La java des bons enfants

circa 1960

Chanson anarchiste datant des années soixante, attribuée, sur 33 tours RCA en 1974 à Raymond Callemin dit Raymond-la-Science (de la bande à Bonnot) mais, en réalité, de Guy Debord, pour les paroles, et de Marc Lemonnier, pour la musique. La réédition de 1999 (chez EMP), Pour en finir avec le travail, chansons du prolétariat révolutionnaire indique les noms des vrais auteurs.

(Merci à Monsieur Fabrice Larcade de Paris pour ces renseignements.)


Paroles

Dans la rue des bons enfants,
On vend tout au plus offrant.
Y'avait un commissariat,
Et maintenant il n'est plus là.

Une explosion fantastique
N'en a pas laissé une brique.
On crut qu'c'était Fantômas,
Mais c'était la lutte des classes.

Un poulet zélé vint vite
Y porter une marmite
Qu'était à renversement
Et la retourne, imprudemment.

L'brigadier et l'commissaire,
Mêlés aux poulets vulgaires,
Partent en fragments épars
Qu'on ramasse sur un buvard.

Contrair'ment à c'qu'on croyait,
Y'en avait qui en avaient.
L'étonnement est profond.
On peut les voir jusqu'au plafond.

Voilà bien ce qu'il fallait
Pour faire la guerre au palais
Sache que ta meilleure amie,
Prolétaire, c'est la chimie.

Les socialos n'ont rien fait,
Pour abréger les forfaits
D'l'iinfamie capitaliste
Mais heureusement vint l'anarchiste.

Il n'a pas de préjugés.
Les curés seront mangés.
Plus d'patrie, plus d'colonies
Et tout pouvoir, il le nie.

Encore quelques beaux efforts
Et disons qu'on se fait fort
De régler radicalement
L'problème social en suspens.

Dans la rue des bons enfants
Viande à vendre au plus offrant.
L'avenir radieux prend place,
Et le vieux monde est à la casse !