PAGES ANNEXES
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Coffret XXI - 21 Productions








































Le Soldat ''Roland'' Lebrun

Voir à La chanson au Canada Français de 1870 à 1945.

Premier québécois à faire partie du site de la Chanson Française du Temps des cerises aux Feuilles mortes, Roland Lebrun, dit "Le soldat Lebrun" a connu une carrière fulgurante de 1942 à 1945 puis, trop identifié, peut-être, au "soldat" qu'il aura été durant la Deuxième Grande Guerre, il eut de la difficulté à se faire accepter dans son véritable domaine qui était celui de la chanson "Country" ou, plus précisément, la chanson populaire issu d'un certain folklore plus ou moins campagnard.

Et c'est peut-être là, la véritable tragédie de cet artiste au talent quelque peu limité mais dont la sincérité n'a jamais été mise en doute.

Né à Amqui, Québec, le 10 octobre 1919, au sein d'une famille de musiciens, Roland Lebrun connu, de 1942 à 1945, comme nous venons de le mentionner, une popularité inégalée grâce à des chansons qui parlaient de religion, d'amour, y compris de l'amour maternel et surtout de la douleur d'un soldat loin de sa famille. - Ses émissions radiophoniques (CHRC, ville de Québec) et ses disques contribuèrent à le faire connaître à l'échelle de la Province, chose que l'armée canadienne sut exploiter admirablement. - La guerre terminée, il poursuivit sa carrière jusqu'en 1966, enregistrant plus de deux cents titres qui se sont vendus à plus d'un million d'exemplaires, chose qui ne sera pas égalée avant les années quatre-vingt-dix. Il vécut ses dernières années en garde-scolaire puis s'éteignit, à Québec, le 2 janvier 1980.

Soldat ? Oui, Roland Lebrun a chanté la guerre, la vie du soldat, l'éloignement, la mort glorieuse mais ce qui est le plus étonnant, c'est que, de ses chansons de "propagande" (quoique les siennes aient été plus près de l'homme que du héros de guerre), il n'en a composé que 16 sur une production qui a dépassé, sur disque, les 200 titres. - Mais l'image du "soldat s'accompagnant à la guitare" lui est tellement resté collé à la peau qu'on lui attribue encore - et à tort, malheureusement - des chansons de "soldat" ou de "guerre" composées et chantées par d'autres. Ce fut le cas, entre autres, de "Mon petit kaki", œuvre de Jacques Aubert (alias André Lamarre), ou encore de "Quand je pense à nos soldats", la version française d'un succès américain "I"m thinking tonight of your blue eyes" de A.P. Carter popularisée par Paul Brunelle (sans compter les quarante et quelques chansons de soldat signées Lionel Parent, écrites parfois sous les pseudonymes de Georges Sauvé ou José Lasalle...

Chanteur "country", oui et non. - On ne parle pas, ici, d'un "cowboy qui chante à cheval" (titre d'une chanson d'un de ses contemporains qui, lui, a connu un succès plus que phénoménal, Willie Lamothe) mais d'un chanteur aux allures "country" dont les compositions reflétaient tout simplement les émotions d'une large couche de la population rurale (et citadine) du Québec d'avant la Révolution tranquille. - Essentiellement, Roland Lebrun est un chanteur romantique.

Mais trêve de paroles, passons aux enregistrements :


Les chansons de Roland Lebrun

La grande période de Roland Lebrun se déroule entre 1942 et 1955 où il enregistre chez Starr.

Publiés en 78 T sous les étiquettes Starr (puis Apex), les chansons faisant partie de ces enregistrements sont demeurés, jusqu'à tout récemment, confinées à quelques compilations - épuisés depuis longtemps - sous diverses étiquettes (33 tours) :

Carnaval (numéro C507 - en 1976),

Budget (numéro BM-2016 - en 1972),

Trans-World (numéro TCW5500 et 5503 - en 1971),

MCA (numéro CB 37001 - en 1974 et  MCAD-10487 en 1991).

En CD, jusqu'à la parution du coffret ci-dessous, nous avons pu retracer que deux titres parus en 1990 (" L'Adieu Du Soldat" et "Amour, Victoire, Liberté") chez MCA, dans une compilation intitulée Héritage Québécois (MCA-MCAMD, numéro 10159).

