MINI-BIOGRAPHIES

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B


Les informations dont nous disposons sont quelques fois très succintes et ne nous permettent pas vraiment de réaliser une fiche biographique conventionnelle. Aussi, nous ajoutons cette série de pages (en ordre alphabétique) pour diffuser les quelques renseignements que nous possédons sur les personnages ne faisant pas l'objet d'une Fiche biographique...



 Baba, Sidonie

De toutes les diseuses-chanteuses qui, à un moment donné, ont chanté sur les scènes parisiennes, Sidonie Baba fut des plus étranges, non seulement à cause du nom qu'elle s'est donné (elle est née Solange Terrasson-Duvernon - ce qui, en soi, n'est pas banal) mais également par le chemin qu'elle a parcouru au cours de sa longue carrière.

Née à Remiremont (Vosges - 88) le 29 juin 1905, fille d'un peintre, Alphonse Raoul Terrasson-Duvernon et d'une professeur de piano, Marthe Chevalier, elle monta à Paris, très jeune - elle a à peine 17 ans - avec l'intention de devenir comédienne. Elle le fut un temps mais passa tout de suite à l'écriture avec un conte lyrique, Les deux fous, qu'elle fit jouer en 1926 avant de publier un recueil de poèmes, Entre quatre murs, et de passer à l'Intransigeant tout en écrivant divers articles pour l'Opinion et finalement se mettre à la chanson au début des années trente notamment chez Suzy Solidor et au Jockey.

En 1932, elle est de retour à l'écriture avec une pièce intitulée Le marchand d'idées pour remonter sur scène en 1934 dans une opérette de Vincent Scotto et René Sarvil, Zou ! le Midi bouge, à l'Alcazar de Paris avant d'ouvrir son deuxième cabaret, L'Heureuse galère (son premier s'appelait tout simplement Chez Sidonie mais elle n'avait alors que 23 ans) et continuer bon an, mal à chanter, écrire d'autres recueils de poésie, d'autres articles de journaux, un Missel profane et des... chansons que son ami René-Ernest Casabianco met en musique.

Dans les années quarante, on pouvait la voir à l'A.B.C. mais aussi l'entendre à la radio, petit accroc qui lui valut quelques ennuis à la Libération malgré que son frère, le commandant Terrasson-Duvernon, fut un grand personnage du maquis.

Oubli passager dans les années cinquante, petit retour dans les années soixante avec ses Souvenirs qu'elle publie dans Le Monde et la vie, puis disparition presque complète : un café qu'elle tiendra un temps avant de finir... concierge (?) et s'éteindre en janvier 1973.

Un époux, pendant un certain temps, dont le nom mérite d'être cité : Boris Michel Zilioff. Hé quoi ? Quand on s'appelle Solange Terrasson-Duvernon, qu'on change son nom pour Sidonie Baba, on ne pouvait tout de même pas épouser un Dupont.

Sa discographie est relativement mince. G. Roig † parle de quelques disques chez Ultraphone et quelques autres chez Pathé. Nous n'en n'avons retrouvé aucun. Dommage car, citant Gustave Fréjaville (Comœdia du 13 juin 1942), Monsieur Roig nous disait que "Cette vive et originale petite bonne femme [?] s'est fait un répertoire et une manière de dire qui lui assurent une place tout à fait à part..."



 Baillet, Eugène

Chansonnier et goguettier français né et mort à Paris (1831-1906). Il est aussi sercrétaire du Syndicat des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique (SACEM).

Auteur de "La religieuse", "L'hirondelle prisonnière", "Souviens-toi, belle Italienne", etc. il collabore au journal La Chanson. Auteur de biographies de Louis-Marie Ponty, Jean-Baptiste Clément, Charles Collé, Charles-Simon Favart...

Eugène Baillet préside, en 1881, le banquet de la goguette de la Lice chansonnière et compose pour la circonstance "Le Rondeau de la Lice chansonnière".

Voir à : Mémoires de Paulus chapitre 5  et chapitre 28.

(*) voir également un article paru à la page 15 du numéro 109 des Chansons Illustrées



Photo en provenance
du site d'Hervé David

 Baltha, Georges

Né le 26 février 1872 à Paris (10ème) et décédé en 1944 à Cergy (Seine-et-Oise, aujourd'hui Val d'Oise - 95).

D'après Léon de Bercy, dans son livre, Montmartre et ses chansons, publié chez H. Daragon, libraire à Paris en 1902 :

A proprement parler, Baltha est plutôt un chanteur qu'un chansonnier, car, à moins d'omission de ma part, son œuvre ne comporte que deux monologues agrémentés de"sabir" : le Charlatan arabe et la Grammaire arabe, qu'il débite avec l'accent "arbi" le plus pur. Mais si le bagage du chansonnier est léger, le talent du chanteur est appréciable et bien des camarades lui doivent le succès de leurs œuvres.

"Georges Baltha, nous dit dans son programme le Cabaret des Arts, - dont il est un des fondateurs - naquit, en 1789, dans un des fossés creusés à la place de la Bastille conquise, dans une partie de football où il était l'adversaire de Mirabeau, eut les deux jambes brisées à la hauteur du genou, se fit adapter deux pieds mécaniques par le chirurgien Marat et depuis ne marche plus ou presque pas.

