LA CHANSON FRANCAISE DE 1870 A 1945... EN ''PRESQUE'' 50 CHANSONS...




08  FROU - FROU


1897 - Paroles de Monréal et Blondeau, musique de Henri Chatau.
© Albert Petit / Julien / SEMI (1897)

Dans les années quatre-vingt-dix, les vedettes s'appellent Aristide Bruant, Paulus, Yvette Guilbert.

On chante Delmet aussi ("Quand les lilas refleuriront" de son ami George Auriol et d'autres auteurs dont les noms nous parviennent encore aux oreilles : Xanrof ("Le fiacre", interprété par Yvette Guilbert), Mac-Nab ("Le grand métingue du Métropolitain"), Richepin, Ferny, Montoya et plusieurs autres que l'on retrouve dans le sillon du Chat Noir (voir aussi à Rodolphe Salis).

Les vedettes montantes, Mayol, Polin, Dranem, Fragson, sont à leurs premiers essais. Nous les reverrons au début de 1900.

S'il existe, cependant un succès qui continue de marquer cette époque, c'est bien ce "Frou-Frou" qui n'a jamais cessé d'être chanté depuis sa création par Juliette Méaly en 1897 jusqu'à, tout récemment, Koko Atéba en passant par Berthe Sylva, Line Renaud, Mathé Altéry, Suzy Delair et même Danielle Darrieux.

Son histoire est assez curieuse car, à l'origine, ce "Frou-Frou" fut un four.

Écrite par Henri Chatau en collaboration avec Delormel pour Gabrielle Lange, cette chanson, destinée à faire partie d'une revue intitulée La fête du souffleur, n'eut aucun succès.- Sans vouloir absolument trouver la cause de cet insuccès, disons que les paroles suivantes - attention : sur un air de polka ! - n'ont pas contribué à faire un chef-d'euvre de cette revue :

Comme c'est subtil
Comme c'est gentil
D'entrevoir les dessous
Qui dont frou-frou-frou.
Tous les vieux messieurs
les jeunes gommeux
Allument les dentelles
Des petites demoiselles.
Et voilà pourquoi
Oui-da l'on composa
Frou-frou polka.

Mais... quelque temps après, un Allemand de passage à Paris, en tira, avec de nouvelles paroles une valse connue sous le nom de "Beim Supper" ("Pendant le souper").

P.-S. (à nos lecteurs) - Cette courte page dont nous sommes les malheureux auteurs a été si souvent copiée, recopiée, plagiée sur le Web que nous en sommes venus à nous demander si nous l'avions vraiment rédigée. - Hé oui ! Nous en sommes bien les véritables créateurs. Avec ceci de particulier : elle contenait, au départ, deux fautes de frappe - que nous avons, depuis, en ajoutant divers autres renseignements, corrigées - mais ces fautes continuent à circuler. Comme quoi...



La version que nous proposons est celle de Lucile Panis et date de 1908 :

Disque Gramophone - n° P 210

Les paroles sont ici.