Puis voilà, qu'enfin, en 2003, la Compagnie XXI-21 (les renseignements sont donnés en la page en annexe) publie un coffret de trois CD contenant pas moins de 58 titres (dont les deux précédents).

On trouvera la liste de ces titres de même que tous les renseignements sur ce coffret ici.

Les titres, comme vous pourrez le constater, sont évocateurs et donnent un aperçu des thèmes exploités par Lebrun.

Il y en a eu d'autres qui ont été enregistrés à la même époque ou peu après :

"L'Amour délaissé", "Au brillant des étoiles", "Bonne fête maman", "Bon soir M'amzelle", "C'était un souvenir", "Encore", "Faut pas s'faire de bile", "Le Fiancé", "Je suis orphelin", "Je t'ai aimé, je t'aime encore", "Jubilé d'or", "Mon p'tit village", "Le P'tit moine", "Petit Noël canadien", "Pourquoi pleurer ?", "Rappelle-toi", "Le Retour du printemps", "Souvenir de toi", "Tu vas t'arrêter", "La Vie d'un cow-boy des prairies", "Les Yeux noirs", etc., etc.

Pas tous des chefs-d'œuvre - loin de là ! - et, évidemment, nous ne pouvions pas tous les citer. - Nous en avons choisi cinq, avec illustrations sonores, et une vingtaine d'autres strictement pour les paroles.


Paroles

(Les titres en gras et en couleur renvoient vers une page où se trouvent les textes)


Illustrations sonores

Les quatre premiers titres qui suivent proviennent de collections particulières (78 T), les cinquième et sixième (extraits seulement) de l'album précité (avec la permission des éditeurs) :

(Même remarque que ci-dessus - cliquer sur les titres pour lire les paroles et pour un lien menant vers leur enregistrement - format mp3)

Extraits musicaux seulement :

"Le Lierre" - 1944

"Pour oublier cette vie" - 1951

Commentaires

"Même si on peut douter de la qualité artistique des chansons du Soldat Lebrun [...], il n'en demeure pas moins qu'il a énormément compté à une certaine époque au Québec", note Roger Chamberland, professeur au Département des littératures (Université Laval). - Roger Chamberland et son collègue, André Gaulin - professeur à la retraite aujourd'hui mais très actif en politique - sont les auteurs de La chanson québécoise, de La Bolduc à aujourd'hui - Nuit Blanche Éditeur.

"Sa popularité n'a duré que le temps d'une guerre. Mais il fut le premier chanteur western québécois sans le savoir. Ses chansons parlaient en partie de la religion et de l'amour maternel, d'une façon simple et naïve. Dans ses chansons, il parle de la douleur d'un soldat qui risque la mort, loin de ses parents et de sa bien-aimée." (Giroux, Robert, Havard, Constance, La Palme, Rock - Le guide de la chanson québécoise - Syros alternatives.

Voir également : L'histoire de l'enregistrement sonore au Québec et dans le monde deRobert Thérien - Presse de l'université Laval - 2004.


Ajout - mai 2014 :

Ayant retrouvé dans les fouillis que sont nos discothèques les disques dont les étiquettes ornent cette page et nous nous sommes dit que nous devrions, au moins, rajouter les quatre titres qui ne font pas partie de ceux déjà cités.

Les voici, dans l'ordre de leur parution :

"La Marche des aviateurs" - 1942

(Côté "A" du disque Starr 16480)


"A celle que l'on n'oublie pas" - 1942

(Côté "B" du même - Voir ci-dessus)
(À remarquer que l'étiquette se lit : "À celles que l'on n'oublie pas".


"Amour victoire liberté" - 1943

(Côté "A" du disque Starr 16514)
(Le côté "B" de ce disque contient le "N'oublies (sic) pas ta prière", cité ci-dessus)


"Ne pleure plus" - 1944

(Côté "B" du disque Starr 166118)
(L'étiquette se lit "Ne pleures (sic) plus)
(L'envers de ce disque contient la "Lettre d'amour à sa fiancée", citée ci-dessus.

Bonne écoute !