1955 : Chiens perdus sans collier
oilà une chanson qui commence par un rendez-vous dans le grand bureau d’un producteur de films. Il me dit : « Mon cher Misraki, ce qu’il me faut pour mon film, c’est un air qui se retienne facilement et prenne sa place dans toutes les mémoires. Vous voyez ce que je veux dire, hein ? Alors allez-y, faites moi un Pont de la rivière Kwaï… avec des gens qui sifflent… un truc comme ça. »
J’ai essayé de répondre que je ne pouvais plus faire le Pont de la rivière Kwaï, puisqu’un autre s’en était chargé. Mais on me répondit : « ce n’est pas grave, à défaut de celui-là, faites-moi le nouveau Moulin Rouge, ou un air comme celui du Troisième Homme… »
C’est de cette façon que, bon gré mal gré, j’ai composé une valse qui s’est vue affublée d’un titre étrange : Chiens perdus sans collier. Ce film mettait en scène des enfants abandonnés rêvant au jour improbable où ils retrouveraient un père, une mère, une maison… C’est ce rêve que j’ai essayé de traduire dans ce motif.