En marge de la liste des établissements parisiens, nous vous proposons, ici, celle des "maisons" de province. Du moins celles que nous avons pu retracer. Là aussi, avec photos et informations, lorsque nous en avons. Bien sûr, si vous en avez à nous proposer, nous les accueillerons avec grand plaisir... Les villes sont classées par odre alphabétique.
Théâtre construit vers 1890, passe au cinéma parlant dans les anées trente. Modifié au fil du temps jusqu'en 1948. Petit à petit, la seconde génération l’aménage de façon à mieux répondre aux attentes de la population et à l’évolution du milieu cinématographique en France. La deuxième salle de 18O places naît ainsi en 1971, la troisième en 1975 et la quatrième en 1981 à l’emplacement de l’ancien balcon. Aujourd’hui, 678 places au total.
Bar-le-Duc (55 - Meuse)
Café des Oiseaux - Rue de la Neuveville (Aujourd'hui 57, Rue Jean-Jacques Rousseau)
Une salle de spectacle ouverte en 1786 ou 87.Devient célebre lorsqu'on y annexe le café des oiseaux que créé, en 1838, le naturaliste Louis Poirson qui dispose autour de la salle des vitrines remplies d'animaux naturalisés et entreprend de gros travaux en 1850.
Acquis par la Ville en 1889, devient le ThéâtreMunicipal. Repassé au privé après 1914. La collection de plus de 50 000 pièces de Louis Poirson a été dispersée après la Deuxième Grande Guerre. Aujourd'hui : Commerce et logements (voir ici)
Café Farnié - Rue Bernède (aujourd'hui 3 Place Charles de Gaulle)
Etablissement mondain datant du début des années 1900, propriété de la famille Farnié, il était situé rue Bernède en face de la place de la Mairie (aujourd'hui place du Gal de Gaulle). Début 1949, le café fut racheté par la famille Mauriac, qui confia la modification de l’agencement intérieur à l’architecte Benjamin Gomez.
Devenue propriété de l’Aviron bayonnais, à la fermeture du café Farnié en 1969, la mosaïque représentant des danseurs souletins sera exposée au Musée Basque dans la salle des danses. Un temps, bureaux de la ville, aujourd'hui locaux commerciaux.
L'établissement commercialisait des cartes postales à son image dont le verso détaillait le programme des concerts qui y étaient donnés. Nous en avons retracé quelques uns, comme suit :
[*] jusqu'en 1871 puis Territoire de Belfort en 1922
Grande Taverne, La (Brasserie, Café, Restaurant, Cinéma, Concert, Attractions) - 35 Faubourg de France
Immense bâtisse datant de la Belle Epoque. Maurice Chevalier s'y produit (notamment pendant son service militaire au 35ème Régiment d'infanterie local). Projection cinématographique dès 1908, cinéma Rex en 1952, devient une galerie de boutiques en 1986.
Berck-sur-Mer (62 - Pas-de-Calais)
Eden-Casino - Boulevard de la plage (Esplanade Maritime)
D'abord Casino des Lapins construit à la fin des années 1880 sur une garenne (d'où le nom !), puis Casino ou Grand Casino des Dunes.
Kursaal - 30, Avenue de la Gare (aujourd'hui Avenue du Général-de-Gaulle)
La construction du Kursaal originel daterait de la fin des années 1880. D’inspiration néo-mauresque, il est constitué de plusieurs pavillons aux murs alternant des lignes de briques rouges et de briques plus claires (jaunes, orange, ou blanches). Ce casino connait des transformations successives. Aujourd’hui ne subsiste que le bâtiment principal dont la façade, elle aussi, a connu de nombreuses modifications.
Aujourd'hui : salle de spectacle Le Kursaal
Besançon (25 - Doubs)
Café Oriental - 36 Rue Mégerand
Concert du Jardin
Kursaal - 1 Place du Théâtre
Ouvert en 1893 avec une grande salle pouvant recevoir un cirque, sous le nom de Kursaal-Cirque. Lourdes charges financières, difficultés de remboursement d'emprunts conduisent à la saisie du Kursaal et ses batiments annexes. En 1895, le tout est racheté par la Ville. , cette dernière ferme en 1970 l'établissement devenu vétuste. En 1979, le Kursaal fait l'objet d'une rénovation suivie d'une inauguration en 1982.
Aujourd'hui : Kursaal-Théâtre
Béziers (34 - Hérault)
Alcazar 12, Rue Victor Hugo
Voir ci-dessous
à Variétés
Théâtre des Variétés 12, Rue Victor Hugo
Théâtre dévolu à l'opérette agrémenté de salles de restaurant, jardin et salle de jeu construit en 1904 sur les restes de feu l'Alcazar. Confronté à des problèmes financiers, passe au music-hall (vue de l'intérieur de la salle). Oscille entre théâtre et cinéma dans les années 30 pour rester cinéma après la Deuxième Grande Guerre et fermer en 1982.Racheté et loué comme établissement de nuit, il subit qelques ravages. Désaffecté et en vente, il a finalement été racheté et démoli par la Ville de Béziers pour devenir une salle de spectacle, antenne du Conservatoire Béziers Méditerranée, futur pôle des arts de la scène et du spectacle du Conservatoire de Béziers.
