PAGES ANNEXES
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Mémoires




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Collection Dimitar Malchev

Les frères Isola

Quoique indirectement reliés à la Chanson Française de 1870 à 1945, les Frères Isola - Émile (1860-1945) et Vincent (1862-1945) - méritent leur place dans le Panthéon de ceux qui ont contribué à la rendre encore plus populaire qu'elle ne l'était.

Nés à Blida, en Algérie, d'un père italien, "tailleur d'habits", et d'une mère italienne, tous deux naturalisés français, ils apprirent le métier de menuisier avant de s'embarquer pour Marseille puis Paris où ils rêvaient de devenir prestidigitateurs.

Amateurs (prestidigitateurs) malheureux, ils finirent après de multiples déboires à se faire accepter dans le milieu "artistique" où leur persévérance, intelligence et connaissance en mécanique et structure, leur permirent de se hisser au rang de vedettes au milieu des années quatre-vingt, euh : mil huit cent quatre vingt.

     

En 1892, ils se portent acquéreurs d'un petit théâtre servant surtout à donner des conférences, Le Capucin ou Théâtre des Capucines, où pendant cinq ans, seuls attractions, ils remplirent la salle, soir après soir, en montant des numéros uniques au point où Le Capucin fut renommé Théâtre Isola. - Leur réputation est telle, surtout après qu'il y eurent introduit un appareil de projection cinématographique de leur invention, l'Isolatographe, qu'ils finirent par attirer chez eux les grands de l'époque qui, en plus, leur demandent de se produire en leurs hôtels particuliers.

En 1897, ils vendent leur petit théâtre à Max Maurey et Alphonse Franck pour se porter acquéreur d'une salle de spectacle qui ne fait pas ses frais, le Parisiana. - Ils décident d'y mettre au programme Paulus puis Fragson, puis... des vedettes qu'ils vont chercher partout en Europe.

L'année suivante, sans renoncer au Parisiana, ils achètent l' Olympia où se produira le prodigieux Frégoli qui assurera leur fortune.

En 1901, ils abandonnent l' Olympia tout en en demeurant propriétaires, et investissent l'argent qu'ils y ont gagner dans une salle encore plus prestigieuse : celles des Folies Bergère. - Là, ils y programmeront des vedettes dont les noms sont encore célèbres : La Loïe Fuller, Little Titch, Cléo de Mérode...  tout en y créant un genre de spectacle qui allait durer : La Revue.

Quatre ans plus tard, ils se départissent du Parisiana, de l' Olympia, des Folies Bergère pour, officiellement aller se reposer, mais ce n'est que partie remise : ils fondent le Casino Beausoleil à Monte-Carlo où ils reprennent les spectacles de leurs salles parisiennes, remontent à Paris pour reprendre en main l'Olympia et les Folies Bergère dont Paul Ruez  ne paie pas régulièrement les redevances et de là...

On les verra à l'Opéra Comique, à Mogador... jusqu'en 1925 où ils prennent la direction du Théâtre Sarah Bernahardt jusqu'en 1935 où,succès après succès (ils dirigent des salles depuis 43 ans !), leurs entreprises deviennent déficitaires et si déficitaires au point où l'année suivante, ils sont obligés de déposer leur bilan.

Quelques mois plus tard, suite à un gala donné en leur honneur et organisé par Sacha Guitry (auquel participent de Maurice Chevalier, Michel Simon, Pauline Carton, Gaby Morlay, Arletty, Jacqueline Delubac, Tristan Bernard, Max Dearly, Jean Weber, Damia, Fréhel, Saint-Granier, Marguerite Moreno... - la plupart présentèrent un tour de magie), ils décident de reprendre leur vieux métier de prestidigitateurs et c'est ainsi qu'on les retrouve, à respectivement à 66 et 64 ans, à l'A.B.C. puis au Trianon, à l'Européen, à Bobino, à l'Alhambra... et en tournées qui furent, hélas, considérablement ralenties puis presque stoppées par l'Occupation.

En 1943, dernier grand coup : les frères Isola prennent la direction artistique du théâtre Pigalle mais pas pour longtemps :

En mai 1945, Émile s'éteint. Il est suivi de peu par son frère, trois mois plus tard.

Fin d'une époque.


Et la chanson dans tout ça ?

Pour cela, outres les nom de Paulus et de Fragson mentionnés ci-dessus, il faut se référer à leurs Souvenirs, recueillis en 1943, par Pierre Andrieu et publiés chez Flammarion en 1945 où l'auteur a eu la brillante idée d'énumérer à la fin de chaque chapitre traitant de Parisiana aux Folies Bergère, la liste des auteurs, compositeurs, chef d'orchestres et artistes qui ont collaboré ou parues dans les différents spectacles qui y furent donnés sous la direction des frères Isola : un véritable who's who où l'on retrouve des noms comme Blondeau, Monréal, Flers, Courteline, Gardel-Hervé, Xanrof, Méaly, Germaine Gallois, Anna Thibaud, Bourgès, Ouvrard (père), Baldy, Bruant, Gabin (père), Dufleuve, Max Dearly, Gaby Deslys, Anna Held... mais pourquoi reprendre ici les listes contenues dans ces Souvenirs, listes de tous ces personnages qui ont contribué de près ou de loin à la Chanson Française de la fin du XIXe au début du XXe ?


Pourquoi ne pas citer, au complet, ces chapitres (sur douze que le livre contient) qui racontent le début des frères Isola, leur direction du Capucin-Théâtre Isola, du Parisiana, de l'Olympia et les suivre jusqu'aux Folies Bergère ?

On trouvera ces chapitres, cités en entier, en annexe :

À lire pour les nombreuses anecdotes qu'on y retrouve notamment sur les caprices de certains artistes et pour comprendre le sens des affaires et de la publicité des aujourd'hui non-oubliés Émile et Vincent Isola.

Attention

Les textes de ces souvenirs peuvent encore faire l'objet de droits d'auteurs.


Pour références et autres renseignements

Le site de Claude Loubet, arrière-petit-neveu des frères Isola (http://claude.loubet.free.fr/),qui contient, entre autres, plusieurs photos, articles de journaux et une chronologie.

[*] Photos en provenance de ce site