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uettistes ?… Euh non, pas vraiment ! Complices ?… Oui ! Souvent !

La Chanson Française doit beaucoup à ces gens discrets et souvent érudits, que sont les auteurs et les compositeurs ! Certains partent d'une mélodie qui impose ses syllabes, quand d'autres habillent de musique des poèmes. Les interprètes en vogue, savent bien que leur succès tient de la qualité des chansons qu'on leur propose et souvent interviennent et influencent leurs auteurs et compositeurs…

A cet égard, on peut citer Félix Mayol qui déclarait : "j'avais pris l'habitude de guetter, comme à l'affût, les jolies musiques sur lesquelles il me semblait qu'on pût écrire des paroles pour moi". Une danseuse, qui le précédait, dans le programme de la Scala, avait un refrain de guinguette sur lequel elle faisait un pas fantaisiste. Lui demandant ce qu'était cette musique, elle répondit : "Un air allemand, très populaire là-bas, ça s'intitule "Kom Karoline" ". Il finira par faire retrouver la partition originale d'Adolf Spahn et trouvera lui-même, avec l'auteur-compositeur Henri Christiné, le titre français de cette chanson qui fait un "carton" depuis 1902 : "Viens Poupoule" !

Il arrive aussi qu'une chanson très moyenne fasse son chemin grâce à ce que l'interprète va en faire. Auteur, compositeur, interprète, tous sont liés et feront ou pas, le succès d'une chanson.

Parmi ces géniteurs de la Chanson, nombreux sont à la fois auteur et compositeur ! Dans leur collaboration, il n'est pas rare qu'ils inversent les rôles ! Tels Ferdinand-Louis Bénech et Ernest Dumont (voir ci-dessous).

Les éditeurs ont aussi une influence, car précautionneux de leur bénéfice, ils font souvent preuve de pingrerie en disqualifiant les œuvres pour rémunérer le moins possible auteurs et compositeurs. Comme le raconte Georges Millandy dans ses mémoires.

Arrêtons-nous sur quelques binômes notables :



Ferdinand-Louis Bénech et Ernest Dumont

ous voici en présence des modèles types du genre. Le premier est plutôt compositeur. Quoique… Le second serait plutôt parolier ! Quoique…

On associe ces deux compères à des dizaines ? ou serait-ce des centaines ? - de chansons dont le premier aurait écrit les paroles et le second composé la musique.

Sur de nombreux petits formats, on peut lire, en effet : "Paroles de : E. Dumont - Musique de : F.-L. Bénech" mais sur d'autres, les rôles sont renversés : "Paroles de : F.L. Bénech - Musique de : E. Dumont." ; et sur d'autres encore, les choses sont encore moins claires :"Paroles et musique de : E. Dumont et F.-L. Bénech."

Là où tout devient difficile à comprendre, c'est quand l'un et l'autre se mettent à signer soit les paroles, soit la musique de chansons avec d'autres paroliers ou d'autres compositeurs, parfois conjointement, parfois séparément, inversant régulièrement les rôles que la petite histoire leur a assignés. - Ces paroliers et compositeurs ne sont pas tous des inconnus. Dans le lot, on retrouve des noms comme : Désiré Berniaux, René de Buxeuil, Romain Desmoulins, Eugène Gavel, Georges Krier, Henri Piccolini, Vincent Telly et, attention : Henri Christiné de même Vincent Scotto ! (Et nous serions injustes de ne pas mentionner Léo Daniderff).






Baumaine et Blondelet
dans "Trente ans de Café-Concert"
les mémoires de Paulus




Gabrielle Chanel et sa tante Adrienne à Moulins (03 - Allier) en 1906,
elle a 23 ans

Félix Baumaine et Charles Blondelet

es Bau Blond. Ainsi étaient ils surnommés à cause des premières lettres de leur patronyme.
Le premier est rémois et le second est parisien.
Le premier naît en 1828, le 4 décembre et le second, huit ans plus tôt, le 4 novembre.

Les deux décèderont à Courbevoie (75 - Seine aujourd'hui 92 - Hauts-de-Seine).Le premier, le 3 janvier 1881 et le second sept ans plu tard, le 2 décembre

Chansonnier et parolier tous les deux, ils écriront un nombre incalculable de chansons toutes plus ou moins médiocres mais dont certaines ont réussi à"passer le temps" sans doute à cause de leurs interprètes. Il se dit que Baumaine lui-même est l'auteur de 1300 chansons. Citons, entres autres, "Le pifferaro du boulevard" (musique d'Hervé) (1867) créée par Marie Lafourcade

Souvent, leur collaboration a produit des saynète-bouffe et opérette.

Gabrielle Chasnel leur doit son sobriquet de "Coco" à cause de leur chanson mise en musique par Édouard Deransart "Qui qu'a vu Coco ?" que Mademoiselle Chasnel chantait à la Rotonde à Moulins (03 - Allier) en 1904 et encore en 1905 ! Une chanson pleine de sous-entendus grivois narrant l'histoire d'une jeune femme à la recherche de son clebs ! Bref, que de la grande langue française !

Le refrain, à lui seul, en dit long sur leur talent :

Vous n'auriez pas vu Coco ?
Coco dans l'Trocadéro
Co dans l'Tro
Co dans l'Tro
Coco dans l'Trocadéro.
Qui qu'a, qui qu'a vu Coco  ?
Eh ! Coco !
Eh ! Coco !
Qui qu'a, qui qu'a vu Coco ?
Eh ! Coco !