"Fut un des promoteurs de la restauration de Napoléon, mis aux fers (sa constitution maladive s'y prêtait d'ailleurs), séduisit la fille du geôlier de Nantes et devint gouverneur de la Loire-Inférieure, végéta pendant de longues années entre Saint-Nazaire qu'il ne vit jamais...

"Ousqu'est Saint-Nazaire !" chantait-il... et Paimboeuf dont il fit son ordinaire.

"La Loire devenue navigable, il se présenta comme premier piqueur à la compagnie aérostatique des wagons-lits et partit en bicyclette de poche à la poursuite de la fortune et d'une femme blonde qu'il dénommait Georgette. L'ayant rejointe dans la rue Pigalle (pas la fortune, la femme seulement), se fit chanteur pour lui plaire et devint un de nos plus estimés interprètes.

"Un long séjour dans les îles Comores lui ayant rendu familier l'usage de la langue arabe, il s'improvisa charlatan et débita de cette pâte merveilleuse dont il a pris le brevet en 1892... s'est rangé et, bien que très vieux, charme de sa voix chevrotante les habitués du Cabaret des Arts."

Débarrassons-le de la sénilité dont l'a gratifié la fumisterie de ses camarades et disons que Balthazar Glaser - rien d'israélite ! s. v. p., - dit Baltha, est né en Lorraine au cœur de l'année 1873.

Après avoir, dans son adolescence, tâté du commerce, il s'essaya au sous-sol des Roches-Noires, où il se lia d'amitié avec Jean Varney, dont il est devenu l'inséparable et l'interprète assermenté; il y rencontra également Hector Sombre; celui-ci l'éleva à la dignité de secrétaire de la Morgue Littéraire, qui faisait soirées trois fois par semaine (1893).

Mais les recettes de cet établissement étant plutôt insuffisantes, Baltha accepta de partir en tournée avec l'ombremane Boudenat, dont le frère avait précédemment tenu le cabaret de la Grand'Pinte, les chansonniers Lucas Strofe (Forest), Dalbert, Clément George, le chanteur Lavater et le pianiste Lassailly. Cette tournée stationna trois mois à Clermont-Ferrand, trois mois à Vichy, trois mois à Lyon, où elle s'adjoignit J. Varney ; quinze jours à Marseille, où elle s'augmenta de Numa Blès ; trois mois à Nice et quelques jours dans différentes villes du littoral méditerranéen, s'intitulant fièrement et suivant le lieu : "Chat-Noir clermontois", "Chat-Noir lyonnais", "Chat-Noir niçois", etc. Florissante au début, elle périclita au voisinage de Monaco, se débanda et rentra à Paris.

Baltha se fait alors engager aux Quat'-z-Arts, où il se taille de jolis succès avec les chansons de J. Varney : "Sérénade pour Elle", "A quoi rêvent les Femmes", "Douce Philosophie", et la célèbre "Sérénade du Pavé".

Mais la Patrie réclame son bras, il va passer un an dans un régiment de ligne et revient chez Trombert, qui lui confie la régie du cabaret. Il y cueille de nouveaux lauriers avec "Revanche","Le Béguin du Charpentier", de Varney, "Tout simplement", "Les Deux Tulipes", de Boukay;"Gardez-vous du Baiser", de votre serviteur, etc. En 1898, il inaugure le Cabaret des Arts, où il officie encore actuellement; entre temps, il se dédouble et paraît à la Guinguette-Fleurie, aux Mathurins, à la Boîte-à-Fursy et au Tréteau-de-Tabarin, rencontrant partout le même accueil sympathique et récoltant, grâce à la douceur de son organe, à l'impeccabilité de sa diction et à la correction de son jeu, une abondante moisson de bravos.



 Baron, Julia

Interprète née à Paris vers 1836.

Elle débuta comédienne en jouant des petits rôles avant de se faire connaître en 1865 dans celui de Giroflée dans la Biche au Bois à la Porte Saint-Martin en 1865. Elle passa ensuite aux Bouffes-Parisiens où elle joua dans la revue de la fin de l'année 1866 chantant un air qui allait assurer sa pérennité, "Suivez-moi jeune homme". Hervé la remarque et la fait passer en vedette aux Folies Dramatiques.

       

Elle passe ensuite au Palais-Royal où elle parut de 1868 à 1874 avant de se retirer de la scène en 1875.




La prudenc' de M'sieur Bérenger
Vient encor' d'être dérangé'
Par toutes les exhibitions
Qu'on s'propose à l'Exposition.
Il n'veut pas qu'les messieurs d'son âge
Soient exposés... à n'plus êtr'sages.
Comm' si les sénateurs
Sentaient encor vibrer... leur cœur!


Il s'en va, d'un pas virginal,
Trouver l'commissair' général,
Qui lui dit: "Faisons tout au long,
"A pied, l'tour de l'Exposition.
"Des ponts nous verrons tout's les arches ,
"Je n'suis content que quand je marche."
Bérenger dit : "Malheur!
"V'là Picard qu'est un vieux marcheur!"