Aujourd'hui : en travaux de construction de l'antenne du Conservatoire Béziers Méditerranée.(voir photo du projet ci-dessus à droite)
Biarritz (64 - Basses-Pyrénées, aujourd'hui Pyrénées-Atlantiques)
Royal-Cinéma-Théâtre
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Bordeaux (33 - Gironde)
Alcazar - Place du Pont - aujourd'hui 13, Place Stalingrad
Inauguré en 1861, cet établissement connut les débuts d'artistes qui devinrent célèbres à Paris et en province. A partir de 1872, on y entendit Thérésa chanter "La femme à barbe", Amiati y faire sensation, en 1880 avec seschansons patriotiques... Paulus y fit ses débuts. On y vit Paul Legrand, Plessis... Restauré en 1892. Le plus ancien café-concert bordelais présentait des spectacles comiques qui ont eu un retentissement national. Eloi Ouvrard, interprète, Compositeur, parolier et inventeur du genre comique troupier s’y produisait régulièrement avec son �pouse jusqu'aux années1910.
Il devint un cinéma, l'Eden, puis le Trou, puis le Saint Claude puis un garage et enfin une discothèque Le Rétro fermée aujourd'hui...
Alhambra - Cité du Cirque (aujourd'hui 24, Rue d'Alzon)
Café-concert, avec jardin d'été, inauguré en 1878. De 1892 à 1902, loué par les assomptionnistes. Transformé en salle, à proprement parlé, en 1910, on y donnera Chantecler de Edmond Rostand. Il comprenait alors l'Alhambra-Théâtre (opérettes, comédies, concerts symphoniques), l'Alhambra-Casino d'été (music-hall, revues) et l'Alhambra-Bowling-Skating-Sports d'hiver, Sports d'été [sic]). Le skating-ring eut un grand succès de 1903 à 1914. Entre septembre et décembre 1914, en pleine période de guerre, l'Alhambra devint la chambre des députés suite à l'installation du parlement à Bordeaux (le Sénat, quant à lui, prit place à l'Apollo-Théâtre (voir ci-dessous) non loin de là. Racheté par la Ville en 1970, il y a été donné des revues fameuses. L'annexe dit Casino ou Jardin des Ambassadeurs (800 places) fut détruite en 1978, puis fermeture définitive, en 1982, de l'Alhambra qui menace de s'effondrer et démolition tout en conservant la façade pour reconstruire une résidence.
Octobre 1914 : la façade de l'Apollo au temps
où le Sénat s'y était installé.
Apollo - 52, Rue Saint-Sernin
Vers 1835, d'abord un cirque permanent (Cirque Olympique ou Cirque français) puis Théâtre du Cirque, dans les jardins de l'ancien hôtel particulier du baron Pierre de Castelnau d'Auros, il fût reconstruit en 1867, par Émile Louit, l'un des héritiers des industries alimentaires Louit, fondateur du journal Le Journal de Bordeaux (1861 et propriétaire des Folies bordelaises un grand magasin situé à l'emplacement actuel des Nouvelles Galeries et baptisé Théâtre Louit - Y chanta, entre autres, Hortense Schneider. Ses 2 800 places ne convenaient pas à la comédie. Alors, on y joua l'opéra, en 1869. En 1871, il devient le refuge de la troupe du Grand-Théâtre. Ce dernier étant occupé par l'Assemblée nationale. En 1879, il prit le nom de Folies Bergère. En 1883, Bouffes-Bordelais (qui renaîtra un peu plus loin dans la même rue - voir ci dessous). Détruit en 1888, par un incendie il sera reconstruit pour rouvrir en 1890 sous le nom de Théâtre des Arts.
En 1907, il sera transformé en music-hall et baptisé l'Apollo-Théâtre. Revues à succès et passage, entre autres, de Dranem, Esther Lekain, Mayol, Dalbret, Frégoli, Polin, Vilbert, Mistinguett... Le Sénat s'y réfugie brièvement en septembre 1914, au début de la Première Grande Guerre , alors que les Allemands menacent Paris.Changement de propriétaire en 1927. Opérettes, comédies et music-hall avec Joséphine Baker, Andrée Turcy, Georges Milton... En 1932, il deviendra un cinéma. La salle du Cinéma Apollo sera reconstruite en 1952, puis à nouveau démolie en 1972 pour faire place au complexe cinématographique Ariel.
