Jules Perrin
dans Les Amours de Boireau





Affiche du Grand Concert Parisien
Source Les Silos




Jules Perrin de l'Eldorado par Jobb
(Gazette Lyrique du 22 au 29 ocotbre 1881)
Source Gallica/BNF

Jules Perrin

Monologuiste-chanteur, ténor, auteur, créateur du "moulin à paroles" né vers 1840, époux d'Eugénie Barba et qui fit partie des programmes de l'Eldorado pendant 28 ans, de 1865 à 1893.

Il en fut même le directeur avec Jules Pacra en 1871.

Voir à Paulus, Mémoires, Chapitre 3.



                  Eugénie Barba

Ajout du 13 avril 2016

Sur la foi des actes de naissance et de décès que nous possédons, Jules Perrin est né Joseph Perrin, le 7 juin 1839 ? Couzon-au-Mont-d'Or (Rhône - 69) et décédé à son domicile de Courbevoie (département de la Seine - 75, devenu aujourd'hui Hauts-de-Seine - 92) le 17 juillet 1911, toujours marié à Félicienne Marie Barba (connue sous le nom d'Eugénie Barba) âgée de 70 ans, qu'il avait épousée le 30 mars 1871 à Paris (4ème).

A noter que sur son acte de naissance, son patronyme est écrit : Perrain. Une coquetterie de la d?claration orale, sans doute !
(Merci Claire Simon-Boidot.)

Petit format de Jules Perrin
Source : Claire Simon-Boidot

Petit format d'Eugénie Barba
Source : Gallica/BNF


Notices biographiques

(Marie-Ange Rauch)

Jules Perrin est né à Lyon, le 9 juin 1839.

Son père, musicien a encouragé ses dispositions pour la musique, mais les revenus familiaux étant modestes, il a été mis en apprentissage chez un graveur sur bois à l'âge de 10 ans. Après l'atelier, il court les théâtres et, à force de sollicitations, il parvient à obtenir un emploi de figurant au Grand Théâtre de Lyon à 12 ans. Il se produit aussi dans un théâtre amateur qui lui confie des rôles plus importants, puis dans une troupe ambulante, qui donne des représentations au théâtre militaire du camp de Sathonay.

Les inondations de 1850 ayant engloutis l'atelier de son employeur, il décide de devenir artiste professionnel et joue au théâtre des Célestins, puis aux Bouffes Lyonnais.

En 1859, il a été enrôlé dans l'armée et a rejoint le régiment de chasseur à cheval en garnison à Mostaganem. Il a été autorisé par le colonel à donner des représentations. Exonéré du service militaire, il entre au café-concert de l'Orphéon, puis part tourner en province (à Valence, au Havre...).

En 1863, il a fait des débuts remarqués à Paris au Palais d'Hiver et commence à l'Eldorado en 1865. Créateur du genre "moulin à paroles" il sera un des piliers de l'établissement où il restera 28 ans. Sa belle voix de basse chantante électrise la salle. En 1870, Jules Perrin a déjà créé plus de 200 chansonnettes et quarante opérettes, auteur d'une cinquantaine de romances, chansons et chansonnettes. Il a écrit quatre opérettes : Un amour d'épicier, le Souper d'Arlequin, La leçon de Musique et Prunelle et Piffard.

Cette rapide reconstitution de carrière, montre que Jules Perrin a d'abord été un artiste dramatique. Il est donc possible qu'il ait été adhérent à l'Association des Artistes dramatiques, fondée par le Baron Taylor, qui existait depuis 1840. A peine engagé à l'Eldorado, qui est le plus prestigieux café concert de France, il crée "l'Union des Artistes Lyriques des Cafés-concerts" le 20 juillet 1865. La Société a pour but de : donner les soins du médecin et les médicaments aux sociétaires malades ; payer une indemnité pendant le temps de leurs maladies ; constituer des pensions de retraites ; pourvoir aux frais des funérailles ".

La nouvelle mutuelle fonctionne régulièrement à partir du 1er octobre 1865.

Au cours de la séance de fondation du 23 octobre 1865, ont été nommés : à la fonction de Président : A. Mayer, médecin de la Faculté de Paris ; à celle de vice Président, Jules Perrin, artiste lyrique (Eldorado), Lucien Bucquet (Alcazar) ; à celles de Secrétaires : Horace Lamy artiste lyrique (Eldorado), M. Blanc-Duquesnay (rentier), et comme administrateurs : MM. Collé, artiste lyrique (Alcazar), Désiré Monlier, artiste lyrique (Alcazar), Aguillon, artiste lyrique, Vannier (pianiste).

La toute nouvelle mutuelle a donc été fondée en grande partie par des artistes de l'Eldorado et ceux de l'Alcazar d'Hiver, deux des principaux établissements parisiens. Payés correctement et régulièrement, embauchés pour de longues périodes, dans une entreprise de spectacle qui ne menace ni de faire faillite, ni d'être fermée par la préfecture, les vedettes de ces établissements modernes, qui rivalisent avec les plus beaux théâtres de Paris, ont, contrairement aux malheureux artistes des établissements de basse catégorie qui vivent au jour le jour, la possibilité matérielle d'envisager de cotiser à une société de secours.

Par ailleurs, les artistes lyriques des cafés-concerts ont "économiquement " avantage à créer leur propre organisation plutôt qu'à réclamer d'être intégrés à l'Association des artistes dramatiques ou à celle des musiciens. On peut faire l'hypothèse que les mutuelles du Baron Taylor redoutaient - en acceptant les artistes des cafés - concert - de devoir bientôt laisser entrer des artistes d'établissements douteux, les plus exposés à la prostitution, à la maladie, et à la pauvreté (beuglants). Pour leur part, les artistes des établissements des grands concerts (Eldorado, Alcazar...) craignant d'être traités en parents pauvres, qui devraient payer plus cher leurs cotisations, ont tout intérêt à créer leur propre organisation. Reconnue par la préfecture, la création de la mutuelle des artistes lyriques des cafés-concerts participe d'un combat pour obtenir une véritable reconnaissance sociale de leur domaine artistique. Cette approbation administrative a permis aux chanteurs lyriques des cafés concerts d'affirmer enfin l'honorabilité de leur profession.

Perrin était un grand amateur de livre, il aurait possédé plus de 15 000 volumes rares.


Sources

  • Audrey-Deshorties (Eugène), Les cafés-Concerts en 1866. Paris. Ed C. Egrot, 1866.
  • Paulus, Trente ans de Café-Concert, Souvenir recueillis par Octave Pradels. Paris, Société d'Edition et de Publication. 1908. - Voir ci-dessus.
  • Menetière Albéric, Les étoiles du café-concert, Ed Jules Lemer, Paris 1870