Puis il ajoute: "Il faut d'abord
"Sauv'garder la vertu dehors.
"Faudra chasser tous les moineaux,
"Car si dans les arbr's ces oiseaux
"Font zizi quand on les écoute,
"Ils ajout'nt pan! pan! sur les routes.
"Ils n'y mett'nt pas longtemps,
"Mais ça n'en est qu'plus inconv'nant !


"Si l'on expos' des animaux,
"Faudra pas admettr' de taureaux.
"Dans l'enceinte il n'faudra pas d'chiens,
"Car ces bêt's-là, chacun l'sait bien,
"Ont l'habitud', très peu farouche,
"D's'embrasser toujours... sur la bouche.
"Les Anglais pudibonds
"Prendraient ça pour une allusion.


"Faut attentiv'ment surveiller
"La culture et ses dérivés ,
"Faut supprimer les arbres verts
"D'peur qu'on r'tourn' la feuille à l'envers ,
"On tolèr'ra, ça n'a rien d'louche,
"Les melons, parc' qu'ils sont en couches
"D'ceux-là, l'exemple est bon
"Pour la repopulation."


Arrivant aux objets d'piété,
Il n'croyait pas d'voir s'arrêter,
Quand tout à coup, se frappant l'front,
Il s'dit : "A quoi pensé-je donc?
"On ne peut pas laisser des vierges
"Contempler ces énormes cierges
"Ah! Ah! Ah! nom de nom!
"Ma pudeur en a fait un bond.


"Quant aux sauvag's d'tout's les nations,
"Faudrait bien leur mettr' des cal'çons,
"Mais ça va peut-êtr' les gêner,
"Eux qui n'port'nt qu'un anneau dans l'nez.
"Il suffirait d'mettr' aux négresses
"Un pain à cach'ter sur les... joues
"On n'dira pas vraiment,
"Cett'fois, que j'suis trop exigeant."


Puis il ajouta, tout flambard,
Dans l'oreill' de monsieur Picard:
"Vous savez, moi, tout ça, j'en ris,
"Ce n'est que pour la galeri'.
"Montrez-moi donc où l'on peut s'mettre
"Afin d'voir la lune à un mètre !"
Et v'là, parole d'honneur,
Comment Bérenger d'vint voyeur.


 Battaille, Jean

Extrait de Montmartre et ses chansons, H. Daragon, libraire à Paris (1902) de Léon de Bercy :


Battaille (Jean-Louis) est né à Paris le 7 février 1863, il est le fils du docteur Charles Battaille, qui abandonna la médecine pour l'art lyrique et mourut, il y a une vingtaine d'années, professeur au Conservatoire.

Après avoir fait son droit, Jean Battaille se fit inscrire au barreau de Paris et plaida de 1884 à 1897, époque à laquelle il jeta la robe aux orties - talis pater ! - pour se consacrer à la chanson.

On l'engagea au Tréteau-de-Tabarin. Ce n'était pas là, à proprement parler, un début, car de 1889 à 1892, alors qu'il était secrétaire particulier de M. Constans, ministre de l'intérieur, il avait déjà composé et interprété lui-même, en amateur, des chansons d'actualité qui furent fort goûtées aux soirées intimes du ministère. Le public montmartrois accueillit très aimablement le nouveau venu, dont la verve bon enfant et la satire sans méchanceté tranchaient sur la "rosserie" de son camarade Fursy.

A côté des chansons d'actualité, Battaille a composé quelques types fort amusants : "Les Bonnes Grosses Dames", "Les P'tits Messieurs au Gros Bedon", "Les Grandes Dames Maigres" et quelques autres qui, passant des tréteaux aux scènes de cafés-concerts, obtinrent sur celles-ci un succès mérité. Il se fit applaudir successivement aux Mathurins, aux Capucines, aux Noctambules et à la Maison du Rire (Exposition universelle de 1900), dont M. Juven lui avait confié la direction artistique. Il appartient actuellement à la Boîte-à-Fursy et au Cabaret des Arts, qui le présente à son public de la manière suivante :

JEAN BATTAILLE
[Battaille est en réalité officier de l'Instruction publique depuis 1895.]
Lauréat de l'École supérieure de Pharmacie d'Enghien
8 ter, rue Pierre-Charron, de 4h. à 7 h.
Consultations gratuites pour les dames. Discrétion.

Jean Battaille a cinq pieds six pouces,
Sous un vague nez rigouillard,
Des moustaches vaguement rousses,
Jean Battaille a cinq pieds six pouces.
Les femmes disent: "Quel gaillard!"
Les maris vous ont de ces frousses
Devant son petit air paillard,
Et, sentant leurs cornes qui poussent,
Rêvent d'en faire un Abélard,
Jean Battaille a cinq pieds six pouces.

"C'est en ces termes virulents que Sainte-Beuve (3e lundi) commence l'étude de critique des chansons de notre éminent camarade. On ne saurait mieux dire.

