(collection Robert Thérien)





















André Dassary

Pas très de l'époque du Temps des cerises aux Feuilles mortes, cet André Dassary, né à Biarritz en 1912, surtout connu pour sa carrière dans le domaine de l'opérette. Il nous intéresse cependant pour les enregistrements qu'il a fait dans les années trente et quarante avec les orchestre de Ray Ventura, Marcel Cariven ou de Wal-Berg.

Ses débuts, il les fit en amateur, à la radio où il fut remarqué par Fred Pasquali qui lui offrit un rôle dans une opérette de Kalman, le Roi du cirque, dès 1938. Pour des raisons de cachet, Dassary refusa mais Fred Pasquali qui fit partie de la distribution et qui connaissait son talent, le présenta à Ray Ventura qui lui offrit aussitôt de faire partie de son orchestre à titre de second chanteur (après Misraki). De cette période datent "Dans mon cœur" (Misraki-Hornez), "Sur deux notes" (Misraki, toujours), "Soir Indigo" (Deep Purple de Peter de Rose - adapté, toujours, par Misraki) et quelques autres titres, aujourd'hui presque oubliés, qui servaient à mettre en valeur sa voix de ténor.

Au cours de la guerre, il se contente de petits succès ("Ay! Ay! Ay!" [Perz Freire], "Reviens !-moi" [Bourtayre -Vandair] - les deux datant de 1941) puis fait ses premiers pas à la Gaîté Lyrique dans l'Auberge qui chante puis au Châtelet dans Valses de France mais au cours de la même période il a surtout le malheur d'enregistrer LA version (nous allions dire la meilleure version)  de "Maréchal nous voilà !" (Montagard-Courtioux), un hymne à la gloire de Pétain qui, en 1944, lui attira quelques ennuis.

Il se reprend dès 1945 avec "Symphonie", une adaptation signée Tabet et Bernstein d'une des chansons-fétiches du chef d'orchestre Alstone, un air de folklore américain du chanteur de blues Huddie Leadbetter, "Bonsoir Lily" ("Goodnight Irene") et un de ses titres les plus connus, "Ramuntcho" de Jean Rodor et Vincent Scotto.

L'épisode "Maréchal" est vite oubliée. Beau, athlétique, ce ténor à la voix d'or se devait de faire du théâtre et dès 1946, il oriente définitivement sa carrière du côté de l'opérette dans un rôle presque sur mesure dans L'ingénue de Londres puis, dans ce qui sera sa plus belle création, Chanson Gitane (musique de Maurice Yvain) qui sera présenté plus de mille fois, en France comme à l'étranger. - En 1949 il est de la distribution de Symphonie portugaise puis, à partir de 1950, il est de toutes les scènes : c'est lui Guy Florès et, par la suite, Célestin dans l'Auberge du Cheval Blanc (Charell, Muller et Benatsky d'après un pièce de Blumenthal et Kaldenburg), Jim dans Rose-Marie de Ferréol, Saint-Granier, Frimi et Dithart, Don Juan dans Violettes impériales (Achard, Jeanne et Varna), Mario dans Méditerrranée (Francis Lopez et Raymond Vincy), Maurice de Fonségur dans Rêve de valse (musique d'Oscar Srauss), Michel Anrassy dans Rose de Noël (musique de Lehàr), etc., etc.

Ce n'est qu'à partir des années soixante qu'il commence à diminuer progressivement ses activités chantant dès lors que dans des galas, des émissions de radio ou de télévision, toujours à un mètre du micro...

 En 1970, il se retire définitivement.


Pour la petite histoire

André Dassary est né André Deyherassary à Biaritz et est décédé à Paris en juillet 1987.


Extraits

Nous avons déjà fait référence à son "Maréchal nous voilà !" dans nos pages sur la Chanson française du Temps des cerises aux Feuilles mortes (numéro 45).

Note : au verso de cet enregistrement : "La France de demain"...

De nombreux CD sont toujours disponibles à partir de ses créations lyriques. Un des tous derniers (2001) étiquette Accord, numéro 461 771-2 contient 28 interprétations allant de l'Auberge du Cheval blanc (1956) au "Chant du désert" (1970). - On y trouvera, entre autres, "Ajaccio" de l'opérette Méditerranée, "Rêve de valse, rêve d'un jour" de Rêve de valse, "C'est la valse, écoutez" de la Veuve joyeuse et le célèbre "Je t'ai donné mon cœur" du Pays du sourire.

Moins disponibles, les chansons pré-1947 ou 48 ne se trouvent guère plus qu'en repiquage et, encore là, il semblerait qu'on ne veuille plus remettre en circulation que deux ou trois succès dont "Ramuntcho" et..."Maréchal nous voilà" (décidément !) plus un extrait de l'opérette l'Auberge qui chante, enregistré en 1941, "Viens mon seul amour c'est toi" (exceptionnel, soit dit en passant).

Parmi ces titres oubliés, une mélodie "hongroise" créée par Danielle Darrieux en 1938 dans un film d'Henri Decoin, Retour à l'aube, paroles d'André Hornez, musique de Paul Misraki, et qui a pour nom "Dans mon cœur" que Dassary enregistra l'année suivante avec Ray Ventura.

Le voici (on nous excusera pour la qualité de l'enregistrement - Pathé PA 1870) :

"Dans mon cœur"

Juillet 1939

À comparer avec la version de Lucienne Delyle (Pathé n° illisible sur notre copie) :

"Dans mon cœur"

1939