Charles-Émile Gadbois

(Abbé)

Au Québec, dans la première moitié du XXe siècle, existaient deux types de chansons "populaires" : la "vulgaire" et la "bonne".

La "vulgaire, c'était celle qu'on que l'on chantait dans les cabarets, qu'on pouvait entendre, trop souvent selon certains, à la radio ou même en famille, lorsque les enfants étaient couchés. Elle se propageait de bouches en oreilles, de villages en villages, de paroisses en paroisses. Vulgaire ? Disons populacière. On y parlait des choses de la vie, des maladies, des moustiques ou même de l'R-100, le célèbre dirigeable. - On en trouvera sur ce site dans une page dédiée à sa plus grande interprète, Mary Travers dite " La Bolduc".

L'autre, c'était celle que l'on chantait dans les bonnes familles, dans les écoles, lors de réceptions où l'on invitait Monsieur le curé. Elle était largement répandu dans les institutions d'enseignement, la plupart sous la gouverne de religieux ou de religieuses. Quand on se penche un peu sur elle, un nom revient à chaque instant, celui de ce prêtre issu du Séminaire de St-Hyacinthe et qui se nommait Charles-Émile Gadbois.

Né à St-Barnabé-Sud en 1906, il fut compositeur, harmonisateur, parolier, éducateur et, surtout, directeur et fondateur d'une Institution toujours connue sous le nom de - sans surprise - "La bonne chanson" qu'il débuta modestement en faisant imprimer des petits formats d'une seule feuille et qu'il vendait pour la modique somme de "un sous" (le centième d'un dollar) d'abord dans son entourage puis, lorsque ces petits formats commencèrent à être connus, dans la région où il était enseignant, jusqu'à ce qu'ils firent leur apparition dans les grands centres comme Montréal ou Québec. C'est alors qu'il les relia en cahiers contenant chacun une cinquantaine de titres.

C'est ainsi que de 1937, jusqu'en 1955, l'abbé Gadbois diffusa des milliers de chansons qui furent distribuées dans tous les coins et recoins de la Province et qu'on peut retrouver, encore de nos jours, sous la forme de ses fameux cahiers dont le contenu variait entre :

  • des chansons patriotiques,
  • des chansons vantant les mérites de l'agriculture et de la terre,
  • beaucoup de chansons religieuses,
  • des chansons folkloriques,
  • des chants de Noël,
  • des chansons dédiées aux mères, aux grands-mères, aux vaillants aieux...

et même, de grands classiques issus du répertoire français : "Le rêve passe", "Alsace-Lorraine", "La petite église", etc. ce qui laisse sous-entendrequ'ils devaient contenir de nombreuses compositions du célèbre barde breton, Théodore Botrel, sauf qu'on trouvera également dans ces répertoires des œuvres de Paul Delmet, Gustave Goublier, Léon Raiter, René de Buxeuil, y compris Gaston Gabaroche.

Promoteur infatigable , organisateur de de festivals, de concours et de congrès, l'abbé Gadbois fit également de la radio, supervisa, chez RCA Victor, divers enregistrements de "ses" chansons que firent certains voix connues de l'époque dont François Brunet, Paul-Émile Corbeil, Marthe Létourneau, le Quatuor Alouette...

Décédé en 1981, sa mémoire est perpétuée par La Fondation Abbé-Charles-Émile-Gadbois :

http://www.musique.umontreal.ca/.../abbe_gadbois.html


À signaler

Chez Frémeaux, un coffret de quatre disques contenant 100 titres inspirés de la collection de l'abée Gadbois :


On trouvera, ci-contre et ci-dessous, divers exemples des titres contenus dans les cinq premiers cahiers de "La bonne chanson" imprimés en 1941-1942.


Photos (autres que celles des petits formats (source) : Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe.