banniere
Rechercher  ▶

Note : ce moteur de recherche interne recense les pages dans lesquelles le nom recherché est cité. Si vous souhaitez lancer une autre recherche consécutive, la saisir sur le nom précédent dans la zone de recherche (à droite de la loupe) ci-dessus.


1941 : Insensiblement


elle que je préfère de toutes les chansons que j’ai composées, le "chouchou" de mes chansons, est une de celles qui m’a donné le plus de mal.
C’est une chanson née d’un mot de la langue française, un mot de cinq syllabes, un mot que je trouvais joli, un mot (je l’appris plus tard) intraduisible dans aucune langue : Insensiblement… un mot qui j’avais envie de chanter.
J’avais donc mon titre… je composais une mélodie… et je suis resté en panne, ne sachant quelle histoire raconter. Il me fallait une histoire où les choses se passent insensiblement… Je me suis lancé dans des développements, je m’y perdais, je renonçais, puis je recommençais… et j’ai fini par me persuader que c’était une mauvaise idée.
Puis un soir, entre amis, je me suis mis au piano et je leur ai raconté ma mésaventure, ma mauvaise idée. Je leur ai chanté le début, ça donnait : « Insensiblement, vous vous êtes glissée dans ma vie / Insensiblement, vous vous êtes logée dans mon cœur"… Et puis c’est tout. ça finissait comme ça. Mes amis, à ma grande surprise, ont trouvé ça très bien et m’ont dit que j’étais un âne si je ne parvenais pas à mener cette chanson jusqu’au bout !
Je m’y remis. Juliette Achard, la femme de Marcel Achard, insista, m’obligea pratiquement à la terminer… Et voilà. Il suffit quelquefois d’un encouragement pour vous donner des ailes.
Cette chanson faillit malgré tout ne pas avoir d’histoire du tout, puisqu’elle a été composée en 1941, au début de l’occupation, et qu’elle a dû attendre quatre ans pour parvenir à faire son chemin, presque insensiblement…