MINI-BIOGRAPHIES

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W XYZ
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D


Les informations dont nous disposons sont quelques fois très succintes et ne nous permettent pas vraiment de réaliser une fiche biographique conventionnelle. Aussi, nous ajoutons cette série de pages (en ordre alphabétique) pour diffuser les quelques renseignements que nous possédons sur les personnages ne faisant pas l'objet d'une Fiche biographique...






 Darcelys

Interprète, né Marcel Domergue à Anduze (Gard - 30) en 1900.

Ses débuts, il les fait très tôt, vers l'âge de 15 ou 16 ans dans différents cabarets ou cafés-chantant de Marseille où, après la guerre, il devint un chanteur très populaire dans le genre "méridional", bien avant Alibert, son aîné de onze ans (qui lui ne redeviendra Marseillais qu'à la fin des années vingt).

Sa gloire restera en grande partie locale jusqu'à - bizarrerie de la chanson française - il devint, petit à petit la doublure de cet Alibert qui, au début des années trente a conquis tout Paris avec les chansons de son beau-père, Vincent Scotto, et de grands classiques de l'opérette : Au pays du soleil (1932), Arènes joyeuses et Trois de la marine (1934), Un de la Canebière (1935), Les Gangsters du château d'If (1936) que lui, Darcelys, chante à... Marseille.

Il fait, comme l'autre, du cinéma : Quand tu nous tiens, amour de Maurice Commage aux côtés de Fernandel (1932), Les Bleus de la marine avec Fernandel, encore, mais aussi Andrex, du même, en 1934... Marcel Pagnol fait même appel à lui pour jouer le Tatoué dans Angèle (la même année).

Pendant ce temps, il enregistre : à peu près tous les titres de l'autre mais des titres, aussi, qui lui sont restés dont "Une partie de pétanque" d'André Montagnard et Léo Nègre (1937).

Le souvenir que l'on garde de lui est celui d'un Marseillais à la Pagnol des années, vingt et trente, avec casquette et boule à la main.

Belle voix, aussi.

Darcelys est décédé en 1973.



 Daubray

Michel René Thibaut dit Daubray.

Il est né à Nantes (Loire Atlantique - 44) le 7 mai 1837.

À l'âge de 14 ans, il monte à Paris pour suivre des cours de diction. À 19 ans, il se présente au Conservatoire mais il y est refusé. Il entreprend alors une carrière de comédien genre amoureux dans de petits théâtres mais plutôt jovial et, ayant une bonne fourchette, sa silhouette se transforme en celle d'un comique, petit, gros, le cou dans les épaules qui se construit peu à peu une réputation.

Il entre au théâtre des Champs-Élysées en 1862 puis passe dans une troupe qui se produit à Montmartre et aux Batignolles. Il passe ensuite à l'Athénée où Offenbach le remarque et l'engage. Il jouera dans Pomme d'Api (1873) et La jolie parfumeuse puis dans de nombreux rôles à la Renaissance, aux Bouffes...

Les répliques qu'on lui donne, sortant de sa bouche, deviennent des expressions à la mode : "C'est immense !", "Que faites-vous ? - Nous bourlinguons !" (perdons notre temps).

À partir de 1879, des auteurs écrivent des pièces pour le personnage qu'il est devenu et il est en demande partout.

Jusqu'en 1892, il jouera dans plus de 25 pièces (dont certaines restèrent à l'affiche plusieurs mois) avant de tomber gravement malade mais juste comme il semblait s'en tirer, il est emporté par une crise cardiaque.

À ses obsèques une foule considérable.




Madame Cardinal au championnat de lutte


Aussitôt qu' j'ai z'évu dans le P'tit Journal
Qu' du championnat d'lutt' c'était l'combat final,
Ah ! mes enfants !
A mon homm' j'ai dit: "Gard' la log', mon coco,
Ce soir, j'vas fair' mon persil au Casino !"
Ah ! mes enfants !


A peine arrivé', les yeux s'fixent sur moi,
Si tant que j'rougis de pudeur et d'émoi
Ah ! mes enfants !
Au fond, j'pensais: "Si j'trouve un type au pognon,
Je plaque illico mon homme et mon cordon !"
Ah ! mes enfants !


...Mais v'là qu' sur la scèn' les deux lutteurs sont v'nus.
J' m'écri': "Qu'ils sont beaux ! J' voudrais les voir tout nus !"
Ah ! mes enfants !
Là-d'ssus, un monsieur m'dit, la mine étonnée:
"Oh ! la polissonn', la petit' passionnée !"
Ah ! mes enfants !


J'y réponds: "Toujours, c'est pas pour ton museau;
"Chez des gas comm' ça, moi, j'viens chercher c' qu'i' m'faut."
Ah ! mes enfants !
Savez-vous c'que-m'répond c'vilain dégoûtant ?...
— Qu' chez eux, lui aussi, vient en chercher autant !
Ah ! mes enfants !


Puis il ajout', comm' si qu' j'avais pas compris:
"La femm' ça n'vaut rien; j' n'y attache aucun prix,"
Ah ! mes enfants !
"Tandis qu' ces homm's-là, c'est musclé, c'est cambré,
"Du haut en bas c'est merveilleus'ment membré !"
Ah ! mes enfants !


A peine achèv' t-il ce discours trop vécu,
Qu'un autre monsieur lui flanqu' son pied au cul.
Ah ! mes enfants !
Mais lui se retourne et dit, dans un sourir' :
"Oh ! merci, monsieur, vous m'avez fait plaisir !"
Ah ! mes enfants !


