LA CHANSON FRANCAISE DE 1870 A 1945... EN ''PRESQUE'' 50 CHANSONS...


17  LE P'TIT OBJET

   ou

AH ! MADEMOISELLE ROSE


1906 - Paroles d'Ambroise Girier, Antonin Boissy et Eugène Rimbault
Musique de Vincent Scotto et Henri Christiné.

On disait de Georgius qu'il était à la toute limite de la chose dont on pouvait rire en société, qu'il n'aurait pas pu s'avancer d'un millimètre sans tomber dans la vulgarité ; le légendaire comédien américain qu'était W. C. Fields disait, pour sa part, que, ce qui est vulgaire [pour un comédien], c'était de ne pas faire rire ; Chevalier disait, lui, qu'il fallait s'adapter à son public ; Dranem, le grand Dranem, qui, avec ses inepties (qui, sans lui, auraient pu souvent être carrément du domaine de la pure vulgarité) pouvait chanter ce qu'il chantait parce que, sur scène, il semblait ne pas savoir de quoi il en était ; tous ceux-là et bien d'autres encore ont su, à leur façon, exploiter le risqué sans trop convenir aux bienséances et si Mayol a su, de son côté, chanter des choses comme "Le petit panier", "Elle vendait des p'tits gâteaux" et "L'adoration du Shah",nul n'a atteint dans ce domaine la perfection de Polin.

Fernandel, Urban, Bach, Ouvrard (fils) et plusieurs autres ont endisqué ce"P'tit objet" qui faisait, forcément, partie du répertoire de Mayol ; et l'on peut en citer de nombreux autres interprètes qui en ont fait la pièce centrale de leurs tours de chant : Berville, Croidel, Charlus, etc., etc. - Aucun de tous ceux-là n'a pu cependant atteindre ce sommet où Polin s'est hissé en en débitant, lentement, ses couplets avec ce grand art qui fait que l'auditeur se sent toujours plus intelligent que l'interprète.

Malheureusement, à son époque, Polin, sur disques, devait se limiter dans le temps. Aussi, son "P'tit objet" se trouve-t-il écourté (de trois couplets) par rapport à l'interprétation d'un Urban, par exemple qui, en en augmentant le rythme, presque vingt ans plus tard, pouvait en faire une version plus longue.

Nous écouterons de cette chanson d'abord la version de Polin (1908) en faisant attention à la façon dont il découpe ses phrase, puis celle d'Urban (1930) avec toute l'imagination et la sympathie nécessaires pour entendre ces vieux enregistrements.

Pas une grande chanson, mais une chanson typique du début du siècle dernier.

Disque Gramophone - n° 31256 (à confirmer)


Disque Columbia - n° D 19031 (à confirmer) - 1930