelques renseignements que nous possédons sur les personnages ne faisant pas l'objet d'une Fiche biographique...






  Adam, Adolphe

Né à Paris, le 24 juillet 1803 et mort dans la même ville, le 4 mai 1856, Adolphe Adam ne fait pas précisément partie des compositeurs qui devraient faire l'objet d'un article dans un site dédié à la chanson française de 1870 à 1945, mais son nom mérite d'être souligné car, en plus d'être l'auteur de la musique d'une des chansons française ayant connu des dizaines, sinon centaines d'interprètes et probablement la plus enregistrée de tous les temps - nous y reviendrons à l'instant -, il est un de ceux qui ont le plus contribué à mettre en avant un genre lyrique qui, aujourd'hui est considéré comme un mode d'expression théâtrale typiquement française, l'opéra-comique.

De ces opéras, il en a écrit la musique de presque cinquante dont les titres en disent long sur leurs contenus :

Le Grand Prix ou le Voyage à frais communs (livret de Gabriel et Masson) créée à l'Opéra-Comique, le 9 juillet 1831

Casimir ou Le premier tête-à-tête (livret de Desnoyers) créée au théâtre des Nouveautés, le 1er décembre 1831

Le postillon de Lonjumeau (livret de Leuven et Brunswick) créée à l'Opéra-Comique, le 13 octobre 1836 - Son plus grand succès, pour lequel on a érigé une statue à Longjumeau même (au sud de Paris) : Voir ici.

La Main de fer ou Un mariage secret (livret de Scribe et Leuven) créée à l'Opéra-Comique, le 26 octobre 1841

Le roi d'Yvetôt (livret de Leuven et Brunswick) créée à l'Opéra-Comique, le 13 octobre 1842.

Si j'étais roi (livret de Adolphe d'Ennery and Jules-Henri Brésil) créée au Théâtre Lyrique le 4 septembre 1852.

Etc., etc.

Ses compositions pour ballet sont également très connues, en particulier la musique qu'il a écrite pour Giselle qui fut, en 1910, un des grands succès des Ballets russes de Serge de Diaghilev (chorégraphie de Michel Fokine) et qui ne cesse d'être reprise régulièrement.

Qu'il fut connu, loué, applaudi pour les compositions précitées (et beaucoup d'autres), sa place au panthéon des compositeurs de chansons françaises doit lui être réservée pour un cantique de Noël, dont il composa la musique en 1847 et qui porte le nom de son premier vers, "Minuit, chrétiens" et qu'il appelait la "Marseillaise religieuse", et pour cause :

Son texte rédigé par Placide Cappeau (qui était socialiste, républicain et anticlérical) contient, en effet, des paroles, dans son deuxième couplet, qui sont loin d'être un chant exclusivement réservé à la louange d'un sentiment religieux :

Le Rédempteur a brisé toute entrave,
La terre est libre et le ciel est ouvert
Il voit un frère ou n'était qu'un esclave
L'amour unit ceux qu'enchaînait le fer,
Qui lui dira notre reconnaissance ?
C'est pour nous tous qu'il naît, qu'il souffre et meurt:
Peuple, debout ! chante ta délivrance...

Sur Youtube, on en trouvera une dizaine d'interprétations dont celle de Luciano Pavarotti ; Caruso en a enregistré une version en 1916 ; de Tino Rossi, il en existe au moins trois versions ; sans compter les versions québécoises…

Nous en ajouterons une à notre prochain édition sur notre page spéciale Noël...

Photo d'Adolphe Adam : http://www.dance.net/

Photo de Si j'étais roi : http://commandopera.com/






  Alma, Simone

On dit qu'elle n'était pas très jolie, qu'elle n'avait pas un "physique de théâtre" (qui fut d'ailleurs le titre d'une de ses chansons) ; que son nez était trop long ; que son menton...

C'est ce qui explique sans doute ses nombreuses présences à la radio.

Elle avait pourtant une très belle voix et, même sans la voir, on pouvait deviner qu'elle avait beaucoup de chic, de classe et de... charme.