—Soudain l'on annonc', sans que d'abord je l'crusse,
Que l'un des champignons de la lutte est russe,
Ah ! mes enfants !
Je mont' sur un' chaise en gueulant : "Viv' le Tzar !"
– Un pompier me d'mand' si j'ai le feu quèqu' part.
Ah ! mes enfants !


Les lutteurs se prenn'nt, se p'lot'nt !... Ah ! quel tableau !...
Ça m'passionn' si tell'ment qu'ma ch'mise est en eau,
Ah ! mes enfants !
"— Ça s'appell' des pass's, me murmure un grand roux,"
Puis il ajout': "J'en frais bien une avec vous !"
Ah ! mes enfants !


Mais Pons, tout à coup, saisit Pytlasinski
Par la gorge, et crac !... il lui serr' le kiki.
Ah ! mes enfants !
J'crie : "A l'assassin ! i'va l'détériorer !"
— "Ta gueul' !" me fait un vieux monsieur décoré
Ah ! mes enfants !


J'étais, en sortant de la r'présentation,
Dans un tel état de surexcitation,
Ah ! mes enfants !
Qu' j'ai dit à mon homme, en nous fourrant au pieu:
"Mets-toi z'à poil, on va lutter tous les deux."
Ah ! mes enfants !


— En un'second', nous étions en position...
Tell' Vénus face à face avec Apollon !...
Ah ! mes enfants !
Mon homme m'attaque... et comme je m'affaisse,
I' m'rattrape, illico, par la peau des... jambes !
Ah ! mes enfants !


Jusque-là, donc, l'résultat est incertain...
Nous regigotons... La lamp' tombe et s'éteint...
Ah ! mes enfants !
A tâtons j'veux saisir mon homm' par les ch'veux,
I' gueul': "C'est trop bas !... Tu m'fais mal, nom de Dieu !"
Ah ! mes enfants !


Au bout d'un instant, tout était sens d'ssus d'ssous...
Moi j'avais l'dssus... et mon homme était d'ssous !...
Ah ! mes enfants !
J'i f'sais toucher les deux gaules, oui-dà !...
J'y ai mêm' fait toucher bien autre chos' que ça !
Ah ! mes enfants !


Après avoir fait des efforts superflus,
A la sixièm' reprise, il n'en pouvait plus;
Ah ! mes enfants !
Maint'nant c'est lui qui me tombe à tout moment,
Tout ça, voyez-vous, c'st une affair' d'entraîn'ment.
Ah ! mes enfants !


Aussi j'conseille aux femm's sans tempérament
D'aller voir les lutt's, c'est vraiment excitant,
Ah ! mes enfants !
Avant, chez nous, ça s'passait à la papa !
Maint'nant, j'en d'mand', j'en veux... j'en ai.., oh là là !
Ah ! mes enfants !


 Daubry, Paul

Voici ce que Léon de Bercy (Montmartre et ses chansons, Paris 1902) disait de ce chansonnier français né en 1871, décédé en 1933, responsable, entre autres, de la fermeture pendant quelques semaines du cabaret Les Décadents pour une chanson que le président de la République Casimir Périer avant jugé irrévérencieuse envers sa personne (en 1893) - "Les présidenes de Casimir"...

Daubry m'a supplié, de ne point dévoiler son véritable nom. Est-ce parce que ce nom désigne une voie mal famée des environs de la gare de l'Est ? – Je ne sais. Néanmoins, mon devoir étant d'éclairer le lecteur, je dirai que le chansonnier qui nous occupe s'appelle de même que le calligraphe célèbre qui exécuta pour le duc de Montausier la Guirlande de Julie et que le Roi-Soleil gratifia du titre de "Maître Ecrivain" [*]. Daubry est né le 4 novembre 1871, au Mans (nda. Sarthe - 72). Son père, officier de cuirassiers, lui fait faire de sérieuses études pour le préparer à Saint-Cyr. Mais le jeune homme a un goût prononcé pour la musique et le théâtre ; il suit les cours du Conservatoire, en sort lauréat de la classe de piano et se fait engager... pour jouer les grands premiers rôles de drame aux Bouffes-du-Nord, direction Abel Ballet ; il passe à Beaumarchais, où il joue aux côtés de Dumaine, de Taillade et de Lacressonnière.

Après avoir décroché un second prix de tragédie à l'unanimité, il va dire des vers aux vendredis classiques de l'Éden-Concert. Puis il entre comme pianiste accompagnateur au Divan-Japonais, direction Sarrazin ; il compose là ses premiers morceaux sur des vers de Noël Villard. L'idée lui vient bientôt d'écrire lui-même ses paroles ; et les chansons qu'il fait alors décèlent la naïveté et l'inexpérience de leur auteur. Je me rappelle le commencement de la première d'entre elles :

Je suis un poète,
Hélas ! sans galette,
Comme la belette
Seule en son grenier...

Ces essais, dont quelques-uns eurent, on ne sait pourquoi, un certain succès, ont été depuis baptisés par Daubry Chansons infâmes. Petit à petit cependant, notre chansonnier se rapproche de la note montmartroise; il fréquente les caveaux de la Ville-Japonaise, de la Gauloise, de l'Epi-d'Or, des Adrets et les soirées de la Plume; il se fait entendre pendant quelque temps, dans ses œuvres, aux Nouvelles-Folies (ancien Alcazar d'Hiver); enfin, il entre au cabaret de la Butte et, peu avant la mort d'Hector Sombre (janvier 1894), il succède à celui-ci dans la direction du caveau du Clou. A cette époque, il crée un journal, Montmartre artiste, se lie avec les chansonniers du Chat-Noir, et Jules Jouy le prend bientôt avec lui aux Décadents. Dès ce moment, il s'adonne à la chanson politique et satirique et interprète avec succès "Challemel-Lacour à l'Opéra", "L'Incident Thivrier", "Le Logis de Poubelle", "Perquisition", "La Chanson de Zoladetto", "L'Odyssée de l'Agent Poisson", et [la chanson cité ci-dessus] "Les Présidences de Casimir".

