MINI-BIOGRAPHIES

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Les informations dont nous disposons sont quelques fois très succintes et ne nous permettent pas vraiment de réaliser une fiche biographique conventionnelle. Aussi, nous ajoutons cette série de pages (en ordre alphabétique) pour diffuser les quelques renseignements que nous possédons sur les personnages ne faisant pas l'objet d'une Fiche biographique...







 Trébor, Max

Max Trébor est né François Robert Halma, à Paris, le 11 janvier 1897, fils de Constant Paul Halma, lui-même artiste du spectacle, descendant, selon Max, d'une famille dont tous les membres furent comédiens ou chanteurs depuis la fin du XVIIIe siècle. - Ses débuts, il les fait au Concert-Mayol en 1916 dans une revue qui s'intituleTout va bien. - Mobilisé l'année suivante, il est fait prisonnier pour n'être libéré qu'à l'armistice, en 1918. En 1919, il remonte sur scène ( Gaîté-Montparnasse) d'où, jusqu'en 1939, il sera, soit en tournée, soit en vedette et même directeur ou metteur en scène de multiples revues : au Théâtre Montmartre, aux Folies-Dramatiques, aux Folies-Belleville, au Casino Montparnasse, au Concert du XXe Siècle, au Casino Saint-Denis, au Palais du Travail, aux Folies Voltaire, à la Gaîté Rochechouart, au Concert Brunin, au Casino Saint-Martin, au Zénith, à l' Européen, au Printania... pour n'en nommer que quelques-uns !

Succès indéniable mais peu du genre vedétariat. Max Trébor fut un chanteur "connu" certes, évidemment apprécié, toujours en demande, mais dans un style plus ou moins imprécis : celui d'un chanteur de charme, d'un diseur, plutôt mondain, plutôt sentimental, mais souvent tourmenté, déçu, mal-aimé (il a repris le grand succès d' Yvonne George, "Pars").

Sa discographie est relativement mince : moins de cinquante titres entre 1921 et 1935 dont les derniers sur supports cartonnés (voir ci-contre). - Pas de repiquage selon nos dernières recherches.

On parle d'une diction genre Mayol, d'un style genre Dalbret, d'un répertoire genre Dickson...

Sa dernière présence sur scène ? - En 1939, aux Folies-Belleville dansla revue Yop la Boum. - On ne le retrouve plus à l'affiche par la suite.

Max Trébor s'est suicidé en le 29 avril 1944, à Paris.



Cliché Henri Manuel






Dessin de Léandre - 1808






Cliché P. Petit













Les trois illustrations ci-dessus
proviennent du site Gallica
et celle ci-contre, à droite de
Paris Qui Chante - 1904

 Trimouillat, Pierre

Michel Herbert dans La chanson à Montmartre (Edition de La Table ronde - 1967) nous signale que Rodolphe Salis n'hésitait pas à présenter Pierre Trimouillat (après avoir ordonné aux garçons d'ouvrir les fenêtres afin que sa voix puissante ne fasse pas éclater les vitres) comme suit :

"Nobles dames et gentilshommes, vous allez entendre maintenant le baron PierreTrimouillat dans ses œuvres... À ceux d'entre vous qui fréquentent le Bois, le matin, je n'ai pas à présenter le baron Trimouillat car ils ont plus d'une fois croisé dans l'allée des Acacias un brillant cavalier montant dans un style impeccable un merveilleux pur-sang aux lignes aristocratiques... C'est lui !"

Et voilà que montait sur scène un petit homme souffreteux, timide, myope, au corps fluet avec "des extrémités à rendre jalouse plus d'une Parisienne" ( de Bercy), qui, d'une voix fluette, débitait de petites œuvres bien écrites, bien rimées, certes, mais "dont l'absence d'originalité en constituait une dans ce milieu où il était d'usage de bouleverser les règles établies" (idem).

Gaston Sécot (cité par le même) :

"Des ch'veux, un binocle, un' moustache,
Ça fait un Trimouillat r'ssemblant
Qui nous produit des vers sans tache
De sa voix fin' comm' son talent.
C ' qui l'embêt', c'est qu'on n' puisse entendre
Les chefs-d'œuvre qu'il pond par tas ;
Hélas ! son organe est si tendre
Que lui-même il n' les entend pas."