"Battaille, né à Paris en 1863, débuta dans la carrière des lettres en collaborant à la "Cuisinière bourgeoise ", à "l'Art d'accommoder les aubergines" et à divers "Magazines" culinaires. C'est de cette situation modeste qu'il s'éleva, en 1889, à celle de secrétaire particulier du terrible Constans. L'aida successivement dans ses divers assassinats, et passe même pour avoir supprimé, en le coupant en morceaux et en le dévorant à la sauce poulette, le fameux Puig y Puig.

"La chanson l'attirait irrésistiblement, c'est pourquoi il se hâta d'entrer à la Cour des comptes comme conseiller référendaire et peu après aux "100.000 Chemises" comme lampiste...

"A chanté à Tabarin, aux Mathurins, aux Capucines, et finalement a été engagé au Cabaret des Arts, aux conditions brillantes de 80.000 francs par mois, logé, nourri, chauffé (par les clientes), blanchi et soigné. Pédicure et tabac.

"A représenté la France au dernier congrès des oculistes à Romorantin (Loir-et-Cher)."

Je citerai parmi ses chansons d'actualité les plus appréciées : "Il pense à la Mort de Louis XVI", "Le Dernier Discours de M. Loubet à Kruger", "Le Maire de Kremlin-Bicêtre", "La Réforme de l'Orthographe", "Histoire de Cour d'Assises","Le Vase de Compiègne", "Présentations officielles", et cette joyeuse fantaisie sur l'air de "Cadet-Roussel" :

LE RÉVEIL DU PÈRE LA PUDEUR
ou
De l'influence que peut avoir sur la chasteté d'un sénateur une visite à l'Exposition

< voir encadré ci-contre



Battaille n'interprète pas seulement ses propres œuvres. Fanatique de chansons anciennes, il en émaille agréablement le répertoire qu'il fait applaudir dans les salons parisiens.









 Baudin, Marguerite

Interprète née à Saintes, le 5 juillet 1843. [*]

En septembre 1866, elle est au Casino de Lyon, où elle y interprète "Le casque à Mangin", "C'est dans le nez que ça m'chatouille" d'Hervé et créé par Thérésa.

En 1867, d'après la revue Café-concert, elle est au XIXe Siècle à Paris, au Casino de Montpellier, à l'Alcazar du Mans et Au cheval blanc, à Paris.

On trouvera les paroles d'une de ses chansons : "Je r'grett' t'y les dragons" (de Baillet et de Villebichot) sur le site de Gallica.

En vedette (?) aux Ambassadeurs en 1871, 1872...

En 1874 elle fait la saison à l' Horloge qu'elle quitte en septembre.

En 1879, elle a 46 ans et on la retrouve au chalet Idalie à Vincennes pour y chanter"Le gigot à l'ail", "Mon Dodore" et "Ernest-Ernestine".

Voir, pour mentions, à : Mémoires de Paulus  chapitres 4, 11 et 13.

"La vie parisienne. Étoiles éteintes" Article de Santillane
paru dans Gil Blas samedi 4 octobre 1902 Source Gallica

(...) Marguerite Baudin était une forte chanteuse brune, à la voix sonore et claire, qui n’a guère laissé de souvenirs bien profonds. Elle existe toujours, du reste, on m’a assuré qu’elle tenait une sorte d’auberge fort achalandée, quelque part, en Normandie. C’est loin de l’époque où elle faisait la pluie et le beau temps chez Gobert, ce singulier directeur des deux Alcazars, qui devint placier en vins, après avoir lancé Thérésa et diverses rivales des plus bruyantes. (...)

[*] Ajout du 30 mars 2016

Marguerite Baudin est effectivement née à Saintes (Charente-Maritime - 17) mais le 29 mai 1841 comme l'indique son acte de naissance [1] (et non 1843 comme il est mentionné dans les Mémoires de Paulus - Chapitre 4 ou, par exemple, dans une courte biographie [fournie par elle-m?me et dédicacée] parue dans Paris-Programme - Voir ici sur Gallica) - qui, en passant, a fortement aidé Octave Pradels dans la rédaction des Mémoires de Paulus.

Elle épouse le 8 décembre 1866, à Lyon (2ème), le chef d'orchestre (de treize ans son aÎné) Charles Biot, dit Duchaine (1828 - Paris 1877).

Vers 1880, on l'appelle Mme Boyer, mais il ne semble pas qu'elle ait épousé ce Lépold Boyer, ancien ténor reconverti en directeur de théâtre (Vaudeville à Bruxelles, Palais-Royal à Paris) qui partage son temps entre Bruxelles et sa propriété de Nogent-sur-Marne (Dictionnaire des comédiens - Voir ici sur Gallica).

Elle décède le 22 février 1902, au domicile de ce dernier, à Nogent-sur-Marne, comme le précise son acte de décès. [1]

[1] Actes de naissance et décès que nous avons consultés.

Merci Claire Simon-Boidot pour les recherches, les précisions et les petits formats.

1872

1872

1874

1876



 Baugé, André

Baryton martin né à Toulouse le 4 janvier 1893, décédé à Clichy-la-Garenne le 25 mai 1966, fils de la cantatrice Anna Tarol-Baugé.