Il entre ensuite à la Cocarde, de Maurice Barrès, y publie quelques chansons et y rédige une série d'articles sur les vieilles chansons de France. Engagé aux Quat'-z-Arts, il y fait, de 1895 à 1900, de longues stations, paraissant entre temps aux Eléphants, aux Coucous, au Carillon, à la Bohème, au Chien-Noir, aux Noctambules, au Théâtre-Salon et à la Feuille-de-Vigne, chantant parfois dans trois ou quatre établissements dans la même soirée.

Ses chansons politiques, qu'il réunit sous le titre Les Frondeuses, lui ont valu d'être maintes fois appelé à la préfecture de police pour y subir de vertes admonestations. Daubry ne s'attache pas seulement à blaguer nos gouvernants, il produit aussi des fantaisies : Soirée mondaine, Sermon de Carême, A l'Exposition féline, Petit Ménage parisien (affaire Bianchini), Les Salons à prix fixes, La Femme galante, Les Spécialistes, Les Fils à Papa, Le Duel à l'américaine, Lorsque ma Femme cherche ses Puces, et ces couplets qui faisaient délirer l'auditoire – Ô tempora !

< voir encadré ci-contre

Le chansonnier se double parfois d'un poète. Le vers est alors mieux tenu, la forme plus châtiée et le fond plus délicat, comme dans les Sanglots et les Persifleuses, qui forment deux groupes de petits poèmes dont quelques-uns sont charmants. Daubry, qui fait souvent lui-même la musique de ses chansons, a publié plusieurs marches, polkas et valses et composé la musique de quantité de romances. Il a fait représenter six revues : Paris-Bohème (cabaret de la Bohème, 1894), Coups de Botte (Bodinière, 1896), Ah ! Berck, alors ! avec Yon Lug (Casino de Berck, 1897), Coups de Patte (Grand-Guignol, 1898), Mets-y un bouchon, en collaboration avec Léon de Bercy et J. Mévisto (Quat'-z-Arts, 1898), Les Coups de Pied de l'Ane, en collaboration avec Roux (Ane-Rouge, 1901) ; deux mimodrames et une pantomime-ballet sans aucune collaboration : Le Rêve du Poète et L'Idiot (Théâtre Montmartre) et Rédemption (Concert Parisien). Il a, en outre, en cartons ou en préparation, une vingtaine d'actes, soit en prose, soit en vers.

Paul Daubry abandonna Montmartre, il y a deux ans, pour aller fonder à Asnières des soirées littéraires. A cet effet, il acquit un café, y fit construire une salle de spectacle et, tout en s'occupant de l'élément"limonade", fut à la fois directeur, régisseur, pianiste, chef d'orchestre, machiniste et comédien. L'affaire n'apportant que des bénéfices restreints, il revint à Paris et se fit engager aux Bouffes-du-Nord, où il tient depuis les premiers rôles de drame et de comédie. J'ajouterai que, depuis cinq ans, Daubry organise la soirée des Saint-Maixentais au Cercle Militaire, et qu'il chante annuellement au mess des officiers de la Garde, en présence des préfets de la Seine et de police, qui ne s'effraient aucunement de la hardiesse de ses satires.


Notes

[*] Jarry


Note annexe

Un Paul Daubry aurait joué, en 1924, le rôle de Brune dans Madame Sans-Gêne de Léonce Perret, un film qui mettait en vedette Gloria Swanson...



 Dauna, Elisa

Interprète du sud de la France des années mil huit cent soixante, soixante-dix.

Paulus ( Mémoires, chapitre 10) dit d'elle :

"Elle était gracieusement sympathique, possédait une voix charmante et la manière de s'en servir. Plus tard, elle voulut obtenir la fameuse consécration parisienne et se fit entendre à la Scala, mais malgré son talent, elle ne put éclipser les étoiles du lieu, et ne voulant pas demeurer au second plan, elle reprit la route qui conduit au pays où chante la langue d'Oc. De Marseille à Bordeaux, elle était aimée, adulée. Abordant tous les genres, reprenant tous les succès dès leur révélation à Paris, elle excellait surtout dans les répertoires d' Amiati et de Graindor  [voir à Gustave Michiels] ; étant fine diseuse comme celle-ci et dramatique comme celle-là. 

Après vingt ans de complète réussite, elle s'est retirée, encore jeune, à Narbonne, où tous les artistes de passage, allaient la voir, l'embrasser et apprendre d'elle, l'art de captiver le public. Et l'excellente camarade qu'elle était les recevait tous à bras ouverts. Son souvenir vivra chez ceux qui l'ont connue."



 De Kock, Paul

Paul de Kock était le fils d'un banquier hollandais établi à Passy (Seine - 75, aujourd'hui Paris 16ème) pendant la révolution et qui fut envoyé à l'échafaud pour complicité avec l'ennemi.

Né en 1793, Paul de Kock était employé de banque quand il écrivit son premier roman, L'enfant de ma femme (1812). Ce roman allait être suivi de deux à trois cents autres et de quelque deux cents pièces de théâtre (mélodrames, vaudevilles, opéras-comiques, etc.) et de "chansons" - il n'en a pas composé beaucoup qui sont demeurées de son vivant totalement inconnues. - Elles ne furent, en fait, pas publiées avant 1888-1890 (sans musique) sous le titre de "Bulles de savon"... à Londres ! Et c'est là qu'Yvette Guilbert en aurait pris connaissance mais on ne sait pas exactement quand ni dans quelles circonstances.

