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Le premier Chat Noir créé en 1881 par Rodolphe Salis
84, Boulevard de Rochechouart, 18e



Le Mirliton, créé en 1885 par Aristide Bruant
84,Boulevard de Rochechouart, 18e
ancien Chat Noir de Rodolphe Salis



Le second Chat Noir créé en 1885 par Rodolphe Salis12, Rue Victor Massé, 9e



Le Lapin Agile, créé en 1860
22 rue des Saules, 18e



Le Cabaret des Quat'z'Arts,
créé en 1893
par François Trombert
165 (aujourd'hui 62) Boulevard de Clichy, 18e

a chanson réaliste est un genre majeur de la chanson française, particulièrement associé à Paris entre la fin du XIX? siècle et les années 1930-1940. Elle se développe dans un contexte de profondes transformations sociales et urbaines.

À la fin du XIXᵉ siècle, Paris connaît une forte croissance démographique et une industrialisation importante. La ville rassemble une population ouvrière, des employés, des petits commerçants, des artistes et de nombreuses personnes vivant dans la précarité.

La chanson réaliste s'intéresse à ces milieux populaires. Elle raconte la vie quotidienne, la pauvreté, l'amour malheureux, la prostitution, l'alcool, la solitude, la criminalité ou encore les difficultés des femmes. Elle donne ainsi une place importante aux personnes habituellement absentes de la culture officielle : ouvriers, prostituées, marginaux, petits délinquants ou habitants des quartiers populaires.

Le développement de la chanson réaliste est lié à l'essor des cafés-concerts, cabarets et music-halls. À Paris, des quartiers comme Montmartre, Belleville ou Ménilmontant deviennent des lieux essentiels de la vie artistique populaire.

Les cabarets permettent aux chanteurs de se produire devant un public varié. On y écoute des chansons humoristiques, politiques, sentimentales, mais aussi des chansons qui décrivent les difficultés de la vie.

Le Chat Noir, ouvert à Montmartre en 1881, et d'autres cabarets contribuent à créer cet environnement artistique. La chanson devient progressivement un moyen de raconter Paris et ses habitants.

La chanson réaliste est également influencée par les écrivains du réalisme et du naturalisme, notamment Émile Zola. Comme dans le roman naturaliste, elle cherche à représenter la société sans forcément l'idéaliser.

Les chansons racontent souvent de petites histoires : une femme abandonnée, un amoureux malheureux, une fille pauvre, un ouvrier, un homme vivant dans la rue… Ainsi, le texte revêt une forme pas tout à fait narrative.

Entre 1890 et 1914, Paris devient une capitale culturelle internationale. Mais derrière l'image brillante de la Belle Époque, les inégalités sociales restent importantes.

La chanson réaliste montre justement l'envers du décor : derrière les cafés, les grands boulevards et les spectacles se trouvent la misère et les difficultés des classes populaires.

La Première Grande Guerre (1914-1918) puis les bouleversements sociaux des années 1920 renforcent également les thèmes de la souffrance, de la perte et de la nostalgie.

Très tôt, on considère Aristide Bruant, comme le principal initiateur du genre réaliste. Par les reprises de son répertoire par Eugénie Buffet et Yvette Guilbert, le genre se féminise. Ces deux interprètes se disputent la création du personnage de la "Pierreuse"[*]. Au début du XXᵉ siècle, plusieurs chanteuses deviennent emblématiques de ce style. Citons Fréhel, Damia et, surtout dans les années 1930, Édith Piaf.

Leurs interprétations sont caractérisées par une grande intensité émotionnelle. La voix, les paroles et la mise en scène servent à donner l'impression que l'histoire racontée est vécue directement par la chanteuse.

La chanson réaliste, c'est la voix du Paris populaire. Elle naît dans le contexte de la modernisation de la capitale, se développe dans les cabarets et cafés-concerts, et s'inspire de la littérature réaliste et naturaliste. Elle met en scène les exclus et les classes populaires et transforme leurs histoires quotidiennes en récits chantés.On peut considérer la chanson réaliste comme symptomatique du Front Populaire.

Quand ? : environ 1890-1940, avec un âge d'or dans les années 1920-1930.

Qui ? : Paul Dalbret, Pierre Dupont, Yvonne George, Georgius, Béranger, Jules Jouy, Jehan Rictus, Cora Madou, Marianne Oswald et Berthe Sylva, notamment, en feront leur miel !


Note [*] : Pierreuse, terme argotique péjoratif qui désigne une prostituée de bas étage (qui racole en battant le pavé).