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1949 : A la mi-août


l y a des jours où je me demande ce que doivent penser mes voisins ?. Quand je compose une chanson, je la rabâche au piano, en chantant. Quelquefois, je répète dix ou vingt fois de suite la même phrase, jusqu'à ce que j'aie trouvé la phrase suivante. Quelquefois aussi ce sont les mêmes mots que je répète sur tous les tons, jusqu'à ce que j'aie trouvé la mélodie qui leur convient. Alors imaginez ce que cela a du être le jour où André Hornez m'a donné comme départ de chanson : "A la mi-août". Hornez m'avait dit : Il faut que ce soir une sorte de cri, à la miaoû. Quelque chose qui frappe directement d'auditeur : à la miaoû. Et il est parti, me laissant devant mon piano. Et je me suis à l'ouvrage. J'ai chanté A la mi-a-ou sur tous les tons. Vraiment je devais avoir l'air fin. Car la mélodie définitive ne s'est pas présentée à moi tout de suite, et j'ai passé toute un après midi à en essayer toute une série. A la mi-a-ou… Imaginez la tête des voisins d'en dessous !... Enfin, je me suis arrêté, et c'est finalement André Hornez lui même qui, au milieu de tous mes miaou a choisi celui qui devait être définitif.