C'est de ce Paul de Kock que sont les paroles d'un des plus grands succès d' Yvette Guilbert : "Madame Arthur".



 Delny, Berthe

Elle est née à Angers (Maine et Loire - 49) le 18 juin 1875 pour débuter à Paris, après avoir chanté pendant quelques années en Province, en 1908. Fine diseuse, peut-on lire, elle chante au Palais du Travail, à Bobino, à Fauvette, à l'Européen, Chanteclair et chez Fantasio. - Peu de détails sur sa carrière sinon que ses disques (chez Gramophone, Pathé, Idéal, Cristal, Odéon, Polydor, HMV) porte tous la mention de Madame Berthe Delny de la Gaîté-Lyrique.

On sait cependant que cette carrière fut très longue car on la retrouve dans divers programmes jusqu'au début des années trente.

Son répertoire ? - Celui d'une chanteuse populaire de l'époque : "C'est une chemise rose" (Lucien et Jean Boyer), "En douce" (Jacques-Charles - Albert Willemetz / Maurice Yvain), "J'ai rêvé d'une fleur" (René Sarvil / Vincent Scotto), "Chiquita" (I. Wolfe Gilbert - Robert Valaire / Mabel Wayne), "L'âme des roses" (Suzanne Quentin / René de Buxeuil), "Maman est une étoile" (Bénech / Dumont), "[Ma] Miette" (J. Rodor / Vincent Scotto), "Ma tête" [Du répertoire d'Yvette Guilbert] (Gaston Secretan), "On m'suit" (Mistinguett - Léo Lelièvre, fils / Fred Pearly et Pierre Chagnon), "Parlez-moi d'amour" (J. Lenoir), "Quand le franc vaudra vingt sous" (Léo Lelièvre, fils / Jean Boyer), "Quand refleuriront les lilas blancs" (George Auriol / Désiré Dihau)...

Voici, d'elle, un enregistrement datant du 23 mai 1923, chez Gramophone, n° K2118 : "La java" d'Albert Willemetz et de Maurice Yvain, créée au Casino de Paris et enregistrée pour la première fois par Mistinguett en décembre de l'année précédente. (Collection : Jean-Yves Patte.)

D'autres plus ou moins récents repiquages :

"Allelujah !" (Leo Robin, Cliifrd Grey et Vincent Youmans ) - 1929 – Les cinglés du Music-Hall, France Inter CMH29

"Sur la rive enchantée" (Louis Bénech et Ernest Dumont) 1923 – Nice Côte d'Azur 1930-1951 – Frémeaux FA 5083

On trouvera également, sur YouTube, "Nuits de Chine" (Louis Bénech et Ernest Dumont), un Gramophone de 1922 (n° K2120)

Berthe Delny est décédée à Paris le 8 février 1963 à l'âge de 87 ans.




























La mort en dentelles

(À mon ami d'Esparbès)


I

Madame de Méryan va mourir. Désirant
Entrer au Purgatoire en digne et noble allure,
Elle a fait crêpeler au front sa chevelure.
Des engageantes en dentelle à triple rang


Sortent ses frêles bras d'un laiteux transparent.
Un couple de ramiers s'ébat sur la moulure
Du grand lit clair où l'or brode sa ciselure...
Elle oppose au trépas le dédain conquérant


De ceux qui savent bien lui ravir quelque chose;
Car, hautain, son regard fixe au mur le pastel
Où Liotard le Turc a su rendre immortel


Le bonheur de sa lèvre immuablement rose...
Dans un hoquet discret, madame de Méryan
Sourit à son sourire, et meurt en souriant.


II

Madame de Méryan est morte. Ce n'est plus
Qu'un cadavre fluet que le froid violace.
L'abbé Griseul (il fut beau comme Lovelace)
Marmonne au pied du lit des rythmes superflus.


Ils se sont adorés à quinze ans révolus;
Ensemble on les surprit, lui timide, elle lasse,
Ce qui divertit fort parmi la populace
Filles de cabarets et bourgeois goguelus.


Ce souvenir, qu'il veut rejeter en arrière.
Trouble perversement l'abbé dans sa prière.
Sur le pastel il voit les lèvres de jadis;


Il baisse le regard sous l'éclair des prunelles,
Et, craignant pour tous deux les flammes éternelles,
Mêle un Confiteor à son De Profundis


III

Madame de Méryan repose en paix. Sa tombe
Se dresse au fond du parc, proche le boulingrin.
Quatre saules, courbant leur vieux torse chagrin,
S'inclinent, courtisans pleureurs, quand le soir tombe.


La tour du colombier domine, où la colombe
Et le ramier s'en vont se gaver de bon grain.
Du village lointain, la chanson d'un crincrin
Soupire, et rit, et crie, et nasille, et succombe.


Vêtu d'ombre, pensif, monsieur l'abbé Griseul
Auprès du monument vient s'agenouiller seul.
"La marquise, ayant fait son sourire à saint Pierre,


Est au ciel !..." se dit-il. Mais soudain il pâlit :
Lui rappelant les deux colombes du grand lit,
L'oiseau du Saint-Esprit est sculpté dans la pierre !


 Delorme, Hugues

Voici ce que Léon de Bercy (Montmartre et ses chansons, Paris 1902) raconte de ce chansonnier, humoriste, comédien, dramaturge et journaliste, surnommé "La voltige", né Georges Thiebost et qui fut auteur, entre autres, des couplets de l'opérette Le temps d'aimer d'Henri Duvernois et Pierre Wolff dont la musique fut écrite par Reynaldo Hahn.

Hugues Delorme est décédé en 1942.