Née Simone Nollez, à Raon-l'Étape (Vosges - 88) en 1908, elle débuta sa carrière assez tard, vers la toute fin des années trente sous le nom de Simone Raon puis Johnson et, comme les noms à consonnance anglaise n'étaient pas populaire sous l'Occupation, elle finit par s'appeler Alma, du nom de sa... chienne (sic). En 1941, elle fait partie de l'orchestre de Raymond Legrand non sans passer quelque temps au cabaret Chez Elle (en 1942) et à d'autres endroits puis à l'Étoile en 1945 où, presque tout de suite après, elle ne fit presque exclusivement que de la radio et du disque jusqu'à la fin des années cinquante où elle passa du côté comptable à la SACEM.

Simone Alma est décédée à Fréjus en janvier de l'an 2000.

Nous reste d'elle une cinquantaine d'enregistrements dont un délicieux "Loin des sambas" enregistré en 1947 chez Pathé (numéro PA2425) repris en 2008 dans un coffret intitulé Collection Platinum paru chez EMI France (n° 509992177622 5) et que nous citons à l'instant faute de n'avoir pu en retracer un 78 T de l'époque.

"Loin des sambas"

(extrait)

Un CD, également, chez Marianne Mélodie, n° 081874, intitulé tout simplement Mes chansons de charme contenant 26 chansons qui vont de 1947 (le "Je n'ai pas un physique de théâtre" cité ci-dessus) à 1957 ("Irma la douce").

Et l'on trouvera quelques enregistrements d'elle sur YouTube.






 Antigny, Blanche d'

Marie-Ernestine Antigny, dite Blanche d'Antigny, née à Martizay (Indre) en 1842.

Elle fut tout d'abord demoiselle de magasin puis modèle (La Madeleine pénitente de Paul Baudry - Musée des Beaux-Arts de Nantes) avant de devenir comédienne, en 1860, demi-mondaine et... la petite amie de Mensentoff, le chef de la police du tsar avec lequel elle se rend en Russie pour en être chassée par la tsarine pour... légèreté.

À partir de 1866, elle joua au Palais-Royal et aux Folies Dramatiques où elle fut l'ingénue excentrique de Chilpéric et du Petit Faust d' Hervé.

Elle aurait, peu avant 1870, été entretenue par le banquier Raphaël Louis Bischoffsheim pour le quitter en compagnie d'un jeune comédien avec qui elle se rend en Égypte.

De retour à Paris, phtisique, elle meurt, à 32 ans, au 93 boulevard Haussmann, le 27 juin 1874.


Pour plus de renseignements

Le site des "amis du Vieux Martizay"

Mémoires de Paulus, chapitre 8



 Aquistapace, Jean

Près d'une trentaine de films entre 1932 et 1949 dans lesquels il chante à l'occasion dont, dans des rôles principaux : Je te confie ma femme de René Guissart (au côté d'Arletty, en 1933), On a trouvé une femme nue de Léo Joannon (avec Mireille Balin, en 1934) ; mais aussi dans des rôles secondaires : celui de Monsieur de Miranda dans Le comte Obligado de Léon Mathot, film mettant en vedette Georges Milton, en 1935, et de Larivaudière dans La fille de Madame Angot de Jean Bernard-Derosne, la même année.

Sur scène, il a été de la distribution de Le secret de Polichinelle d'Henri Cain (livret) et Félix Fourdrain (1922), Le temps d'aimer de Pierre Wolf et Henri Duvernois (livret) et Reynaldo Hahn (1926), Mariette de Sacha Guitry (livret) et Oscar Strauss, une comédie musicale dans laquelle Sacha tint le rôle principal avec, en co-vedette, Yvonne Pintemps (1928) et Ô mon bel inconnu de Sacha Guitry (livret) et Reynaldo Hahn (musique) aux côtés de René Koval et Arletty.

Né Jean Baptiste Rosalinde Hyacinthe Aquistapace, à Nice, le 2 août 1882 , il y décédera 70 ans plus tard le 20 octobre 1952.

Peu d'enregistrements. Un quand même souvent réédité, en duo, avec Arletty, "Et le reste", du film Je te confie ma femme, en avril 1933, chez Salabert, numéro 3292 mais, la plupart du temps, publié sous le nom d'Arletty.

À défaut d'illustrer sa voix via un enregistrement sur disque, on pourra toujours le voir et l'entendre, chantant à Paulette Dubost, un tango, assez curieux (rôle de composition) tiré du film Le Comte Obligado cité ci-dessus. Paroles de René Pujol, musique de Michel Levine.