Intérieur de la salle de l'Apollo-Théâtre en 1907
Aujourd'hui : restaurant
Bouffes-Bordelais - angle Rue Judaïque et Rue Saint-Clair (aujourd'hui Rue Charles Marionneau)
Casino des Lilas - angle du Boulevard de Caudéran et du Chemin de Fresquet (aujourd'hui Boulevard Wilson et Rue Jules Ferry)
Concert d'été ouvert à la belle saison. Anna Held s'y produit en 1894, Mayol en 1897 et 1901, Paulus en 1901, Esther Lekain en 1907. Ouvrard et Madame y firent leurs adieux au théâtre en 1907...
Casino des Quinconces - Allées d'Orléans à hauteur de la Rue de Condé
Folies-Bordelaises, Les - 56, Rue Sainte-Catherine
La salle fut construite, en 1872, à la faveur de la démolition d'une partie du Bazar bordelais datant de 1835. Les Folies-Bordelaises seront fermées définitivement en 1893, pour être remplacées par Les Nouvelles Galeries.
Grandes vedettes... Amiati, Thérésa, Paulus, Ouvrard... Yvette Guilbert y sera ovationnée en 1891 après avoir interprété "Je suis grise"...
Grand Théâtre - Place de la Comédie
Construit à partir de 1773 sur les glacis du chateau Tropeyte et inauguré en 1780, Plusieurs fois transformé dont la dernière en 1991 qui lui rendra sa décoration intérieure bleue, or et marbre blanc d'origine. Ses colonnes supportant un portique orné des douze statues de Euterpe, Uranie, Vénus, Calliope, Terpsichore, Melpomène, Thalie, Polymnie, Junon, Minerve, Erato et Clio lui confère une perspective de temple des muses. La salle de 1 700 places, à l'origine, n'en offre aujourd'hui plus que
1 114. Pendant la guerre de 1870, Bordeaux, capitale provisoire de la France a vu siégé, au Grand Théâtre, la première assemblée élue de la Troisième République, proclamée en 1871. Loulou Hégoburu y dansait en 1910. Siège de l'Opéra National de Bordeaux depuis 2002.
Aujourd'hui : Opéra National de Bordeaux
Olympia-Gaumont - 9, Cours Georges Clémenceau
Cinéma music-hall (1 548 places) ouvert en 1919 sous le nom de Cinéma Palace Olympia. Racheté par Louis Gaumont, en 1922, il devint un complexe cinématographique, Le Gaumont qui fermera définitivement en 2002. Dans les années '20 - '30, on y vit notamment Loïe Fuller, Georgel, Lys Gauty...
Photo : la salle en 1926
Concert La Rotonde - 61, Cours de l'Intendance
Aujourd'hui : agence bancaire
Scala - 16, Rue Voltaire
Construit à la place d'une maison commerçante entre 1862 et 1869, le café-concert Le Delta accueillit Paulus, Ouvrard qui lançait son fameux "L'invalide à la tête de bois", Amiati, Plessis, Kam-Hill... En 1877, le lieu deviendra un atelier d'imprimeurs jusqu'en 1906, pour revenir au music-hall sous le nom de Scala. Racheté par l'archevêché en 1936 puis devenu le cinéma Mondial, il fermera définitivement en 1975.
Théâtre Fémina - 10 Rue de Grassi
Remise appartenant au grand hôtel, d'en face,qui accueille chevaux, cochers et palefreniers, puis salle des ventes devenue garage pour automobiles. Démolie pour reconstruire en ses lieu et place le Théâtre Fémina, inauguré en 1921. Lieu dédié au cinéma et au music-hall. Dans la décennie qui suit, on y verra Alibert, Dalbret, Fernandel, Esther Lekain, Ouvrard fils, Perchicot, Georgel, Joséphine Baker...
En 1899, il reprend son nom de Théâtre-Français et retourne à l'opérette et à la comédie. Cinéma national Pathé, en 1908, il deviendra définitivement un cinéma dans les années '20. Avec, bien sûr les actualités de la semaine, le documentaire, l'entracte, les attractions et le film.... Sur cette scène, on vit alors, entre autres, Alibert, Andrex, Dalbret, Marie Dubas, Yvette Guilbert, Mayol, Georgel, Maurice Chevalier, Yvonne Vallée...
A vocation de conférences, spectacles et concerts, sa construction débute en 1914, mais pour cause de Première Grande Guerre, il ouvrira ses portes et ses 1 080 places en 1916, le 2 décembre, pour une séance au profit du "Bureau de Bienfaisance". En 1931 arrivent les films sonores et parlants. Changement de propriétaire en 1958 et rénovation. En 1961, accueille aussi le music-hall. Malgré une nouvelle rénovation en 1973, le plafond s'écroule en novembre?de la même année et l'Eden est fermé pendant vingt-huit?mois. Il ne rouvre qu'en mars?1976. En 1981, il devient un multiplexe de 4?salles de 480, 187, 137 et 92?places. Fin d'activité et fermeture en octobre 2008. Démolition entre 2011 et 2013.
Aujourd'hui : Immeuble d'habitations, supermarché et voierie.