Très pur et très sincère poète ; versificateur impeccable et charmant ; tendre, galant et talon rouge dans ses madrigaux ; passionné et sensuel jusqu'à la licence en ses odes badines ; satirique, frondeur et finement irrévérencieux dans ses épigrammes, Hugues Delorme s'exprime en une langue riche et châtiée ; et son verbe conserve jalousement l'élégance parfaite, l'aisance et le grand air avec quoi les impertinents de bon ton savent dorer les pilules, qu'on avale le sourire sur les lèvres.

Hugues Delorme est né à Avize, dans le département de la Marne (nda 52). Voici en un quatrain son autobiographie :

"Je naquis vers l'an mil huit cent soixante-neuf.
Je ne suis employé dans aucun ministère.
Mon vers est sans pudeur ; ma vie est sans, mystère;
En mon torse éprouvé palpite un cœur tout neuf."

Mais le lecteur ne se contentera sans doute pas de ce sobre et laconique portrait, esquissé que, pour sa satisfaction, – et pour la mienne, – j'essaierai de compléter en la "poussant" aussi loin que possible.

Hugues Delorme se défend d'être chansonnier; et cela pour deux raisons : il ignore la musique et il chante faux. Mais s'il ne chante pas, on le chante; et je connais de lui quantité de couplets pleins de verve mordante et gracieuse dont les rimes ont fleuri tels vaudevilles et revues.

Après une assez longue résidence à Rouen en qualité de journaliste, Delorme vint s'installer à Paris, où Bertrand Millanvoye – qui s'y entend en poètes – se l'attacha comme pensionnaire. Cinq années consécutives (1896-1900), le public du Carillon et de la Roulotte lui fit fête, applaudissant alternativement et parfois simultanément le poète, l'auteur dramatique et l'acte ; car Delorme réunit ces trois talents qu'il exerce avec une égale maestria. C'est lui qui créa le rôle du président dans Un Client sérieux, la désopilante comédie de Georges Courteline ; dans ses propres pièces, il interpréta le vieux faune de La Lisière d'un Square (un acte en vers), reprit le pierrot de son Pierrot financier (un, acte en vers, représenté pour la première fois sur le Théâtre Français, de Rouen, le 21 février 1891; Em. Dehayes, édit. à Rouen.), composa dans sa revue Ligues, Ligues, Ligues !, un matamore et grandiloquent cadet de Gascogne du plus réjouissant aspect, et joua également le Spamanto, de sa Marchande de Pommes.

Outre les pièces ci-dessus citées, il a écrit pour le théâtre un nombre considérable de prologues, de parades, de boniments, d'à-propos en vers, de vaudevilles, et de revues pour le Carillon, le Grand-Guignol, le Tréteau-de-Tabarin, le Théâtre Français de Rouen, l'Alcazar, les Ambassadeurs, l'Eldorado, la Scala, la Bodinière, les Capucines, les Mathurins. Je mentionnerai, entre autres, La Mort d'Orphée, légende en un acte en vers éditée chez Schneider, à Rouen ; Le Coup de Minuit et Chez l'Habitant, en collaboration avec Gally, répertoire de Polin, Flammarion, édit. ; Encore une Erreur judiciaire, un acte en vers ; Fort Chaptal, revue montmartroise en un acte, etc., etc..

Delorme a fait en province et à l'étranger des tournées avec l'imprésario Baret.... Il s'est un jour improvisé conférencier et a très brillamment présenté au Grand-Guignol et à la Bodinière le merveilleux mime Séverin et le prestigieux poète-chansonnier Xavier Privas... Il a publié des vers et des fantaisies en prose dans L'Illustration, Le Sourire, Le Cocorico, Le Supplément, Le Gavroche, Les Quat'-z-Arts, et plus spécialement dans Le Courrier Français. Si ma mémoire est jumelé, un numéro de ce journal fut un jour saisi pour avoir inséré un sonnet érotique que notre poète avait intitulé Les Aisselles et dont le fin libertinage avait eu le don d'effaroucher la pudeur d'un certain sénateur trop connu. Ce sonnet – que je n'ose reproduire dans la crainte de voir saisir à son tour le présent ouvrage - était conçu dans la note de ce petit poème qui est du même auteur :

Passionément

Alternant avec soin nos savantes caresses,
Nous nous sommes aimés cette nuit longuement;
Mes baisers ayant su réveiller tes paresses,
Les hésitations n'ont duré qu'un moment.

Ta franchise a vaincu l'épouvantable doute;
Je t'aime, tu le sais; je sais que tu me veux.
Pour la première fois tu t'abandonnas toute;
Puis j'ai rêvé de toi dans l'or de tes cheveux.

J'ai mis de longs baisers sur ta gorge qui tremble.
Enfin je puis chanter la gloire de tes seins,
Dont les sommets fleuris riment si bien ensemble,
Et ta hanche robuste et souple aux purs dessins.

Ma lèvre triomphante eut droit de s'attarder
Aux intimes recoins où la pudeur se cache,
— Je ne fumerai pas aujourd'hui, pour garder
Le parfum de ta chair qui fleure en ma moustache.

