Acte de naissance de Colbert
(aimablement mis à disposition par Appoline Chariot)











Colbert

Colbert, dit Sorbet, dit Lekalc, dit Prud'homme (Philippe), dit... fut un auteur-compositeur-interprète, pianiste et poète du début du siècle dernier.

Né Émile Paul-Frédéric Saal, à Paris, le 4 avril 1880, fils d'un père tailleur d'origine aslacienne, et d'une mère modiste née à Lille, il est disparu au cours de la Grande Guerre le 22 février 1916 dans le bois des Caures, près de Verdun.

Artiste inclassable, auteur, musicien et peintre à ses heures (il dirigea un temps un atelier de sérigraphies sur la Butte), son nom est associé à à peu près tous les petits cafés et cabarets 1900 du quartier de Montmartre et de Ménilmontant où il fut tour à tour décorateur, accompagnateur, chansonnier, artiste invité et même directeur ou copropriétaire.

Auteur-compositeur d'environ trois cents chansons, on lui doit des airs militaires, des chants patriotiques mais, en même temps, des romances, des chansons réalistes, d'innombrables scies idiotes et des refrains qui annoncent Georgius mais en plus virulent.

Refusant de se cantonner dans un genre quelconque, il eut l'honneur de se mettre à dos tous les cabaretiers, producteurs et propriétaires de salles de Paris en refusant de chanter ce pourquoi on l'avait engagé, défilant des idioties là où il devait pousser la romance ou y allant d'airs anti-cléricaux chez des amateurs de chansons comiques.

Il se disait froid (d'où son nom de Sorbet) parce que l'hiver où il était né, avait été particulièrement dur (c'est l'année ou Monet peignit sa toile La Seine en débâcle mais également homme d'affaires prudent (Prud'homme, nom sous lequel il publia la plupart de ses œuvres).

Deux petits volumes de poésie parus en 1910 chez Doré, boulevard Chartier, Fleurs et Louanges qui sont en complète contradiction avec son personnage.

Note : Disparu lors de l'offensive allemande de février 1916 ? - Dickson pour qui il a écrit quelques romances est convaincu l'avoir aperçu, revendeur de meubles, boulevard des Italiens en 1920... - Voilà de quoi caser notre homme.


Son œuvre

Aujourd'hui oubliée complètement, sauf pour un air repris par Ouvrard (fils), "L'arme à l'œil", son œuvre mériterait un détour ne serait-ce que pour retrouver sa façon de résumer une situation en quelques vers ou ses refrains dont on se souvient sans même avoir entendu la musique.

Exemples

Du côté des scies :

Les cro-cros, les cro-cros
Les cro-cros dans les égoûts
Les cro-cros, les cro-cros
Les cro-cros dans le métro.

("Et on nous demande de payer ça !" - 1904)

ou encore :

L'extricité, l'extricité
L'extricité, ça les excite
L'extricité, l'extricité
L'extricité, ça les rend gaies.

("Modernisons-nous"- 1906)

Et même :

Comme si chaque baiser
Était un baiser d'adieu
Embrassons-nous, mamie
Embrassons-nous

Demain cette minute ne sera plus
Et nos baisers seront disparus
Embrassons-nous, mamie
Embrassons-nous.

("Embrassons-nous mamie" - 1910)


On ne lui connaît aucun enregistrement, mis à part ce"Et on nous demande de payer ça !" qui nous a été envoyé par un lecteur anonyme. Si quelqu'un en avait une copie sonore ?