Il eut une carrière très diversifiée :

D'abord pensionnaire de l'Opéra Comique, où il débuta en 1917, il passa du côté de l'opérette (Trianon-Lyrique, Chatelet, Marigny) avant de se tourner vers le cinéma (dix films entre 1930 et 1935) puis à la chanson dès le début des années trente et puis finalement de retour  l'opérette jusqu'à la fin de sa carrière en 1946.

Il a enregistré, entre autres, "Le credo du paysan" (Goubier - Borel), "L'angélus de la mer" (Goubier - Durocher), "Le rêve passe" (Helner - Krier - Fouché) et denombreux airs d'opérette (Ciboulette, Monsieur Beaucaire,Venise...).


Pour de plus amples informations

Voirle site de Jacques Gana





Gabrielle Chanel vers 1920

 Baumaine, Félix et Blondelet, Charles

Chansonniers et paroliers des années mil huit cent soixante et soixante-dix surnommés "Les beaux blonds"

(BAUmaine - BLONDelet).

Ils ont créé un nombre incalculable de chansons toutes plus ou moins médiocres mais dont certaines ont réussi à "passer le temps" sans doute à cause de leurs interprètes.

Citons, entres autres, "Le pifferaro du boulevard" (musique d'Hervé) (1867) créée par Marie Lafourcade et "Qui qu'a vu Coco ?" (musique d'Édouard Deransart) (1878), chantée encore en 1905, par nulle autre que Gabrielle Chanel (1883-1971), la future "Coco" Chanel (je parie que vous vous demandiez d'où venait ce surnom...) et dont le refrain, à lui seul, en dit long sur leur talent :

Vous n'auriez pas vu Coco ?
Coco dans l'Trocadéro
Co dans l'Tro
Co dans l'Tro
Coco dans l'Trocadéro.
Qui qu'a, qui qu'a vu Coco  ?
Eh ! Coco !
Eh ! Coco !
Qui qu'a, qui qu'a vu Coco ?
Eh ! Coco !

Paulus, habituellement si gentil vis-à-vis ses camarades et collaborateurs, dit d'une de leurs chansons qu'elle était "plus ou moins bonne mais que, grâce à [leur] travail acharné..."


Baumaine eut une fille, Juliette, qui devint une chanteuse d'opérette (Paulus, chap. 15)

Voir à : Paulus, Mémoires, chap. 7, 20 et 28 et à Marie Lafourcade.



 

 Bedeau, Hippolyte

Parolier et auteur de pièces de théâtre et de livrets d'opérettes dont Un Procès en séparation une saynète en un acte (créée le 12 janvier 1870 à l'Eldorado) mise en musique par Frédéric Étienne Barbier (1829-1889).

Il fut également l'auteur du "Maître nageur" créé par Paulus (musique d'Hervé) et d'une chansonnette sur les "Vélocipèdes" (musique de Paul Henrion) créée en 1869 par Gauthier (celui qui allait, deux ans plus tard, rendre si célèbre "Les cuirassiers de Reichshoffen" d'Henri Gazet, Gaston Villemer et Francisque Chassaigne).

Le refrain des "Vélocipèdes" :

A dada sur mon bidet !
Quand il court il fait d'l'effet
A dada sur mon bidet !
Quand il court il fait d'l'effet
Hop ! eh hop ! courons
Hop eh hop
Courons à travers les rochers les bois et les vallons
Hop hop ça fait d'l'effet !

Hippolyte-René Bedeau né le 27 mai 1824 à Paris (8e) et décédé le 8 septembre 1878 à Paris (11e)

(P. Ramseyer)



 Bépoix, Henriette

Diseuse-chanteuse-comédienne qui débuta dans le genre "gommeuse" (gigantesque chapeau fantaisiste, toilette excentrique...) et qui fut à peu près aussi à l'aise que Libert dans le domaine de la "scie".

Paulus (Mémoires, chap. 21) nous dit qu'elle était jolie et que du café-concert elle est vite passé au théâtre et même à l'opérette en province et à l'étranger pour revenir à Paris créer la Princesse Giboulée dans le Petit Chaperon rouge de Gaston Serpette (1846-1904), livret d'Ernest Blum et Toché, au Châtelet (1885) et La Mouquette dans Germinal de William Busnach (1832-1907) d'après le roman d'Émile Zola (1888).


Andrée Sallée (Music-Hall et café-concert, Bordas, 1985), la mentionne comme faisant partie d'un programme avec Thérésa, à la Scala, vers 1883.



 Bercy, Léon de

Né à Paris le 10 décembre 1857 à Paris, Léon Drouin de Bercy, parfois Léon Hiks est le chansonnier connu sous le nom de Léon de Bercy. Il est du club des Hydropathes (*) et l'ami d' Aristide Bruant avec qui il coécrit notamment le dictionnaire français-argot, L'argot du XXème siècle.

