Suite d'une série de pages consacrées au French Cancan


La Goulue vers 1895...
(collection privée)

...et vers 1910




Jacques Renaudin vers 1895




Jane Beaudon vers 1894

 








Grille d'égout

Nini Pattes-en-l'Air













Joséphine Durwend, dite Finette
On peut noter son écharpe à son nom de scène
ainsi qu'une grosse mouche comme marque
de fabrique de son personnage.















Danseuses

LES PERSONNAGES

Les danseuses-vedettes du Moulin Rouge s'appelaient : Grille d'Égout, Camélia dite Trompe-la-Mort, la Glu, Cri-Cri, Vol-au-Vent, Lili-Jambes-en-l'air, Nini-Pattes-en-l'air, la Môme Fromage, la Vénus de Bastringue, Rayon d'or, Demi-Siphon, Muguet la Limonière, Églantine, Jane Avril, Sauterelle, Cléôpatre, Cascadienne, Cha-U-Kao, Pâquerette, Torpille, Galipette, Gavrochinette et La Goulue...

Et comment passer par dessus le nom de Valentin le désossé ?

Note : Lire aussi les descriptions que fait Yvette Guilbert dans ses mémoires.


Voici quelques notes et anecdotes à leur sujet

La Goulue, d'abord, qu'on a aussi appelé Vide-Bouteille, est née Louise Weber, à Clichy, vers 1865. Elle débute en blanchisseuse, vend des fleurs puis devient modèle. Elle se prostitue très vite, fréquente le Grand Véfour, l'Élysée Montmartre où Oller la remarque et l'engage tout de suite pour son Moulin Rouge (en 1889). - Elle y restera six ans, devenant la plus célèbre des danseuses de l'endroit mais très vite elle se prend pour la reine de Paris, affiche un caractère insupportable, se fait photographier dans des nus scandaleux et insulte, dans un vocabulaire à faire frémir des soldats, la clientèle. - On raconte qu'elle aurait même dit au Prince de Galles, en visite incognito : "Hoé, Galles, tu paies le champagne ce soir ?"

En 1895, se croyant non seulement reine de Paris mais reine du Monde, elle décide d'abandonner le Moulin Rouge pour se lancer dans les baraques foraines où elle croît que son seul nom attirera le public. - Elle a tort : le public ne viendra pas. - Elle se lance alors dans le cirque (domptage d'animaux) puis dépense ce qui lui reste d'argent dans la noce et les fêtes. En 1903, on l'aperçoit dans un hôtel en compagnie d'un homme qui boit tout autant qu'elle. - En 1910, Francis Carco la rencontre, par hasard, dans une foire où elle est devenue méconnaissable. - Elle y restera jusqu'au début des années vingt.

C'est de cette période (entre 1920 et 1925) que date ce petit film. On y voit Louise Weber devant sa roulotte puis, esquissant quelques pas de danse...

On ne sait ce qu'il advint par la suite mais vers la fin des années vingt, elle est de retour à Montmartre, vieille, tête blanche, édentée ; elle vend des allumettes aux terrasses des cafés, et comble du sort... devant le Moulin Rouge !

Un soir, mourante, elle se présente à l'ancien Mirliton d'Aristide Bruant, devenu maison hospitalière, et demande l'asile. On fait venir un prêtre à qui elle dit : "Mon père, est-ce que le Bon Dieu me pardonnera ? Y aura-t-il une place pour moi au ciel. C'est que je suis la Goulue..."


Valentin le Désossé, ensuite. - Un personnage cauchemardesque aux bras et aux jambes de caoutchouc, mince comme un fil. - Il s'appelait en réalité Jacques Renaudin (souvent écrit Renaudot). Fils d'un notaire de Sceaux, il était en dehors de ses heures de travail (au Moulin Rouge), tout ce qu'il y a de plus conventionnel. En 1895, il disparut de la même façon qu'il y était venu. Des années plus tard, on parlait d'un homme qui avait éventuellement ouvert un bistro ou qui était devenu ouvrier mais personne ne sut vraiment ce qu'il lui était arrivé.