Les amis d'Hugues Delorme attendent avec impatience qu'il réunisse en volumes les poésies qu'il a semées un peu partout. Et je suis de ceux-là ! En dehors des pièces dont j'ai plus haut indiqué les éditeurs, je ne sais de lui en librairie que Quais et Trottoirs avec lithographies de Heidbrinck, un volume imprimé par les Cent Bibliophiles en 1898, et quelques chansons et romances, Les Chansons en l'air, mises en musique par V. Charmettes et éditées par A. Bosc. Je dois dire pourtant qu'on parle de la prochaine apparition d'un volume de vers : Le Poing sur la Hanche, d'un recueil de contes en prose : De la Flûte au Tambour, et d'une série de silhouettes contemporaines : De Viris Illustribus, trois livres qui seront, j'en ai la certitude, un régal pour les curieuses et pour les dilettanti. La place me manque pour donner ici des extraits de toutes ces œuvres. Toutefois, après avoir dit – à l'intention de ceux qui ne le connaissent point – qu'Hugues Delorme mesure plus d'un mètre quatre-vingts, qu'il a de longues jambes, de longs bras, un long buste, un long cou, un menton long, un front long qu'allonge encore une calvitie avançant à longs pas, un regard long qui longtemps s'attarde à la contemplation des charmes des jolies Parisiennes; quand j'aurai rapporté que les crocs de sa moustache en fourche crèvent les yeux de ses interlocuteurs; que son abord est souriant, sa poignée de main franche et son amitié solide, je me ferai un plaisir de déployer sous les yeux du lecteur ce délicieux triptyque Louis XV :

< voir encadré ci-contre

Je dois mentionner, pour finir, que Delorme écrivit, sur des ombres en couleurs du très talentueux dessinateur Charles Huart, une satire en vers : Soirs de Province, dont je fus le récitant à la Maison du Rire, où ombres et poème obtinrent un éclatant succès. Le public sera désormais privé de cet exquis spectacle, un châtelain de province en ayant fait l'acquisition dès la fermeture de l'Exposition de 1900.









Léon Garnier

 Delormel, Lucien et Garnier, Léon

Paroliers, auteurs, entre autres, de "En revenant de la Revue" et du "Père la Victoire", deux des plus grands succès de Paulus.

Lucien Delormel, [*] d'abord chansonnier, est né et est mort à Paris (1847-1899). Il est l'auteur de cinq à six mille chansons, d'une cinquantaine de pièces en un acte, d'autant de revues et d'une dizaine d'opérettes. Avec Villemer, le compositeur (également parolier), il a écrit "Le maître d'école alsacien" et "Une tombe dans les blés" (créés par Amiati) et avec Léon Garnier [**] presque tous les grands succès de Paulus dont les deux cités ci-dessus.

Il est également l'auteur de "Les blondes" créé par Fragson, "Le mollet de Rose" chantée par Yvette Guilbert,"La dent de sagesse" créée par Ouvrard, "La femme athlète" chantée par Victorine Demay, etc.


Léon Garnier, quant à lui, a débuté interprète.


Les trois, Delormel, Garnier et Villemer, sont cités abondamment dans les Mémoires de Paulus : chapitres 1, 14, 16, 18, 20, 23, 25.

Lucien Delormel

Léon Garnier

[*] voir également un article paru à la page 15 du numéro 93 des Chansons Illustrées
[**] voir également un article paru à la page 15 du numéro 89 des Chansons Illustrées



 

 Desormes, Louis-César

Compositeur et chef d'orchestre né Louis César Marchione, à Berlin, 15 decembre 1840 et décédé à Paris, 19 septembre 1898 [*].

Il est l'auteur entre autres, d'une Sérénade pour mandolines et d'un Ballet espagnol.

Il composa d'abord des romances puis se tourna vers la danse (ballet) et l'opérette.

Il fut en outre chef d'orchestre aux Folies Bergère, au Café de l'Horloge et aux Ambassadeurs.

On lui doit l'origine de "En revenant de la Revue" : voir à Paulus, Mémoires, chapitre 1


[*] Merci à Monsieur Patrick Ramseyer pour ces renseignements.



 Dhervyl, Fernand

De Léon de Bercy (Montmartre et ses chansons, Paris 1902) :

Chansonnier, Louis-Etienne Durafour, dit Fernand Dhervyl, est né à Lyon le 19 novembre 1875. C'est à l'instigation de son compatriote Xavier Privas qu'il quitta la morne cité "Lyon-sous-Brumes" - où il cumulait les fonctions de rédacteur en chef d'un microscopique canard, de placier en quincaillerie et de chansonnier amateur - et qu'il débarqua, un beau matin d'automne de 1897, à Montmartre, qu'il n'a plus quitté depuis.

De taille assez levée, le corps et les membres minces, Dhervyl a la démarche un peu hésitante; cela tient à sa myopie extrême qui l'empêche de reconnaître à un mètre son plus intime ami. D'humeur égale et douce, il rit lui même de cette infirmité et dit que "s'il porte un lorgnon teinté, c'est pour voir les choses de la vie sous des couleurs plus gaies". Il ne sait de quand date sa première chanson. Ses livres de classe, ses cahiers d'écolier et, plus tard, ses carnets de représentant de commerce, hospitalisèrent au hasard de l'élucubration de multiples fantaisies rimées : odes, ballades, couplets, etc., dont grand nombre demeurèrent inachevés.

Dhervyl traite ordinairement l'actualité politique et sa manière procède de Ferny et de Bonnaud, aux succès de qui il atteindrait certainement, n'était sa myopie, qui lui donne l'aspect d'un timide.

Dans une prochaine étude consacrée spécialement à la chanson politique en France, j'analyserai plus complètement l'œuvre de Dhervyl, me contentant pour aujourd'hui de la citation de ce monologue :

La dernière étape du juif errant


Le Juif Errant, poursuivant à travers le monde,
Sans trêve, ni repos, sa course vagabonde,
Marche éternellement, sans espoir de secours :
Sans cycle, ni teuf-teuf, il chemine toujours
Pedibus cum jambis, comme disait Virgile.
Il va droit devant lui, traînant de ville en ville
Ses croquenots usés déjà depuis longtemps,
Avec cinq sous en poche et la bouffarde aux dents.
Or, certain jour, – c'était la semaine dernière, —
Isaac Laquedem, fourbu, blanc de poussière,
S'égara dans un lieu jusqu'alors ignoré
Où nul homme avant lui n'avait dû pénétrer.
Pourtant, c'était une de ces cités magiques
Faite d'arbres touffus, de palais magnifiques,
De jardins embaumés, de riches monuments...
Mais le tout dans le pire des isolements :
Pas un être vivant, contre toute habitude
Pas un homme; c'était la morne solitude;
Un silence de mort sur toutes ces splendeurs
Avait semé l'effroi...


