Dorville

enri Dodane, dit Dorville,  dit "l'homme-otarie", chanteur-comédien, né à Paris 3e le 1er mars 1883 et mort à Souillac (46 - Lot) le 10 août 1940.

Il suffit de l'avoir vu une fois à l'écran pour se rappeler sa gouaille et son physique dont il savait se servir pour faire rire des salles entières.

D'abord employé dans un magasin de chaussures (on peut penser qu'il y était à sa place tout comme Fernandel pouvait être à la sienne en croque-mort), il monte sur les planches vers 1899 (il a à peine seize ans) en imitant les vedettes de l'époque : Dranem, Mayol et d'autres. Puis, vers 1904, il découvre son véritable style, celui que l'on connaît et qu'on connaîtra longtemps, jusqu'à sa mort en fait, qui surviendra 36 ans plus tard : un mélange de clown et de chanteur comique que, seul, un physique comme le sien pouvait réunir dans une sorte de monsieur-tout-le-monde qui rend tout le monde, justement, de bonne humeur dès son entrée en scène.

C'est en 1921 qu'il devient véritablement célèbre en lançant une sorte de cri de phoque dans une chanson faisant partie d'une revue mettant en vedette le célèbre Dréan intitulée "Cach' ton piano", le même qui allait enregistrer "Elle s'était fait couper les cheveux". Ce cri, c'est un "ouin" (la chanson s'appelait "Ouin-Ouin") qui accentue son apparence déjà comique.

Dès lors, le théâtre et le cinéma s'empare de lui.

Il tient en 1930 le rôle principal dans Les Aventures du Roi Pausole (musique d'Arthur Honneger) puis en 1933, c'est la consécration en Sancho Panza dans le Don Quichotte de Georg Wilhelm Pabst.

Parmi ses chansons, outre ce célèbre "Ouin-ouin", on peut retenir "La foire d'Asnières" ou encore "C'est l'amour qui passe" mais pour vraiment profiter du talent de ce personnage, il faut le voir. C'est ainsi que nous offrons à nos lecteurs non pas seulement une chanson mais bien un extrait de film où  il entame "Comme de bien entendu" dont Arletty poussera le couplet suivant en face d'un Michel Simon, un peu surpris.

Cet extrait est tiré de Circonstances atténuantes de Jean Boyer (1939.

Dorville en barman, Andrex appuyé sur le zinc et Arletty et Michel Simon dans la salle...

Les paroles de cette chanson de Jean Boyer (Georges Van Parys pour la musique), récemment reprise par Patrick Bruel et Renaud (Album Entre Deux) se trouveront en annexe.

Parmi les autres films de Dorville

  • Sans famille de Marc Allégret (1934)
  • Trois cents à l'heure de Willie Rozier (1934)
  • Pluie d'or de Willie Rozier (1935)
  • Les deux gosses de Fernand Rivers (1936)
  • L'affaire du courrier de Lyon de Claude Autant-Lara et Maurice Lehmann (1937)
  • Le drame de Shanghaï de Georg Wilhelm Pabst (1938)
  • La goualeuse de Fernand Rivers (1938)
  • Les otages de Raymond Bernard (1938)
  • Le dompteur de Pierre Colombier (1938)
  • Le veau gras de Serge de Poligny (1939)
  • Entente cordiale de Marcel L'Herbier (1939)
  • Cavalcade d'amour de Raymond Bernard (1940)
  • L'enfer des anges de Christian-Jaque (1941)