Jean-Louis Forain


















Adolphe Léon Willette






















Maurice Louis Neumont



Francisque Poulbot

... Tu verras Montmartre !

1922

Chanson créée par Lucien Boyer et le chœur de la République de Montmartre en 1922.

Paroles de Lucien Boyer - Musique de Charles Borel-Clerc


Enregistrée pour la première fois le 6 juillet 1923. - Chez Pathé, numéro 0383P et 4087.

Éditeur : Les Nouvelles Éditions Méridian - Paris


Cette chanson aujourd'hui célèbre, hymne de la Répblique de Montmartre et que l'on appelle également "Mont' là-d'sus" - chantée par Lucien Boyer et, comme il l'annonce lui-même :

"...le Comité de la République : Messieurs Forrain, Wilette, Neumont,Poulbot,  Joë Bridge, Lucien Boyer, Marianne et... ses dames d'honneur"

Enregistré en 1923


Commentaires de Monsieur Roger-Paul Dupuis de Montmorillon (Vienne), à l'occasion du 80e anniversaire de cet enregistrement (six juillet 2003)

Je possède un exemplaire d'un des premiers pressages de "...Tu verras Montmartre" (Pathé saphir 4087). A cette époque - la coutume s'est perdue peu de temps après - les opérateurs écrivaient à la main sur la matrice, en tout petits caractères, la date de l'enregistrement.

Cette précieuse mention se trouve reproduite inversée à coté de l'étiquette. Muni d'un miroir et d'un bon éclairage, j'ai pu déchiffrer : six juillet 1923 !

Pour fêter dignement les 80 ans de cet étonnant enregistrement,  je vous joins une image de l'étiquette du disque original.

De plus, voici quelques mots sur les illustres personnages qui ont côtoyé les plus grands artistes et intellectuels de leur époque, membres du comité de la République de Montmartre et qui accompagnent en chœur Lucien Boyer :

Jean-Louis FORAIN

Peintre (1852-1931) de composition à personnages, figures, peintre à la gouache, aquarelliste, pastelliste, graveur, lithographe, dessinateur, illustrateur, caricaturiste, affichiste, impressionniste.

Ici, nous ne reprendrons pas la biographie de Forain, ni son œuvre. C'est en qualité de témoin de la vie parisienne et des compositions poétiques d'Arthur Rimbaud (1871-1873) qu'il intervient dans ce dossier et principalement suite à son témoignage au sujet de "Poison perdu".

Verlaine présenta Rimbaud à Forain fin 1871. Verlaine avait fait la connaissance du jeune peintre, juste après son mariage, et probablement lors d'un dîner des Vilains-Bonhommes. Les amis communs se nomment Charles Cros (tiens ! tiens !), Cabaner, Jolibois, Ponchon, Mérat,... puis Nouveau, Richepin, ...

Louis Forain fut l'ami de Verlaine et Rimbaud, il échangea une correspondance suivie avec ce dernier dont seul un fragment de lettre nous est connu, il partagea aussi la mansarde de la rue Campagne-Première. Celui qu'ils surnommaient Gavroche restera muet sur les souvenirs liés à cette période. Ces heures où le peintre et le poète attendaient Verlaine, celles où Rimbaud accompagnait Forain au Louvre ne devaient pas être vides de toutes discussions, impressions, etc.

Forain restera un ami de la poésie toute sa vie, d'après ses biographes, il récitait des poèmes, d'ailleurs certaines de ses productions contiennent des vers de Banville, Verlaine...

Lui-même, en 1873, fut publié deux fois dans "La Renaissance Littéraire et Artistique" : "La danse des pantins" et "Dames de comptoir".

Commentaire tiré du site web :

http://poisonperdu.monsite-orange.fr

Adolphe Léon WILLETTE

Né à Châlons-sur-Marne le 31 juillet 1857, mort à Paris le 4 février 1926.

Élève de Cabanel à l'École des Beaux-arts, débute au Salon en 1881 avec la Tentation de St Antoine, collabore successivement au Chat Noir, au Courrier Français, au Triboulet et au Rire. Polémiste ardent, il fonda Le Pierrot puis Le Pied de Nez ; en 1910, il participe à la création du journal Les Humoristes.

Officier de la Légion d'Honneur en 1912.