Le plus vieux des marcheurs,
Devant cet abandon et cette horreur muette,
Sentit ses cheveux blancs se dresser sur sa tête
Et recula.
"Dieu de Reinach et d'Ephrussi !
Où suis-je ? gémit-il. – Que viens-je foutre ici ?
Ah ! certes, j'en ai vu, durant mes longs voyages,
De grandes cités, de minuscules villages...
J'ai vu de près la mort, j'ai connu le danger;
Cent fois l'anthropophage a failli me manger
Lorsque je me perdais dans les pampes fertiles;
Et le civilisé de maintes belles villes,
En apercevant mon nez crochu de youpin,
Pour me casser la gueule a brandi son gourdin !
J'ai bravé les lions, les fauves des tropiques;
J'ai traversé sans peur les meetings politiques;
J'ai vu les grands déserts, les Saharas sans nom;
Les steppes glacés, la salle de l'Odéon ;
Tous les lieux désolés où nul ne s'aventure,
Je les ai parcourus bravement, je le jure !...
Mais aujourd'hui, devant un tel isolement,
J'ai le trac, je l'avoue !... Où suis-je, Dieu clément ?"


Et le bon Dieu, qui n'est au fond pas mauvais diable,
Fut touché, puis, daignant se montrer pitoyable,
De son doigt de Providence il lui désigna
Un petit écriteau qui se trouvait par là,
Et sur lequel le Juif Errant lut sa déveine
En ces lugubres mots :


"ANNEXE DE VINCENNES"


[Il s'agit ici de l'annexe de l'Exposition de 1900.]

Je retiens, parmi les titres des chansons que créa Dhervyl aux apéritifs du Champ-de-Foire, à l'Alouette, au Conservatoire de Montmartre et aux Quat'-z-Arts, – où il est actuellement : - "Le Mandat-Poste", "Imprécations contre la perfide Albion" [Labbé, édit.], "La Méprise de M. Drumont", "Les Réformes de l'Enseignement", "Les Opinions de ma Concierge", "Les Travaux de l'Amiral", et la très fine satire sur "Les Décorations".

Fernand Dhervyl est décédé en 1918.



 Dor, Christiane

Elle est née Blanche Marguerite Sauty à Arras (Pas de Calais - 62) le 7 mars 1892 pour débuter dans la chanson vers 1918-1919 et passer presque immédiatement à la comédie musicale. En 1922, elle est de la création de Ta bouche ; en 1924, de Troublez-moi ; en 1926, de J'aime ; en 1930 de Six filles à marier... Pour se retirer de la scène vers 1935 et se consacrer entièrement au cinéma où, entre 1930 jusqu'à 1939, elle joua des seconds rôles dans pas moins d'une vingtaine de films : Papa sans le savoir de Robert Wyler en 1932 (avec Noël-Noël et Pierre Brasseur), Poil de carotte de Julien Duvivier, la même année, Madame Bovary de Jean Renoir en 1933 (avec Valentine Tessier et Max Dearly), Mademoiselle Mozart d'Yvan Noé (avec Danielle Darrieux), Ciboulette de Claude Autant-Lara, en 1936 (avec Dranem dans le rôle du père Grenu), etc.

Christiane Dor est décédée à Paris le 14 mai 1939.

La voici dans "Mes p'tits chapeaux", une chanson tirée de l'opérette À la belle meunière de Georges Dolley avec Jean Nohain pour les paroles et Mireille pour la musique (1933) où elle joua le rôle de Dudule, opérette dans laquelle on pouvait entendre "Depuis que je suis à Paris" (Claude Dauphin) et "Vous avez déménagé mon cœur" (René Lestelly) qui devint, par la suite, un des grands succès de Jean Sablon.

Disque Ultraphone, n° AP 977.
Note : Mireille a également endisqué une version de cette chanson.
(Collection privée)



 

 Dowe, Madeleine

Interprète.

Paulus (Mémoires, chapitre 26 et chapitre 28) la dit gentille et gracieuse. Sémillante même et ajoute qu'elle savait dire finement la chansonnette .

Les autres informations que nous avons pu obtenir à son sujet disent qu'elle faisait partie de la troupe de l'Éden-Concert en 1890.

Sœur de Clara Dowe, la soprano anglaise (1883-1969) qui, en 1907 était des opérettes de Gilbert et Sullivan au Savoy Theatre de Londres.



 Dufay, Marguerite

Chanteuse excentrique des années soixante-dix et quatre-vingt surtout connue pour l'affiche qu'en a fait, tenant un trombone, Louis Anquetin (1861-1932) pour le Concert de l'Horloge (à gauche).

Paulus, dans ses mémoires, chapitre 24, la décrit comme étant une "Roger-Bontemps", ronde au physique "comme au moral".

Un pastel en couleur, sur papier, de Marguerite Duffay, exécuté en 1891 par Anquetin, (ci-dessus) se trouve au Norton Simon Art Foundation à Pasadena, en Californie :

http://www.nortonsimon.org

Aucun enregistrement connu.



 Dufresny, Madame

Peu de renseignements disponibles sur cette interprète dont l'embonpoint ressemble trop à ceux des chanteuses de son époque (vers 1870-1880).