Ajout du 3 novembre 2013

Finalement, grâce à Monsieur David Silvestre (que nous remercions vivement) nous voici en mesure de proposer un enregistrement sur disque Polydor n° 522.800 : "Romance à l'enfant" (du film d'André Hugon, L'illustre Maurin - avec Aquistapace, Berval, Nicole Vattier, Armand Lorcher - en 1932) orchestre dirigé par Georges Aubanel.



 

 Armandine

Pseudonyme d'une artiste qui a débuté membre de la "Corbeille" et qui est, par la suite, passée, au théâtre.

Aucune autre référence connue.

Paulus, dans ses Mémoires, la mentionne sans plus au chapitre 1.




Ta dent


Un autre aurait voulu tes bras aux reflets d'ambres,
Tes doigts de pieds ou tes cheveux,
La tresse de ton front, la taille que tu cambres...
C'est ta dent du fond que je veux!
Ton corps, banquet d'amour, met la chair en déroute :
C'est un repas voluptueux.
D'aucuns s'arrêteraient pour y casser la croûte !!!
C'est ta dent du fond que je veux !


Quand tu parles, on croit un oiseau qui gazouille,
L'amour me brûle de ses feux !
A tes côtés je sens que je deviens gaz... houille :
C'est ta dent du fond que je veux !
Verse-moi des baisers, ma gorge se dessèche.
(Je suis sincère en mes aveux !)
Me faudra-t-il crier: "A la fraîche... à la fraîche ?"
C'est ta dent du fond que je veux.


Sous les lambris rosés du palais de ta bouche,
Palais buccal et somptueux,
Si même je trouvais quelque chose de louche
Dans ta dent du fond que je veux,
Un flocon de coton doux au mal qui t'oppresse,
Je m'écrierais encor joyeux:
"Qu'importe le flocon pourvu qu'on ait l'ivresse" !
C'est ta dent du fond que je veux !


 Arnould, Georges

Voici ce qu'écrivait, en 1902, Léon de Bercy sur ce chansonnier dans son livre, Montmartre et ses chansons, publié chez H. Daragon, libraire à Paris :

Petit, vif, remuant, toujours pressé, le nez au vent - et quel nez ! - Arnould ne cause jamais qu'avec volubilité, tournant constamment la tête à droite et à gauche comme pour sonder de son regard perçant les murs ou l'horizon. Entré tout jeune au théâtre, il débute en septembre 1891 à la Renaissance. Après avoir joué une quantité de pannes, il réussit à attraper un bout de rôle qui le met en relief dans une revue de Clairville et Boyer : En scène, Mesdemoiselles !
On l'engage aux Variétés, où il crée dans La bonne à tout faire, de Méténier et Dubut de Laforest, le collégien Léonce, qui lui vaut les compliments de la critique. Il reste six ans à ce théâtre, jouant aux côtés de Baron, de Lassouche, de Brasseur, de Cooper, de Dupuis et de Dailly, de qui il apprend les ficelles et les traditions du métier ; mais, désespérant de tenir jamais la tête de l'affiche, il se met à composer des couplets et va sonner un beau soir au Carillon avec une série de chansons "bisensuelles" pour faire pièce aux Chansons sensuelles de Gaston Habrekorn. Millanvoye l'ayant engagé, Arnould se toque du talent de Numa Blès, une collaboration s'établit entre eux pour l'exploitation d'un genre nouveau : Les Siamoises.

Voici comment mon camarade Xanrof - qui me pardonnera cet emprunt - s'exprimait pour présenter au public ces amusantes fantaisies :

"- Alors quoi ? Monologues ? Chansons ? Pantomimes ? Revuettes ? Drames en trois actes ?
"- Rien de tout ça, ? et tout ça un peu : des siamoises, produit hybride du saut-de-carpe de la fantaisie et du coup-du-lapin de la blague frondeuse: vers, prose, pantomime, chant, à l'hasard de la fourchette de l'inspiration; couplet de revue, si ça se trouve; duo d'opérette, si ça se rencontre; dialogue ici, conférence là, originalité partout, siamoises ! ? Esprit du
Chat-Noir et d'ailleurs, calembour, cabriole, grimace, clin d'œil, feu d'artifice, kaléidoscope !... Quel est le mot qui exprime tout cela ?
"- Dame ! est-ce que je sais ?
"- Vous en êtes un autre, les auteurs on plus ! C'est pourquoi, frères siamois en littérature, ils ont adopté le nom qui vous étonne pour leur progéniture spirituelle, ? leur spirituelle progéniture. Ainsi, peut-être, espèrent-ils rencontrer ? comme ils le méritent ? Fortune et Renommée, ces deux siamoises, elles aussi, filles inséparables du Succès !"