"Fort en gueule", sort avec son ami Steinlen dans le cabaret de Bruant ou chez son ami Salis dont il a peint l'enseigne : un chat hiératique.

Il a dessiné de nombreux menus pour des brasseries où il mangeait en contrepartie.

...

Willette Adolphe, signe BEBE, CEMOI , LOUISON , NOX, PIERROT , VENDREDI (Châlons-sur-marne 1857-1926 Paris) Fils de Colonel, étudie au lycée de Dijon. Elève de Cabanel, dessinateur humoriste tendre et rêveur, descendant de Watteau pour la recréation de Pierrot et Colombine. Illustre Victor Hugo, A. Tavernier et les chansons de Paul Delmet. Huit albums, des cartes postales programmes, éventail, menus, couvertures de livres, affiches publicitaires, d'emprunts de guerre et pour le Courrier Français ; auteur de fresques pour l'Hôtel de Ville de Paris, pour le Bal Tabarin, de vitraux pour Le veau d'or décore des auberges, tavernes, cabarets. Sociétaire des Humoristes, expose aux Incohérents, aux Salon et à l'Araignée. Se présente en candidat antisémite aux élections de 1889. (Ça c'est moins gai ! )

Créateur avec Forain, Poulbot et Neumont de la République de Montmartre. Pendant les années noires de 1914-18, réussit de grands dessins, truculents et violents. Fonde : Le Pierrot (1888-1891) ; La Vache Enragée (1896-97) ; Le Pied de Nez (1901) ; Co-fonde le journal Les Humoristes avec Steinlen (1901). Publie ses souvenirs en 1919 "feu Pierrot" . Décoré de la Légion d'honneur.

Commentaires tirés des sites web :

http://www.menustory.com

http://www.st-just.com/salon-humour.html

Sous "Les dessinateurs > sélection par nom > W > Willette

Maurice Louis NEUMONT

Maurice Neumont est né à Paris le 22 septembre 1868. Artiste peintre et affichiste, il a réalisé pendant la première guerre mondiale plusieurs affiches pour le gouvernement français.

D'après un commentaire tiré du site web :

http://www.spartacus.schoolnet.co.uk/ARTneumont.htm

Francisque POULBOT

Dessinateur français (1879-1946). Il est né à Saint-Denis, banlieue populaire de Paris. C'est dans son enfance qu'il puisa son inspiration et les enfants qu'il dessina toute sa vie sont devenus célèbres sous son nom : on les nomme petits poulbots.

Ce sont des gamins, ceux de son souvenir, ceux qu'il côtoyait à Montmartre où il habitait. Il multiplia les croquis et trouva pour les commenter des légendes qui soulignaient l'humour des personnages.

Personne ne sut mieux que lui traduire leur charmante insolence, leur misère orgueilleuse et leur détresse. Leur frimousse au nez court, aux yeux vifs, leur silhouette d'enfants sous-alimentés vêtus de vêtements trop grands, font partie du folklore de la Butte Montmartre. Avec les moineaux effrontés des squares et des escaliers de la Butte, les poulbots n'ont disparu du quartier.

L'artiste réalisa de nombreuses affiches et fit en outre une carrière d'illustrateur, apportant par son talent un surcroît d'intérêt à des œuvres telles "La maternelle""de Léon Frapié, "Dans la rue" d'Aristide Bruant, le "Massacre des Innocents" d'Alfred Machard. Il est l'auteur d'aquarelles et de toiles qui ne furent jamais aussi prisées que les dessins d'enfants qui lui avaient apporté la gloire.

Commentaire extrait de  l'Encyclopédie COLORAMA Editions Arnoldo MONDADORI, Milan 1970.


Petit commentaire personnel : les touristes visitant Paris peuvent acheter des gravures modernes aux couleurs criardes de petits gamins joufflus en casquettes, que l'on nomme abusivement des Poulbots, posant dans une improbable rue de Paris avec en fond, l'incontournable Tour Eiffel. Cela n'a absolument rien à voir avec l'œuvre de Francisque POULBOT.