Fin connaisseur des "pensionnaires" du Chat Noir, on lui doit surtout Montmartre et ses chansons, sous-titré Poètes et chansonniers, publié chez H. Daragon à Paris en 1902. Quelques uns de ses "portraits" viendront compléter nos fiches biographiques ou donner lieu à la rédaction de minibiographies dans la même rubrique.

Léon de Bercy décède le 31 juillet 1915 à Orléans.

(*) Voir la note dans la mini-biographie d'Émile Goudeau.





Armand Bernard
dans le rôle de Planchet - 1921

 Bernard, Armand

Surtout connu en tant que comédien, Armand Bernard (1893-1968) fut également compositeur, interprète et chef d'orchestre.

Il rêva de devenir tragédien mais sa voix grave, sa constante apparence de dignité outrée ont eu raison de lui : il fut, dans ses différents films, mondain snobinard, abruti pincé, notaire et le plus parfait croque-mort qu'on ait pu trouver dans diverses comédies où son comique funèbre tranchait sur les prestations souvent burlesques des autres comédiens.

Ses rôles aux côtés de Fernandel sont mémorables notamment dans Raphaël le Tatoué (Christian-Jaque, 1938) mais aussi populaire qu'il le fut en tant que comédien, il ne faut pas oublier la musique qu'il a écrite pour de nombreux films dont : Sous les toits de Paris (René Clair, 1930), Le congrès s'amuse (Jean Boyer, 1930 - avec Henri Garat dans le rôle-titre), Le million (René Clair, 1931), Pension Mimosas (Jacques Feyder, 1934) et ainsi de suite.

Pas mal, non ?

Armand Bernard fut en outre le directeur musical de plusieurs autres films dont L'âge d'or de Buñuel (1930).


Parallèlement à cette activité, il a fait partie de la distribution de plus de 100 films et, seul, Louis de Funès, au tout début de sa carrière, a pu lui être comparé notamment dans Le mouton à cinq pattes où il joue, justement, le rôle d'un croque-mort (Pilade) aux côtés de... Fernandel (J. Duvivier, 1954).

Dans un de ces tout premiers films parlants (car il a fait beaucoup de muet, notamment en Planchet, le valet de d'Artagnan d'Henri Diamant-Berger, 1921 - voir ci-contre à gauche), il s'essaya à la chanson mais son comique étant surtout visuel, il n'eut qu'un succès mitigé sur disques. On retiendra deux titres : "La tirelire" (Boyer-Abraham) et "Je vois la vie en rose" (idem), en 1931, récemment repris dans un double album CD, Quand les comédiens chantaient (1993) chez EPM / Ades, Numéro 982742-ADE 682.

On retiendra également sa prestation dans l'opéra bouffe La Margoton du bataillon d'André Mouezy Eon et J. Darmont pour le livret, René Pujol pour les lyrics et un certain Casimir Oberfeld pour la musique dans lequel Armand Bernard créa le rôle de Désiré Chupin.






 Berthelier, Jean

Interprète et comédien né à Panissières (Loire - 42) le 14 décembre 1830, décédé en septembre 1888.

Il débuta ténor à Poitiers en 1849 puis se tourna vers la chanson.

Il fut le créateur de cette chanson inoubliable qu'est "L'invalide à la tête de bois" d'Étienne Tréfeu, musique de Maximilien Graziani, vers 1869, chanson que reprit Ouvrard (père) en 1876. - Vous savez : cet invalide avec une tête en bois de tremble, une en liège, une en bois de charme...

Il a également joué au théâtre :

Il fut, par exemple un invalide [sic] dans La Guigne d'Eugène Labiche en 1875) et a chanté dans plusieurs opérettes d'Offenbach et d' Hervé.

Voir à Mémoires de Paulus : chapitres 3, 6, 13, 20 et 24.



 Bessière, Emile

Voici ce qu'écrivait, en 1902, Léon de Bercy sur ce chansonnier dans son livre, Montmartre et ses chansons, publié chez H. Daragon, libraire à Paris:

Né à Montsalès (Aveyron), le 15 août 1860. Entre à quinze ans, en qualité de comptable, aux magasins de nouveautés du Petit-Saint-Thomas, mais porté à aligner plutôt des rimes que des chiffres, il ferme un beau jour le grand-livre et donne sa démission. La modestie de son pécune l'oblige à se débrouiller. Il apprend quelques romances et, comme sa voix est jolie, il va demander audition à Ba-Ta-Clan. On l'engage, à cette condition, toutefois, qu'il prenne un nom de concert. Il choisit le pseudonyme de Darvel et passe de Ba-Ta-Clan à l'Eldorado, puis à l'Eden-Concert, au Concert-Parisien et à l'Alcazar. Afin d'augmenter ses ressources, il résout de faire des chansons et se fait admettre à la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique. Servi par l'expérience et sachant le goût du public, il acquiert promptement le tour de main nécessaire et ne tarde pas à cueillir, comme auteur, des succès égaux à ceux qu'il a connus comme chanteur.

"La Môme aux grands yeux", qui est une de ses premières chansons, fut tirée à des milliers d'exemplaires et "Les Ingénues", remarquées par Yvette Guilbert, rapportèrent à leur auteur des droits considérables.