Et puis il y avait la Jane, Jane Avril dite Jane la Folle (parce qu'elle était folle de danse), Jane Avril également dite la Mélinite, qui ne vécut que pour danser. Contrairement à La Goulue et à la plupart de ses consœurs, elle danse avec pudeur. Ses improvisations étonnent. Née Jeanne Beaudon à Belleville, en 1868, elle mourut sagement, mais pauvre, sous l'occupation en 1943 non sans avoir avoir dansé en public pour la dernière fois en 1935 (elle a alors 67 ans) avec Max Dearly.

Sur cette Jeanne, François Caradec "Style40">†, qui a déjà publié plusieurs volumes sur : Lautréamont, Alfred Jarry, Le Café Concert, Alphonse Allais, etc., a consacré un livre intitulé Jane Avril au Moulin Rouge avec Toulouse-Lautrec.

Voici le communiqué de presse qui accompagnait le lancement de ce livre en octobre 2001 :

François CARADEC "Style40">† : Jane Avril au Moulin Rouge avec Toulouse-Lautrec

La danseuse Jane Avril serait certainement oubliée si elle n'avait pas été le modèle préféré de Toulouse-Lautrec, et si elle n'avait pas failli épouser Alphonse Allais (après avoir vécu plusieurs années avec lui). Contrairement à la Goulue et aux autres filles du Quadrille du Moulin Rouge de la belle époque, c'était une femme sensible et intelligente : c'est d'ailleurs elle qui commanda ses propres affiches à Toulouse-Lautrec dont elle admirait le génie. Grâce à de nombreux documents difficilement accessibles et réunis pour la première fois, François Caradec fait revivre cette femme libre, dont l'existence fut entièrement vouée depuis son enfance à la danse. Ce livre illustré rassemble des photographies de Jane Avril, de ses amis, des lieux qu'elle a fréquentés, les toiles et affiches de Toulouse-Lautrec naturellement, mais aussi des portraits de Jacques-Émile Blanche, Grass-Mick, Henri Somm et de Maurice Biais.

Références : Jane Avril au Moulin Rouge avec Toulouse-Lautrec - Auteur : Caradec †, François - Collection Document-témoignage - Éditeur FAYARD - Parution 10/12/01 - 186 pages.


Et puis les autres

Grille d'égout, une ancienne institutrice, ainsi nommée à cause de ses dents espacées.

Elle mourut... concierge.

Nini Pattes-en-l'Air

Elle ouvrit vers 1896 une école de cancan qu'elle dû fermer car la police soupçonnait que c'était une école d'un genre fort différent ; elle disparut vers la fin du siècle ayant épousé un bon bourgeois avec qui elle se serait retirée dans le Midi...


Et puis d'autres, encore,

disparues et desquelles il ne nous reste que quelques photos

Môme Fromage

Lili Jambes-en-l'Air

Sauterelle (*)

Alice la Provençale


Un extrait de Paris oublié (Charles Vilmaitre - E. Dentu éditeur - 1886) à la rubrique du Casino Cadet :

"Comme danseuses en réputation, on remarquait Rosalba Cancan, Alice la Provençale, Finette, Nini Belles Dents, Eugénie Trompette et Mimi Gambilmuche. Finette, de son vrai nom "Joséphine Durwend", n'avait pas sa pareille pour lever la jambe ; elle envoyait un coup de pied à la hauteur de l'œil avec une désinvolture adorable. C'est la seule parmi les habituées du Casino qui ait laissé une trace de son passage ; elle fit du cancan, qu'elle dansait pour s'amuser, un métier. On l'engagea en Angleterre et en Russie, et on pouvait lire sur les affiches annonçant ses débuts : Finette, célèbre artiste, dansera les danses nationales françaises !"

(*) Sauterelle finit ses jours propriétaire d'un bistro à Reims


Toutes pas toujours pudiques, d'ailleurs

Nini-Pattes-en-l'air

La Goulue

Rayon-d'Or


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