Camille Robert
orsque Francis Poulenc est interrogé sur son goût pour "le folklore et l’exquise
mauvaise musique", se référant à une anecdote, il répond que "c’est la musique que
tout le monde connaît mais dont personne ne peut nommer le compositeur" .
(Francis
Poulenc et la musique populaire. Univers musical. Ed. L’Harmattan. 2012. Dominique
Arbey).
Pour la chanson parisienne et le bal musette, le premier exemple qui lui vient à l’esprit
est Camille Robert "dont le nom n’apparaît dans aucun dictionnaire de la musique".
Ce compositeur né Camille, Paul, Ernest Robert, à Paris, 9e, le 15 juillet 1872 [*]
a écrit "Quand Madelon" lorsqu'il résidait place de La Pompe à Saint-Raphaël (83 - Var),
ville alors très prisée des artistes tels que Charles Gounod,
Maupassant, Picasso, Léon Carvalho, Pierre Renoir, Véra Sergine et la chanteuse Polaire.
Lorsqu’on cherche "La Madelon", on trouve que c’est un chant populaire créé le
19 mars 1914 au caf’conc’ de l'Eldorado, à Paris, par le chanteur Bach !
Plus loin on apprend que les paroles sont de Louis Bousquet et la musique
de Camille Robert.
Venu à Allègre (43 - Haute-Loire) au début des années 50, Camille Robert s’était installé dans "le Café
Vauzelle" tenu par le fils, qui faisait aussi bureau de tabac et peut-être tenait "la
régie". Derrière le bâtiment sur rue, par le porche toujours visible, le père Vauzelle
faisait charron. A côté, il y avait le fils Vauzelle. La maison leur appartenait. La Vieille
Auberge était locataire.
Un jour le grand chien jaune de Camille Robert déroba le dîner de Jean-Claude Charrat,
tailleur de pierres qui vivait dans une cabane à côté du cimetière. Le lendemain le père
Charrat, bien décidé à faire payer au chien son larcin, le voit venir, tenu en laisse par
Camille Robert. Il n’ose pas trop s’avancer mais crie à l’attention du chien avec force
grands gestes. Voilà le chien qui prend peur, tire sur sa laisse, tire et tire encore
emmenant son maître qui s’étale sur la rue…
Confusion du brave père Charrat qui n’en voulait pas tant…
Le café Vauzelle passé à Camille Robert, fut ensuite tenu par Madame Marrel avant de
devenir l’épicerie du Volcan a cessé son activité peu avant 2010.
Avec Louis Bousquet et outre cette Madelon, que l'on peut entendre au numéro 25 de nos Cinquante chansons, Camille Robert a commis "Les Filles d'Alençon".
Avec Gaston Duthil pour les paroles, ce sera "Les Yeux les plus beaux" et "Si vous n'avez aimé".
Camille Robert a été chef de l’orchestre de l’Elysée.
Rappelons également que Camille Robert était impliqué à la SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique) en qualité de :
- président de la Commission des Programmes
- président de la Commission des Comptes
- administrateur de la Société Mutualiste
Note [*] : Acte de naissance n° 1 232 dressé en mairie du 9e le 16 juillet 1872.
Camille Robert sera fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 29 décembre 1932, et promu Officier le 10 juillet 1951.

Camille Robert s'est éteint à Paris, 10e, le 24 mars 1957. [*]