Rouget de Lisle chantant pour la première fois
"La Marseillaise"
chez Dietrich, Maire de Strasbourg.
Peinture d'après le tableau d'Isidore Pils.



La Marseillaise

1792

"Pourquoi..." nous écrivait-on, encore récemment, "...la Marseillaise est-elle absente de votre liste ?"

Un moteur de recherche, fort connu, propose 1 410 000 occurences à la requête "La Marseillaise" !

En fallait-il une supplémentaire ? Soit !


Tout le monde connaît de son histoire... Qu'elle fut écrite à Strasbourg, pour l'armée du Rhin, par un Jurassien, Claude Joseph Rouget de Lisle (1760-1836), capitaine du Génie (pourtant réputé sans génie) dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 suite à la déclaration de guerre à l'Autriche, cinq jours auparavant... que les fédérés de Marseille la reprirent lors de l'insurrection des Tuileries le 10 août de la même année... et que trois ans plus tard, à l'occasion du sixième anniversaire de la prise de cette satanée Bastille, on la déclara chant national français... puis hymne national, en 1879. Et qu'enfin, il faudra une commission d'experts (déjà à cette époque!) pour en fixer la version officielle, en 1887.

Le compositeur de la musique originale est demeuré inconnu. Chaque groupe avait sa version ! Et lorsqu'en 1879,"La Marseillaise" devient hymne national, sans qu'il soit précisé de version, on constate un grand désordre musical lors de la réunion de formations musicales différentes.

Mais revenons aux paroles... Si certains, parviennent à en chanter le premier couplet et le refrain, combien sont capables de la suite ? Quelque fois, on entend en guise de second couplet, le sixième ! Parfois, le septième couplet, dit "des enfants" - qui n'existait pas dans la partition originale - et dont on se rappelle, quelques bribes, fort bien dites d'ailleurs : "Nous entrerons dans la carrière, quand nos aînés n'y seront plus, nous y trouverons leur poussière et la trace de leurs vertus (...)"


Donc, à la demande générale (sic)... voici ces...

Paroles

Premier couplet

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé,
(bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, vos compagnes !

au Refrain

Refrain

Aux armes, citoyens
Formez vos bataillons
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !

Deuxième couplet

Que veut cette horde d'esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ?
(bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage !
Quels transports il doit exciter !
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !

au Refrain

Troisième couplet

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers !
(bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

au Refrain

Quatrième couplet

Tremblez, tyrans et vous perfides
L'opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix !
(bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S'ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre !

au Refrain

Cinquième couplet

Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Épargnez ces tristes victimes,
À regret s'armant contre nous.
(bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !

au Refrain

Sixième couplet

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs !
(bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

au Refrain

Septième couplet (dit "des enfants")

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus.
(bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre.

au Refrain


Extrait sonore

Les Chœurs de l'Armée française


Une version (presque "opératique") des Chœurs de l'Armée française, dans laquelle le refrain est bissé et une certaine liberté est prise par rapport aux paroles originales... Premier couplet - Refrain - Sixième couplet - Refrain.