Né à Moulins en 1858, dans une famille honnête, "mais ennemie des arts" ( de Bercy, encore), qui lui prédit, dès ses premiers essais de chansons, "la prison, les galères et le couperet".

"Dans sa jeunesse, - nous dit Horace Valbel (Les Chansonniers et les Cabarets artistiques de Paris, E. Dentu, édit. - Paris - 1895) - pour se distraire et par goût, il récitait, soit chez les siens, soit en soirées, les vers et les monologues des autres ; puis, un beau jour, il composa un monologue dont il se refusa à citer l'auteur et qui obtint un franc succès."

Succès aidant, il vint à se produire au Chat Noir (1891), puis au concert de La Nouvelle Athènes, au Paradis Latin, à la Goguette, aux Quat'Z'arts, au Caveau, aux Noctambules, à Arts et Lettres, au Conservatoire de Montmartre, au Chien Noir... bref dans tous les cabarets ou "Cafés" où l'humour était de mise car le Monsieur était un satiriste de tout premier ordre.

Dit " le baron de l'humour" ( Rodolphe Salis), ses vers et chansons ont quelque peu perdu, avec le temps, leur mordant mais sont passés à l'histoire :

"À la brasserie", mis en musique par Jules Lasaigues, créée par Yvette Guilbert (voir le numéro 220 - de nos pages sur les Chansons illustrées - première série).

La corde, un monologue en vers, créée par Saint-Germain du Palais-Royal ( numéro 38, même rubrique mais deuxième série).

Et ce petit chef-d'œuvre que fut :

Le bègue, un monologue en vers libres créé par De Féreaudy de la Comédie française au numéro 200 de la même série (et repris au numéro 85 de la deuxième).

... au sujet duquel il disait, lui-même :

Faire bégayer Féraudy,
Un si fin diseur, c'est un crime.
Écrire une scène afin d'y
Faire bégayer Féraudy,
C'est bien l'acte le plus hardi
Que puisse faire un fou qui rime :
Faire bégayer Féraudy,
Un si fin diseur, c'est un crime.

... et à propos duquel, de Bercy raconte l'anecdote suivante :

"C'était à une grande représentation donnée au bénéfice de je ne sais plus quelle œuvre. Trimouillat était au programme. Son tour arrive. Il dit le Bègue avec son habituel talent. À sa sortie de scène, les applaudissements éclatent et l'auteur est rappelé. Pendant que celui-ci se laisse légèrement tirer l'oreille, une spectatrice, ma voisine, jeune et jolie femme, d'allure très parisienne, se penche de mon côté et me dit :

- "Ils sont fort jolis, ma foi, les vers que vient de dire ce monsieur. Mais comme c'est dommage qu'il bégaie !
- N'est-ce pas, madame ?" répondis-je, compatissant.

Sur ce, l'auteur du Bègue reparaît et un second monologue s'échappe de ses lèvres avec la limpidité d'une source cristalline. Tête de la dame, qui ne comprend plus et qui me jette un regard de défiance..."

En ajoutant :

"... elle demeura un instant interloquée, puis se signa, croyant en un miracle et assimilant probablement l'endroit où nous trouvions à Notre-Dame de Lourdes."

Quoiqu'il ne mourut qu'en 1929, Trimouillat disparut de la scène, sauf pour quelques apparitions pour des œuvres de charité, peu après 1900 consacrant le reste de sa vie à sa "véritable" carrière de... fonctionnaire à la Préfecture de Paris (service des égouts !).

La plupart de ses écrits furent réunis, en 1931, peu de temps après sa mort sous le titre de :

Ballades, chansons, fantaisies, monologues, parodies, poèmes divers (de Pierre Trimouillat), sous le patronage de Maurice Donnay, Edmond Haraucourt, Charles Léandre, préface par Jacques Ferny, postface par Alcanter de Brahm, chez Stock, Delamain et Boutelleau.