La critique tout entière, M. Henri Fouquier en tête, applaudit à cette tentative.

Malgré le triomphe qui salua leur début, en dépit de leur spirituelle fantaisie et de leur franche gaieté, Les Siamoises ne fournirent point la carrière que leurs consciencieux auteurs et interprètes étaient en droit d'espérer.

Après vingt essais laborieux, ceux-ci abandonnèrent la partie, et Arnould s'enfuit loin de Montmartre. Il écrit pour le café-concert des couplets tranchant un peu sur le genre ordinairement exploité, et il est aujourd'hui un de ceux qui produisent le plus dans cette spécialité.

J'ai parlé tout à l'heure de ses chansons bisensuelles ; j'en donne ci-dessous un échantillon :

< voir encadré ci-contre

Georges Arnould a fait représenter, seul ou en collaboration, plusieurs pièces au café-concert : La Sainte-Barbe, Le Bain-Marie, Le Petit Aiglon, La Nuit du 8 Octobre et L'Ecole des Clairons. Mais il a depuis un an répudié toute collaboration et fabrique absolument seul ses chansons et ses pièces.

Il est actuellement à Cluny, où son engagement vient d'être renouvelé à de très belles conditions.



 

 Assy, Pierre (ou Pascal) d'

Deux d'Assy dans l'histoire du Café-Concert :

- un premier, prénommé Pascal et qui est sans doute celui dont Paulus mentionne au chapitre un de ses Mémoires et qui chantait à l' Alcazar d'Été en 1886,

- un deuxième, prénommé Pierre né Pierre Beaufort, un chanteur "à voix", basse-chantante au Théâtre de la Monnaie (Bruxelles) à partir de 1900, époux de la célèbre soprano Jane Pacquot, qui, sous le nom de Beaufort, enregistra, pour les auditeurs des derniers balcons des grandes salles parisiennes et bruxelloises, quelques disques à saveur plus ou moins militaire entre 1905 et 1910. On lui doit, entre autres enregistrements :

"Le Régiment de Sambre et Meuse" (Paul Cézano et Robert Planquette - 1870), chez Edison en deux cylindres non numérotés puis chez chez Gramophone en un seul disque en 1909 (n° 232042)

et

"La marche Lorraine" ( Jules Jouy, Octave Pradels et Louis Ganne - 1895) - même caractéristiques n° 232041)

On pourra écouter le premier de ces enregistrements page 02 de notre série :

La chanson française de 1870 à 1945 en cinquante chansons.

Pierre d'Assy est mort en 1911, âgé de 39 ans ce qui lui aurait donné en 1886... quatorze ans. Donc deux d'Assy (ou Beaufort).



 

 Asso, Raymond

Raymond Antoine Marie Roger Asso, né à Nice le 2 juin 1901.

Ne serait-ce que pour avoir écrit les paroles de "Mon légionnaire" (musique de Marguerite Monnot), chanson créée par Marie Dubas à l'A.B.C. en juin 1936, puis reprise par Piaf au même endroit en mars 1937 (et par la suite, Cora Vaucaire, Suzy Solidor, Germaine Sablon, etc.) Raymond Asso, mériterait une place d'honneur dans les paroliers du siècle dernier. C'est qu'il en écrit beaucoup d'autres. Pour Piaf, en particulier, mais aussi pour Lucienne Delyle, Renée Lebas, Yves Montand, Catherine Sauvage, Les Frères Jacques, André Dassary et même Tino Rossi.

Citons, parmi ses plus connues :

  • "Mon amant de la Coloniale" - Musique de Robert Juel, créé par "La Môme" Piaf en mai 1936 ;
  • "Le fanion de la Légion" - Musique de Marguerite Monnot, créé par Marie Dubas à l'A.B.C. en mars 1936, reprise par Piaf au même endroit en mars 1937 ;
  • "Paris-Méditerranée" - Musique de René Cloërec, créé par Piaf en juin 1937 ;
  • "C'est lui que mon cœur a choisi" - Musique de Max d'Yresne, créée par Piaf en décembre 1938 et reprise par Germaine Sablon en mai 1939 ;
  • "Elle fréquentait la rue Pigalle" - Musique de Louis Maîtrier, créé par Piaf à l'Européen en avril 1939 et reprise par Lucienne Delyle en juin de la même année ;

Et cette chanson qui a mis en route la carrière de Mouloudji : "Comme un petit coquelicot" - Musique de Claude Valéry en 1951.