Elle aurait d'abord (?) été une vedette au Château d'Eau (ex-XIXe Siècle) puis ensuite à l' Alcazar du temps de Paulus et puis finalement à l' Eden.



 Duhem, Émile

Chanteur comique, toujours vêtu de noir, et compositeur dont les titres de gloire semblent être d'avoir su imiter la flûte à la perfection (on le surnommait "le sifflomane"), d'avoir créé "Le Bouton de Bilou", une inimaginable scie de Frédéric Deleau et de Antonin Louis, et d'avoir écrit la musique de "La noce des nez" (paroles de Léon Laroche) qu'a créée Jeanne Bloch à la Scala en 1892.

Sa carrière (diverse) semble avoir été très longue :

Sallée et Chauveau (Music-hall et café-concert, Bordas, 1985) le placent à l'Eldorado avant 1870, à l'Alcazar d'Hiver entre 1871 et 1873, à l'Horloge avant 1880 et, finalement, en directeur artistique au Trianon de 1893 à 1896.

En 1903, il signe quelques chansons et monologues qu'endisque Charlus dont  "Boit-sans-soif et Bec-salé" et "Les rouleaux de papier-peint".

On parle donc d'une quarantaine d'années. Paulus, qui écrit en 1906, parle de lui, quand même, au passé tout en soulignant qu'il a lancé pas mal de succès dans sa longue carrière (Mémoires, chapitre 8). Espérons que ces succès aient été supérieurs à ce "Bouton de Bilou" :

J'suis Bilou, v'là mon histoire
Et celle de mon bouton.
C'lui d'un fantassin notoire
D'la garnison d'Charenton
Un jour devant une baraque
Que je r'gardais fair' des tours
Je me tordais comme un braque
D'entendr're leurs calembourgs
Mais ma culotte était mûre
L'bouton partit tout-à-coup...

Auriez-vous par aventure
Trouvé le bouton d'bilou
Trouvé l'bout-bout
Trouvé l't'on-ton.
Trouvé l'bouton d'bilou ?

Chadourne, quant à lui - chapitre 6 - ne peut s'empêcher de citer cette autre scie qu'il juge idiote à souhait ajoutant que Duhem chantait en levant alternativement un bras et une jambe :

Titine est née à Grenelle,
Tant mieux pour elle !
Et Guguss' nez aplati,
Tant pis pour lui !

Titine aim' le vermicelle,
Tant mieux pour elle !
Guguss' le macaroni,
Tant pis pour lui !

Titine port' d' la flanelle,
Tant mieux pour elle !
Et Guguss' Port' Saint-Denis,
Tant pis pour lui !






 Dulac, Odette

On connaît peu de choses sur la carrière de cette diseuse née Jeanne Marie Claire Latrilhele 14 juillet 1865 à Aire-sur-Adour (Landes - 40) en Aquitaine sinon qu’elle a débuté comme comédienne avant de se tourner vers la chanson vers 1896-1897 à la Boîte-à-Musique avant de passer à la Boîte-à-Fursy puis au Théâtre des Capucines.

Son style, au départ assez grivois, se raprocha par la suite de celui d’Yvette Guilbert tout en créant des œuvres de plus en plus axés sur le féminisme qu’elle défendit par ses écrits, notamment dans son premier roman Le droit au plaisir (1908) dont l’héroïne est une épouse qui proclame son insatisfaction sexuelle. Ayant donné de multiples conférences sur les atrocités faites aux femmes durant la guerre, elle consacra le reste de sa vie à la Ligue des droits des femmes.

Odette Dulac est décédée à Barbizon (Seine et Marne - 77) en 1939.


Enregistrements

Plutôt rares :

Le catalogue des cylindres Pathé de 1904 cite 13 titres dont "Les petites bonnes d'hôtel" de Léon Xanrof, repiqué dans la série Anthologie dela chanson française (enregistrée) chez EPM sous le titre générique de L'esprit montmartrois de même que "Le temps des cerises" (paroles de Jean-Baptiste Clément, musique d'Antoine Renard) qui semble n’avoir jamais été repris.

Voici cet enregistrement.

Notes : La photo de l'affiche ci-contre (de Leonetto Cappiello) est en provenance de la Library of Congress (Washington). La photo de Madame Dulac est de provenance inconnue.



 Dupont, Pierre

Chansonnier né et mort à Lyon (1821-1870).

Il est l'auteur-compositeur de "Les bœufs" (1845), du "Chant des ouvriers" (1846), de "Les sapins" (même année), des paroles du "Chant du pain" que Darcier mit en musique (1847), du "Chant des nations" (même année) et du "Chant des paysans" (1849), des chansons dont les titres résument exactement les buts et les thèmes traités.

Ses airs furent copiés après 1871 : "Le Chant des paysans" devint "La semaine sanglante" (paroles de Jean Baptiste Clément), etc.

"Le Chant des ouvriers" devint "Ce que nous chantions en prison" (paroles de Clovis Hugues)... et surtout l'hymne des Chasseurs à pied, [*] apr?s l'héroïque et terrible bataille de septembre 1845, "La Sidi-Brahim" (voir le cartouche de la partition).

Voir à Paulus, Mémoires au chapitre 5.

[*] Merci à Daniel de nous l'avoir rappelé sur notre Forum.



 Dupuis, José

Comédien-chanteur né à Liège en 1831, mort à Paris (?) en 1900.

Il débuta au Théâtre du Luxembourg en 1854. Se joignit ensuite à Hervé aux Folies-Nouvelles (avec, pour partenaire, Anna Judic), puisse passa, en 1861, au Théâtre des Variétés où il créa les œuvres les plus célèbres d'Offenbach dont : Barbe-Bleu et, avec Hortense Schneider, La grande duchesse de Gerolstein, etc.