(Source : Jean-François Petit)

Blond-Hin

Né le 8 mai 1874, à Molenbeek-Saint-Jean en banlieue de Bruxelles, Bruno François Fièremans, dit Blon-Dhin ou Blond'hin, débuta vraisemblablement sa carrière vers 1894 ou 1895 dans différents établissements de la région, avant de se rendre à Paris, avec son costume de comique troupier, peu avant 1900.

Dès 1901-1902, on le retrouve dans la plupart des salles et cafés-concerts de l'époque où il est successivement quatrième, troisième et parfois deuxième vedette : au Casino Montparnasse, au Concert Parisien, au Kursaal, chez Pacra, au Palais du Travail, au XXe siècle...

En 1904, sans abandonner son tour de chant, il se lance dans la revue et l'opérette dont, pour certaines, il fait partie des tournées en Province : Montpellier, Bordeaux, [...], Marseille (au Palais de Cristal, par exemple, en 1906).

Au début de la Guerre, il passe du côté de la direction (La Fourmi, en 1914) et puis, en 1919, il est de celle du Brunin (le deuxième, celui du boulevard Diderot) où il demeurera jusqu'en 1934 tout en assumant, de 1925 à 1933, la direction du Printania.

À partir des années vingt, dans le cadre de ses activités, il devient co-auteur et revuiste créant divers rôles dans les spectacles qu'il dirige et ce, jusqu'en 1930 où il se tourne presque définitivement vers les activités caritatives auxquelles il avait déjà commencé à s'intéresser au tout début de sa carrière.

Fondateur de la Journée des artistes, du Sabot de Noël (au profit des enfants des artistes), de la Mutuelle des Artistes Lyriques et Dramatiques, Blond'hin, fut en effet un de premiers à appuyer Dranem lors de la fondation de la maison de retraite de Ris-Orangis en 1909, maison dont il devint le premier trésorier jusqu'en 1935 où, à la la mort de son fondateur, il fut nommé directeur, poste qu'il occupa jusqu'à sa propre mort survenue le 28 juin 1951.

De sa carrière de chanteur, nous reste de lui une cinquantaine d'enregistrements datant de 1910 (chez Odéon) à 1919 (chez Gramophone) dont une douzaine sur étiquette Idéal entre 1911 et 1913.

Pour la plupart, il s'agit de succès de Polin, d'Ouvrard ou de Dufleuve (ou de comiques troupiers) qu'il reprend avec une voix plus forte (on dirait parfois Bérard) sans les sous-entendus ou la subtilité, en particulier, du premier [*].

Trois ont été repiqués en 1997 à l'intérieur d'un CD intitulé, fort à propos, Les Comiques troupiers, CD qui fait partie de l'Anthologie de la Chanson française chez EPM : "Ah ! mon colon" de Planquette et Christiné, "La marche des gros souliers" de Doralys et "Au Soixante-neuvième Dragons" d'Ouvrard et Hotter. - Numéro 984022.

Nous écouterons, de lui, "Marie, je t'aime", de A. Baudard, une chanson moins typique du style dit troupier mais dont le refrain rappelle une marche militaire. (Paroles de V. Telly et musique de J. Gey et A. Baudard)

Disque Odéon - n° A 73378 - 1911

          


[*] À noter, en 1914, chez Gramophone, une sorte de sketch intitulé "Une répétition au gramophone" avec Constantion, Charlesky et Drabat.