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Discographie





















(Collection André Anciaux - Marc Béghin †)

































Fred Gouin

L'énigmatique Gouin

Énigmatique, en effet, ce Fred Gouin, né Hyppolyte Eugène Frédéric Gouin, le 26 avril 1889 à Boulogne-sur-Seine. Énigmatique parce qu'il s'est souvent dit natif du Mans ; énigmatique parce qu'il n'a jamais voulu parler de sa jeunesse ; et encore plus énigmatique parce que personne n'a su, pendant des années, ce qui lui est arrivé de 1941 jusqu'à sa mort survenu à Niort, le 18 février 1959.

Les légendes abondent :

Dès l'âge de onze ans, il aurait chanté dans les rues, revendant des petits formats... sous le nom de "Môme Marjolaine" (?)

Entre 1909 et 1918, il aurait passé la majeure partie de son temps dans l'armée : service militaire de 1909 à 1911 et pendant les quatre années de la grande guerre, guerre au cours de laquelle le futur président Poincaré lui aurait dit "Sers-moi la main, Gouin" après l'avoir entendu chanter "Le rêve passe".

De cette période, et peut-être avant, quatre enregistrements mythiques dits "introuvables".

De 1919 à 1926, il aurait chanté un peu partout en France sous le nom de fille de sa mère, "Viallard" sauf que sa mère se nommait... Taupier (Edmée Marie Taupier). En 1923, un mariage, apparemment sans suite...

Puis, à la fin de 1926 - il a alors 37 ans - il entre chez Odéon où, avec la régularité d'un métronome, il enregistre jusqu'en 1935, 391 plages. De ces 391, 2 seulement sont refusées et jusqu'à présent, on en a perdu la trace que de 4. 385 enregistrements, donc, connus.

On parle d'un million sept cent mille ventes dont quatre cent mille uniquement de son "Du temps des cerises" (mai 1928).

Peu de présence sur scène. On le dit gauche, mal à l'aise devant un public et, de surcroît, pas physiquement avantagé. Il est à l' Alhambra en 1931 ; à la Gaîté-Rochechouart en 1932 et à Concordia en 1933. Monsieur Gouin préfère les petites salles. - Un bout de film cependant : Les camelots de Paris de M. Pellerin, en 1931, aux côtés de Curnonsky (sic) et Yvonne Guillet mais c'est surtout à la radio qu'on l'entend.

Puis, c'est l'éclipse.

Un rhume suivi d'une grippe suivie d'une bronchite suivie d'un asthme persistant.

Un essai chez Pathé en 1935, deux enregistrements chez Cristal et puis plus rien.

On le retrouve, deux ans plus tard, propriétaire d'une guinguette à Jouy-le-Moutier qu'il revend en 1939 pour s'exiler dans le sud de la France où il rejoint Berthe Sylva avec qui il chante quelque peu dans les environs de Marseille, avec qui il fête surtout car les deux aiment la vie et le vin.

Berthe meurt en 1941.

On le dit désespéré. Il jette sur sa tombe une gerbe de roses blanches - une autre légende - puis disparaît définitivement.

Ce n'est que des années plus tard qu'on apprit qu'il était remonté vers le nord où, à Coulon, en banlieue de Niort, il s'était porté acquéreur d'un petit commerce ambulant et s'était transformé en vendeur de frites.

Là, dix-huit ans plus tard, dans la presque misère, il mourut le 18 février 1959.

Grâce à l'appel lancé sur les ondes de Radio-Bleue par Christian Plume, une plaque a été apposée en 1988 près de la fosse commune où il a été inhumé.


Le phénomène Gouin

Outre sa prodigieuse production (en seulement dix ans, rappelons-le), Fred Gouin fut surtout remarquable à cause de l'étendue de son répertoire : chansons légères, chansons sentimentales, chansons "à voix", opéra, opérettes, tout y passe. Certains lui ont reproché une certaine facilité sans jamais, cependant, mettre en doute sa sincérité. Le timbre plaît ou ne plaît pas. La diction est parfaite et dans tous les enregistrements que nous avons écoutés, nous avons noté la même assurance tranquille qui, aujourd'hui on dirait, fut sa marque de commerce.

Malheureusement, avec le temps, plusieurs de ses enregistrements, pas toujours fabriqués dans les meilleurs conditions, tels qu'on les retrouve depuis quelques années, se sont très mal conservés et, dans certains cas, il faut être parfois indulgents.


Discographie

La discographie de Fred Gouin, telle que mentionnée ci-dessus, comprend quelque 400 enregistrements dont l'ensemble, à certaines exceptions près, a été publié sous la marque Odéon. Parmi les391 qu'il a gravés pour cette marque, quatre n'ont, à ce jour, jamais été retrouvés ; ils correspondraient aux matrices SP 1602 et 1603 (1927) et KI 3208 et 3209 (1930). Deux titres auraient également été refusés mais ont fait l'objet de nouveaux enregistrements peu de temps après.

Elle s'étend - toujours chez Odéon - de 1926 ("Rien ne vaut tes lèvres") à 1935 ("Ton rire") mais l'on retrouve, par la suite, chez Cristal, deux autres titres enregistrés en mars 1936 : "J'aime les femmes, c'est ma folie" et " Marinella", tirés du film du même nom , film associé évidemment à Tino Rossi.

Entre les deux, Marc Béghin † nous signale un essai fait chez Pathé, en 1935 (ou serait-ce après ?) de "Tant qu'il y aura du soleil sur la ville"...

Et sous le nom de Viallard ? On fait état de quatre enregistrements datant de 1912 (ou serait-ce 1914 ?),chez Odéon toujours :

"On ne devrait jamais aimer" de Cloërec-Maupas, "Un peu d'amour" de Lao Silèsu, "Pour un baiser" de Patrierno et "La cigale du faubourg" de Taberniaco.

En tout, y compris l'essai, chez Pathé, 392 titres dont une dizaine en duos (quatre avec Berthe Sylva). Voir ici.

Note : pour de plus amples informations sur la discographie de Fred Gouin (numéros de matrice, dates exactes, etc.) voir la revue Phonoscopies, janvier, avril et juillet 1995. Gérard Roig, 29 rue Colas Fédron, 78700 Conflans Saint-Honorine, France.


Illustrations sonores

De Fred Gouin, nous avons déjà cité dans deux autres pages deux de ses enregistrements :

En voici quatre autres, de la collection de Marc Béghin †, dont un des rarissimes Vialard et un des duos qu'il a enregistrés avec Berthe Sylva :

(Attention : la qualité est inégale mais ce sont des documents très précieux)

Odéon n° A 73408

"Pour un baiser"

sous le nom de Viallard (Patrierno) - circa 1912

Odéon n° 166400

"Je sais que vous êtes jolie"

de H. Christiné et H.Poupon - 1931

Odéon n° 1666629 (avec Berthe Sylva)

"Berceuse tendre"

(Daniderf- Roun) - 1934

Cristal n°6149 - 1936

"J'aime les femmes, c'est ma folie"

(Oujol, Audiffred, Koger et Scotto)

On pourra également écouter le délicieux "Air de la rose rouge", tiré de l'opérette Monsieur Beaucaire de Rivoir, Veber et Messager, sur le site de Jacques Gana (Voir à "Interprètes" sous "Gouin").


À signaler

Chez Marianne, deux CD de 1995 ? cinquante titres - Numéros 951 089 et 090.

Cette page, essentiellement redevable à Marc Béghin † qui nous a prématurément quitté en août 2009, lui est respectueusement dédiée.

Pour de plus amples renseignements, voir un site qui lui a été consacré :

http://fredgouin.jimdo.com/