Georgius

L'omnibus de Coucy-les-Coucous

1943

Chanson créée par Georgius

Musique de Roger Birgé


Paroles

Dans mon village, il n'y a plus d'autocar,
Oui, mais l'ancien omnibus de la gare,
Tout disloqué, tout démantibulé,
A r'commencé à rouler.
Un vieux malin qui l'a payé vingt francs
Trimballe dedans les ballots et les gens.

Dans l'omnibus de Coucy-les-Coucous,
Quand y a trop d'monde, il faut s'tenir debout.
Y a plus d'ressorts, ce qui fait qu'à chaque bond
On s'cogne le crâne au plafond.
Des deux côtés, les carreaux sont cassés,
Les jours de pluie, alors, on est saucé.
L'hiver on gèle, on est ratatiné,
Et l'on a la goutte au nez.

Des villageois montent à chaque pays
Avec une tapée d'ballots et d'colis.
Sous les banquettes, faut loger des tonneaux,
Et sur ses g'noux un p'tit veau.
Les escargots s'débinent de leur panier
Et viennent en douce baver sur vos souliers.

Dans l'omnibus de Coucy-les-Coucous,
On se sent tous solidaires d'un seul coup.
Y a la fermière avec ses camemberts
Qui vous en lâche un p'tit air.
On lève la tête, disant : "Ah, c'que ça pue !"
Pan ! une valise vous tombe sur l'occiput.
Et, comme il y a des chiens dans l'omnibus,
On ramène un boisseau d'puces.

Les pauvres chevaux sont poussifs et cagneux.
Ils ont bien cent cinquante ans à eux deux.
Alors, ils s'arrêtent dans tous les patelins
Chaque fois devant l'marchand d'vin.
L'cocher s'envoie deux pastis, des fois trois.
Quand il remonte, il a les yeux d'guingois.

Dans l'omnibus de Coucy-les-Coucous,
On ne lui reproche pas de boire un coup,
Mais dans l'espoir d'arriver jusqu'au bout,
On lui fait tous les yeux doux.
Ça n'sert à rien ! L'malheureux, qui a trop bu,
Dans un fossé fait verser son tape-cul.
Aussi, l'plus sûr, au lieu d'prendre l'omnibus,
C'est d's'en aller pedibus.