S'il a écrit jusqu'en 1960, sa grande période se situe avant-guerre.

De 1962 jusqu'à sa mort, en 1968 (24 octobre), il fut administrateur à la SACEM.

Et c'est à Raymond Asso que l'on doit l'expression "zazou-zazou".



 

 Auguino, Luis

D'après Léon de Bercy - Montmartre et ses chansons - H. Daragon, libraire - Paris - 1902.

Débuta à peu près à la même époque et aux mêmes avantageuses conditions que Gréjois, au Conservatoire de Montmartre, se produisit d'abord comme chanteur, avec des chansons anciennes qu'il détaillait de façon charmante. Il ne se livra à la composition qu'après son entrée au Cabaret des Arts, que se l'attacha peu après la fondation. Le programme humoristique de cet établissement nous dévoile son passé dans des lignes fumistes :

"Né à Pampelune (oh! ironie des ruines !) en 1875, francisa son nom à la suite d'une grave maladie et devint Louis Auguin, nom sous lequel il se fit une atroce réputation dans l'Université. Passa trois fois en correctionnelle et cinq fois à l'étranger.

"Fut découvert par le docteur Maclaud dans la Guinée septentrionale, Auguin à cette époque enseignait l'art culinaire anthropophage aux indigènes de l'endroit.

"Ramené en France étroitement enchaîné, fit courir tout Paris au Jardin des Plantes, s'évada avec la fille du gardien, et privé de toutes ressources vint échouer dans un hôtel borgne de la rue de Flandre, ne pouvant payer ses notes, résolut de les faire valoir par la souplesse de son gosier et devint tenorino léger, si léger qu'une fois encore il s'envola aux pays bleus....., connut alors la fortune sous les espèces d'une princesse valaque (de la famille Tanvala-Cruchaloh), couvert de bijoux et d'égratignures, se fit admettre au Cabaret des Arts, où il ne tarda pas à devenir la coqueluche de l'auditoire féminin.

"(Est l'auteur de mélodies charmantes qui se trouvent actuellement sur tous les pianos mondains.)

"Atteint d'une maladie de langueur, brûle la chandelle par les deux bouts et s'éclaire avec de l'huile d'olivette.

"Candidat à l'académie des Ginsodatistes..."

Nancéen d'origine, Louis Auguin, après de brillantes études, entra dans l'Université en qualité de professeur et enseigna à Corte, à Confolens, à Commercy, puis fut mis en disponibilité à la suite d'une intrigue avec la femme d'un de ses chefs de service. C'est à la suite de cette aventure que l'idée lui vint d'utiliser son talent de chanteur. En attendant qu'il écrive lui-même ses poèmes, - ce qui lui arrivera certainement un jour, - il compose de délicieuses mélodies sous les vers d'autrui. J'ai plus spécialement remarqué "Rimes amères", "Les Lilas blancs", poésies d'Armand Silvestre, "Au petit Sentier", bluette de Maurice Bouchor, "Dormeuse", "Ce que dit le Passant", "Partout" et "La Belle au Bois dormant".

L'été, Auguin parfois devient imprésario, et monte des troupes montmartroises qu'il produit dans les grandes villes de province. Il ne regrette point d'avoir abandonné l'enseignement, car il voit déjà en lui sourire la Fortune: il est dans ses meubles depuis un an et paye son terme.

Particularités: voue une farouche inimitié à Fursy et ne croit pas aux serments féminins.



 Avenel, Paul

Auteur, compositeur, journaliste, romancier, dramaturge et interprète né Henri Thiéry à Chaumont-en-Véxin le 9 octobre 1823, mort à Bougival le 14 avril 1902.

(Merci M. Patrick Ramseyer !)

Il fut, entre autres, l'auteur de dizaines de chansons dont "La cour du roi Pétaud", "Buvons sec" et "L'pied qui r'mue".


Son fils adoptif, Henri Mayer Avenel, fut, un temps, le directeur de L'Événement.

Son frère, Georges, né en 1828, a donné de nombreux écrits sur la Révolution.