Pauline Carton (vers 1925)




























Pauline Carton


... et René Koval

our être parfaitement honnête, cette page aurait dû s'intituler "Pauline Carton et René Koval" car elle est là pour particulièrement faire entendre une chanson créée par René Koval, le célèbre chanteur d'opérette, et Pauline Carton, mieux connue pour ses talents de comédiennes que ceux de chanteuse. Mais voilà, elle est aujourd'hui identifiée à la comédienne et à la comédienne qui a survécu presque quarante ans à la chanson de celui pour qui elle avait été écrite.

Cette chanson fut sous toutes les lèvres dans les années trente. Après l'enregistrement qu'en eut fait Koval et Carton, Ray Ventura s'y attaqua, puis Adrien Lamy et Annette Doria, Max Rogé et Juliette Meyrande.. Marie Laforêt la reprit en 1974, Caroline Clerc et Christian Borel en 1977... (Martin Pénet)

Elle date de 1934 et a, pour auteur, Henri Duvernois qui l'aurait rédigée en collaboration avec Champfleury, Bertal Maubon et Albert Willemetz pour les paroles puis mise en musique par un alors presque inconnu compositeur cubain,  Moyses Simons, auteur d'aujourd'hui un grand classique, "El Manisero" ("The Peanut Vendor"[1], pour une opérette aujourd'hui presque oubliée, Toi c'est moi (voir à Pills et Tabet).

Sous le prétexte de rendre plus sérieux son neveu, Bob, (Jacques Pills), Honorine (Pauline Carton) l'envoie travailler dans une plantation dans les Antilles, plantation sous la direction de Pedro Hernandez (René Koval). Sachant le sort qui lui est réservé, Bob amène avec lui son ami de toujours, Pat (Georges Tabet) avec qui il change de nom (d'où ce Toi, c'est moi) de même qu'une petite amie, Loulou (Ginette Leclerc), ce qui ne l'empêche pas de flirter avec Maricousa, la fille de Pedro (Simone Simon) de même que Vivianne, la fille d'un résident local (Lyne Clevers) mais la tante mise au courant...

De cette opérette, un duo entre la tante et le directeur de la plantation intitulé "Sous les palétuviers". - Aucun rapport avec l'intrigue (oh si peu...) mais ce duo est savoureux :

"Aimons-nous sous les palé
Prends-moi sous les létu
Aimons-nous sous l'évier..."

La voici, par leurs créateurs, enregistrée en 1934 :

"Sous les palétuviers"

Disque Ultraphone, 78 T, n° AP1336

C'est dans plus de 200 films qu'on la retrouve encore aujourd'hui dans les cinémathèques ou à la télévision, d'abord dans presque tous les films de Guitry et puis dans d'innombrables productions qui vont du début des années vingt jusqu'aux années soixante-dix où, toujours sans occuper des rôles de premier plan, elle "sauve de l'oubli par ses apparitions souvent fulgurantes quelques uns des plus obscurs nanars du cinéma" (Dominique Rabourdin).

Elle n'a pas chanté beaucoup. Enfin pas beaucoup endisqué. - Outre le "Sous les palétuviers" cité ci-dessus, on connaît d'elle un très amusant "Par le trou [de la serrure]" tiré de l'opérette Pas sur la bouche également cité ci-dessus que EPM/Ades ont joint à leur coffret Quand les comédiens chantaient (1993). - (Madame Françoise Rolland [de Guadeloupe] nous signale deux autres titres : "La photographie" et "J'ai un faible pour les forts")

Pauline Carton est née Pauline Biarez à Biarritz le 4 juillet 1884 et est décédée à Paris le 17 juin 1974.

Biographie

Pauline Carton
Georges Debot
Jean Dullis Éditeur, 1975


[1] On peut entendre ce "Peanut vendor" par l'orchestre de Stan Kenton à partir de cette page (voir au 4 juillet 2005).


René Koval

De son vrai nom, René Renouard Larivière (et non Kovalsky ! comme nous venons de le lire...), René Koval est né à Paris le 16 mai 1885. Il débute vers 1910 dans divers cafés et concerts puis dans des revues à partir de 1918. - Il se fait remarquer (un tout petit rôle) dans Ciboulette de Reynaldo Hahn (en 1923) mais devient vraiment connu qu'à partir de 1925 après avoir décroché le rôle d'Éric Thomson dans l'opérette d'André Barde et Maurice Yvain, Pas sur la bouche. De 1926, jusqu'à sa mort, le 17 août 1936, il fait partie des distributions de :

  • Passionnément ! en 1926.
  • J'aime ! la même année.
  • Mercenary Mary en 1927.
  • Une nuit au Louvre et Déshabillez-vous ! en 1928.
  • Flossie en 1929.
  • Arsène Lupin, banquier  [*] et Les Aventures du Roi Pausole en 1930.
  • La Pouponnière, Azor et Un soir de réveillon en 1932.
  • O mon bel inconnu en 1933.
  • Le Bonheur, Mesdames ! et Toi c'est moi en 1934.
  • Pour ton bonheuret Trente et quarante en 1935

et puis

  • Simone est comme ça en 1936...

... où il donne la réplique à Arlettty, Jean Gabin, Henri Garat, Dranem...

Disparu en 1936, après n'avoir enregistré que quelques disques et tourné que dans quelques films, on ne retrouve guère de lui, dans les repiquages actuels, qu'une ou deux chansons dont "Pas sur la bouche" tiré de l'opérette du même nom [**] ou encore de Toi et moi une chanson qui s'intitule  "C'est dégoûtant mais nécessaire" [***].

[*] Avec Jean Gabin (Gabin fils) dans le rôle de Gontran et Eugène Gabin (Gabin père) dans celui d'un général et d'un rentier !

[**] Anthologie de la Chanson française enregistré 1920-1930 - Coffret EPM1989702- a et b

[***] Music-Hall des années 30 - Édition Vogue n° 670018 (dans lequel on retrouve également le "Sous les palétuviers".

Un quatrième titre également, avec Arletty : "Ton amour est un tobaggan" sous diverses marques (mais sous le nom d'Arletty).

Ajout de mai 2014

D'un ami bien connu de ce site, David Silvestre, deux enregistrements assortis de leurs étiquettes :

"Tu te rends compte"

Disque Ultraphone AP 609 - Matrice n° P76141


"Pan, Pan!"

Disque Ultraphone AP 609 - Matrice n° P76142