A trente ans, Bessière quitta les planches pour se marier et fonda à la porte de Châtillon un établissement où il faisait concert une fois par semaine donnant de sa personne autant comme limonadier que comme chanteur. En 1895, il vint sur la Butte et se fit engager par Martin au Conservatoire de Montmartre. Il partagea là, avec le compositeur Eugène Poncin, la charge de faire comprendre au public que certaines chansons écrites en vue du café-concert peuvent avoir droit de cité dans les cabarets, et je puis dire que tous deux y réussirent.

Pourtant, Emile Bessière ne demeura que peu de temps à Montmartre, il alla installer, avenue La Bourdonnais, un concert et y institua des vendredis sélect où il fit défiler tout ce que la Butte Sacrée compte de poètes et de chansonniers. Depuis la dernière exposition, ce concert est devenu un petit théâtre où l'on joue la comédie, le vaudeville et l'opérette.

Citer tous les succès de Bessière au café-concert serait impossible. Après avoir dit qu'il sait être tour à tour tendre, aimable, rêveur, satirique et réaliste, je me bornerai à mettre sous les yeux du lecteur les strophes de son

MADRIGAL DE PIERROT

Ma Colombine ! si tu veux
Me laisser baiser tes cheveux
Auréolant ta chair de brune,
Pour l'enrichir immensément
Je pars de suite au firmament
Faire de grands trous à la lune.

Avec mes lèvres je prendrai
Mesure du lobe nacré,
Coquille rose sans pareille !
Et des étoiles, palsambleu !
Clignotant dans le zénith bleu
Je ferai tes pendants d'oreille...

Pour voir, dans un sourire exquis,
Tes quenottes, blancs grains riz,
Faudra-t-il que je te promette
De ravir aux cieux en suspens,
En guise de plumes de paons,
La toison de quelque comète ?

Et si tu me donnes l'espoir
Que je pourrai peut-être voir
Tes genoux à l'heure nocturne,
Leur jarretière en bracelet,
Sera, si ça ne te déplaît,
Grâce à moi, l'anneau de Saturne !

Bessière a collaboré à plusieurs journaux et revues, entre autres au Journal des Beaux-Arts, au Radical, à l'Evénement, aux Annales littéraires et artistiques.

En dehors de ses chansons et de ses monologues, dont un premier volume est paru : Autour de la Butte, préface d' Yvette Guilbert, et dont un second est en préparation : Vaine Chanson, il a fait représenter : Maire et Martyr, opérette, musique de Paul Marinier, La Môme aux grands Yeux, opérette, en collaboration avec Aimé Ruffier, Paris retroussé, grande revue à spectacle, L'Evangile moderne, au théâtre Antoine, Les stances à Manon, à la Bodinière, L'Ami Vandière, opérette, à Ba-Ta-Clan, Après le Combat, drame militaire en trois actes, Vanité, comédie en trois actes, au Vaudeville, Le Vert-Galant, opéra-comique en trois actes.

Il a, en outre, un acte reçu au Français [*] : Le Déserteur, et trois actes à Déjazet : La Petite Balthazar.

Disons enfin que Bessière a les palmes d'argent depuis janvier 1896.

[*] nda : la Comédie-Française






 Bizet, Marie

Interprète née Germaine Prévost, à Paris, en 1905 parfois mentionné comme étant 1912.

Elle se fait connaître au début des années trente dans un répertoire léger mais assez varié.

Elle prend sa place dans la chanson française de l'époque en chantant dans Ignace aux côtés de Fernandel (Marseille, 1935) puis au Palace, à Paris.

Sa chanson la plus connue demeurera "L'hôtel des trois canards" de Charles-Louis Pothier, musique de Georges Ghesten et de Bernard Ghest qu'elle créera en 1941 (1942 à l' A.B.C.).

Elle a également joué dans plusieurs films : La chanson du souvenir de Serge de Poligny et de Douglas Sirk (1936), Lumières de Paris de Richard Pottier, un film mettant en vedette Tino Rossi (1937), Chantons quand même de Pierre Caron (1939) ; puis, après la guerre,  Faut ce qu'il faut de René Pujol (1946), Les trois cousines de Jacques Daniel-Norman, avec Rellys et Andrex (1947), Fausse identité d'André Chotin (1947), Paris Music Hall de Stany Cordier (1957).

Elle chante encore dans les années cinquante mais s'éclipse au début des années soixante non sans donner un dernier récital, en 1980, à l'âge de soixante-quinze ans au théâtre de la Porte Saint-Martin.

On la verra même à la télé, à la fin des années quatre-vingt.


Marie Bizet est décédée à Couilly-Pont-aux-Dames (Seine-et-Marne) à l'âge de 93 ans, en 1998.



 Borel-Clerc, Charles

Compositeur français né à Maille (Basses-Pyrénées, aujourd'hui Pyrénées Atlantiques - 64) en 1879, mort à Cannes (Alpes-Maritimes - 06) en 1959.

Mériterait un site à lui tout seul.