Pour preuve ci-dessous une illustration de POULBOT toujours tirée de l'Encyclopédie COLORAMA ci-dessus mentionnée :

Quelques renseignements sur la République de Montmartre

L'Œuvre de la République de Montmartre. Montmartre: 1927. in-12, 1 f. (titre), 45p. ill. Couv. impr. --- Le Comité directeur de la République de Montmartre comprend J.-L. FORAIN, Maurice Neumont, POULBOT, Henri Avelot... La République s'occupe du "Dispensaire des petits poulbots" dans le but de "Sauvegarder et améliorer la santé physique et morale des enfants de Montmartre" [1921, avec local en 1923]. --- Brochure illustrée par Carlègle, Willette, Poulbot, Warnod... On y retrouve les rapports d'activités pour l'année 1926-27et la liste des membres d'honneur, bienfaiteurs, parrains et marraines, et donateurs. --- AVEC 2 formulaires : l'un pour adhérer au Dispensaire des petits poulbots (2f, 2p. dont un extrait des Statuts), l'autre pour s'enrôler dans la République de Montmartre (2 f., 2 p. ill. des "armes" de la République). --- Bon état. RARE.


Aux paroles maintenant !

(Note : les couplets en gris ne sont pas sur la version endisquée)

Il y a dans la plaine,
Boulevard des Italiens
Un tas d'énergumènes
Qui s'croient très parisiens
Partout mêm' chez l'ministre
Ils arrivent bons premiers
S'il s'produit un sinistre
Ils appellent les pompiers
Aussi quand je rencontre
Un de ces m'as-tu-vu
J'lui dis faut que j'te montre
C'que tu n'as pas encor' vu

Refrain
Mont' là-d'sus
Mont' là-d'sus
Mont' là-d'sus
Et tu verras Montmartre
Et sois-bien convaincu
Qu'tu verras sur'ment quèque chos' de plus
    [Mont' là-d'sus !]
De là haut
S'il fait beau
Tu verras
De Paris jusqu'à Chartres
Si tu n'las pas vu
T'a qu'à monter là-dessus
Tu verras Montma-a-artre !

Vous rentrez de voyage
Madame n'est pas là
Vous vous mettez en rage
On sonne là voilà
Elle murmur' d'un air triste
Chéri j'arrive en r'tard
J'suis restée chez l'dentise
Au moins trois heur's et quart
Y faut pas battre un' femme
Même avec une fleur
Au lieu de faire un drame
Fredonnez d'un air moqueur

au Refrain

Allô Mademoiselle
Répète l'abonné
D'puis une heure j'appelle
J'en suis congestionné
Avec la surveillante
Pour un' réclamation
Je veux séance tenante
La communication
Arriv' la surveillante
Qui dit : "Bien, c'est noté !"
Et tout l'personnel chante
Dans l'bureau des P.T.T.

au Refrain

À chaque conférence
Nos anciens alliés
Veul'nt isoler la France
Pour la voir à leurs pieds
Leur plan machiavélique
Était de nous fâcher
Même avec la Belgique
Ell' ne veut pas marcher
Et quand Monsieur Lloyd Georges
[*]
Chante "De profundis"
Riant à plein gorge
V'là c'quépond l'Mann'ken Piss

au Refrain

Quand votre légitime
Désire un diamant
Au moment l'plus intime
Ell' vous flatte et comment
Ell' gémit : "C'est terrible
C'que tu m'donnes du bonheur
Arthur ! C'est pas possible
Vous devez être plusieurs !"
Ayez de l'indulgence
Offrez-lui le bijou
Mais si ell' recommence
Dit's-lui : "Ta bouche mon Loulou !"

au Refrain

Dernier couplet dit Couplet de la République de Montmartre

Notre jeun' République
À Montmartre là-haut
Vient de faire une clinique
Pour les petits Poulbots
C'est un enfant prodige
Qui dirige l'orphéon
Il s'appelle Joë Bridge
Guel' d'Empeign' Gédéon
Forain, Neumont, Willette
Ont l'bibi tracassin
Lorsque le cœur en fête
Nous leur chantons ce refrain

au Refrain


[*] En mars 2003, quelqu'un a suggéré de remplacer les quatre derniers vers de ce couplet par ceux-ci :

Et quand Monsieur Georges Bush
Nous dit : "Allons, allons !"
Riant à plein' bouche
Voici c'qu'on lui répond :

au Refrain