Il est l'auteur de centaines de refrains dont la célèbre "Matchiche" de Mayol mais également de :

Voir à  : Les auteurs et compositeurs de la chanson francophone (site web)



 

 Boria, Claudine

Interprète née Claudine Borie, en 1896. Débuta, vers 1918, dans un répertoire composé presque exclusivement de chansons de Gaston Couté, d'Aristide Bruant et de Jean Richepin...

Elle mourut très jeune, en 1928, atteinte de tuberculose.



 Bosc, Marie

Soprano des années 1850-1860.

Elle chantait surtout des airs d'opérettes ou d'opéra légers mais également la valse.

Elle a fait partie des programmes de l'Alcazar, de l'Eldorado après avoir débuté au Cheval Blanc (établissement qui a précédé la Scala, boulevard de Strasbourg).

Voir à Paulus, Mémoires, chapitre 6

À ne pas confondre avec Auguste Bosc, chef d'orchestre et compositeur.






 Bouffar, Zulma

Interprète née Madeleine ou Magdelaine Bouffar à Nérac (Lot-et-Garonne - 47) en 1843.

Après des débuts à Marseille en 1849 dans La Fille bien gardée,elle est engagée dans les cafés-concerts de Lyon et de Bruxellesoù elle se produit en compagnie de Marie Cico.

Elle chante à Liège en 1860 ( le comédien Geoffroy lui proposera en 1862 d'entrer au Théâtre du Palais-Royal), à Cologne, en 1861 et débute l'années suivante, à Paris, aux Ambassadeurs mais son passage y est très peu remarqué.

Offenbach qui l'a entendue à Cologne la fait rentrer aux Bouffes du passage Choiseul à vingt ans puis en fait, selon certains, sa "petite amie" (quoiqu'il a été et est toujours considéré comme un mari exemplaire) mais surtout sa chanteuse de prédilection.

On la retrouve aux Bouffes Parisiens, au Palais-Royal, aux Folies Dramatiques, aux Menus-Plaisirs, au Théâtre des Variétés, à la Gaîté mais aussi au Théâtre-Lyrique.

En 1893, elle dirigea le Théâtre de l'Ambigu et en 1894, le Café-Concert de la Fourmi (ex Grand Turc du boulevard Barbès).

Elle fut pressentie, sans succès, pour être la Carmen de Bizet.

Zulma Bouffar est morte à la maison de retraite des artistes de Pont-aux-Dames en 1909.


"Plus douce que le nénuphar
Dans l'eau claire, une aurore blanche
Baise ton pied de rose et ta hanche
Ivoirine, ô Zulma Bouffar"

Alphonse Daudet


Voir à Paulus, Mémoires, chapitre 5.






 Bouvier, Alexis

Extrait du Larousse du XXe siècle en six volumes (Paul Augé), 1928 :

"Romancier populaire et auteur dramatique français, né et mort à Paris (1836-1892). Ciseleur en bronze jusqu'en 1863, il fit des chansons dont quelques unes : "La canaille", "Les Trois lettres d'un marin", ont eu un vif succès, composa des livrets d'opérettes, des vaudevilles et acquit une grande réputation par ses romans-feuilletons qui dénotent une imagination féconde."

"La canaille" (1863), mise en musique par Joseph Darcier fut un des grands succès de La Bordas [Voir à Amiati] :

Dans la vieille cité française
Existe une race de fer,
Dont l'âme comme une fournaise
A, de son feu, bronzé la chair.
Tous ses fils naissent sur la paille,
Pour palais, ils n'ont qu'un taudis.

Refrain

C'est la canaille !
Et bien j'en suis !


 

 Brun, Antoine

Voici ce que Léon de Bercy (Montmartre et ses chansons, Paris 1902) disait de ce chanteur disparu au début du siècle dernier :

Ce grand, beau et bon garçon justifie par la teinte de sa chevelure et de ses moustaches le nom qu'il tient de sa famille. Doué d'une voix superbe de baryton, il s'en sert de la façon la plus agréable pour interpréter ses compositions musicales dont quelques-unes sont véritablement délicieuses. Entendu par hasard par Salis, celui-ci l'engagea au Chat Noir et l'emmena en tournée pour chanter les pièces d'ombres de Georges Fragerolle et se produire dans ses propres œuvres. De celles-ci je mentionnerai tout spécialement "Ma Promise", un petit chef-d'œuvre de grâce et de joliesse, "Prière d'Amour", "Fou", "Nos Démons", "Je passe" et "Amor". En 1897, Brun fit une passagère apparition au Cabaret du Monôme, rue Champollion ; et depuis, nul ne le revit à Paris sur aucun tréteau.

Brun est originaire de Bordeaux, où il naquit en 1865.



 Buislay

Charles Paul Victor Marcille dit Buislay.

Aucun autre renseignement disponible.

Retracé cependant : en juin 1866, sur le Broadway à New York un certain Joaquin Buislay dans The Sheep's Foot (Le pied du mouton) d'un certain Charles Schultz. - Un rapport ?

Paulus, dans ses Mémoires (chap. 8) signale qu'il était un comique-danseur, pince sans rire, détaillait à ravir les scènes à transformations, à parler et à danser.