Si en 1878 les journalistes se désolent et dénoncent une "abomination stupide", l’auditoire se tord, répète en chœur l’allitération scatologique et bisse la plantureuse chanteuse des Ambassadeurs, Élise Faure. Cette dernière, le poing sur la hanche, hurle la chanson jusqu’à en être écarlate, et accentue les sous-entendus grivois d’un texte censé montrer une jeune femme à la recherche éperdue de son chien. La scie fonctionne d’autant mieux que la "complainte canine" a pour cadre le nouveau Palais du Trocadéro, bâtiment républicain dont l’architecture est décriée. Il se murmure qu’un bonapartiste, en indiquant à un maçon que le palais allait être parfait pour le prince impérial, a été involontairement à l’origine de la scie : "celui-là prétend que nous bâtissons pour Coco !"

La chanson est rapidement imprimée afin de permettre à celles et ceux qui le souhaitent de la fredonner à leur tour. Cette partition est illustrée d’un dessin d’Émile Butscha qui insiste sur l’ambiguïté des paroles, entre recherche attendrissante d’un toutou et charge érotique. On ignore si Gabrielle Chasnel, qui les fredonne en 1904 au café de La Rotonde à Moulins, conserve à son interprétation ce côté équivoque, mais on sait au moins qu’elle leur doit son surnom … Coco Chanel !

Agnès Sandras,
Conservatrice en charge des collections d’histoire de France
au département Philosophie, histoire, sciences de l’homme
HISTORIA.fr


Félicien Vargues et Félix Mortreuil

à, nous aurions pu dire, le premier est compositeur et le second est auteur… Mais aussi, le premier est auteur et le second est compositeur…

Le premier aura composé plus de mille deux cent cinquante airs (de chansons), quand le second laissera un répertoire de plus d'un millier d'œuvres.

ils brilleront, en 1888, avec "Le Noël des Gueux", qui fut et restera le " tube" de Noël, jusqu'aux année 1920 ! Création à la Scala, de Marius Richard, avantageusement reprise par Jean Noté.


Lucien Delormel et Léon Garnier

"n revenant de la revue" et "Le Père la Victoire" étaient à l'immense Paulus, ce que "La Matchiche" et "Viens Poupoule !" étaient au grand Mayol… Des succès colossaux ! Certes la musique du Berlinois Louis-César Marchione connu sous le nom de Louis-César Désormes et celle du Bourbonnais Louis Ganne y seront pour beaucoup…


Albert Willemetz et Henri Christiné

ayol, Polin, Yvonne Printemps, Georgius, Gabaroche, Mistinguett, Maurice Chevalier, Michel Simon, Saturnin Fabre, Dranem, Albert Préjean, Tino Rossi, Fred Gouin, Fernandel, Fragson... tous ont chanté des airs d' Albert Willemetz, ou d'Henri Christiné, ou les chansons des opérettes issues de leur collaboration de 35 ans qui débute en 1906 par une chanson, "Ah le joli jeu !" que crée Mayol la même année.

Henri Christiné, cet Helvète à la fois auteur, compositeur et éditeur, né à Genève (Suisse), le 27 décembre 1867, entre en musique par le professorat de piano, ce qui le conduit, à 29 ans, à Paris. Très en demande, le voici arrangeur patenté de Fragson. Pervenche, la future Fréhel, du haut de ses dix-huit ans, chante "C'est une gosse", un pur produit Christiné ! Polin y va de son "petit objet" :
Ah !Mademoiselle Rose, j'ai un p'tit objet à vous offrir ! et Mayol en est "A la Martinique", "Ah la musique américaine" et "Cette petit'femme là". Maurice Chevalier, quant à lui, est aux prises avec "Valentine", qui n'est pas un monument de galanterie !

Albert Willemetz, est un librettiste, lyriciste et scénariste parisien né dans le 17e, le 14 février 1887. Il est aussi le secrétaire du Père La Victoire [*]. C'est à l'hôtel de Beauveau, !e ministère de l'Intérieur, qu'il trouve le temps d'écrire des poèmes (signés Metzvill) et des chansons dont la Miss et Chevalier entendent parler. Le voilà dans la carrière… Il signera des centaines de revues, des dizaines d'opérettes et des scénarios de films.

Le premier décède à Nice (06 - Alpes Maritimes), le 26 novembre 1941. Le second décède à Marnes-la-Coquette (78 - Seine-et-Oise aujourd'hui 78 - Les Yvelines), le 7 octobre, vingt-trois ans plus tard..

Note [*] : Georges Clémenceau.


Marcel Bertal et Louis Maubon

utres modèles du genre ! Ces deux- là signent leurs œuvres "Bertal-Maubon". Pseudonyme collectif, donc… de Bertal, Marcel né Marcel Bloch à Paris 3e le 18 décembre 1882 et décédé à Paris, 14e, le 3 août 1953 et de Maubon, Louis né le 21 octobre 1881 à Souillac (46 - Lot) et décédé le 19 septembre 1957 à Paris, 9e.

Ils sont les auteurs de (entre autres) :

Ils ont participé (avec Emile Ronn) à l'écriture des paroles du fameux "Sous les palétuviers" interprété par le duo formé de Pauline Carton et René Koval, dans l'opérette Toi, c'est moi. "Aimons-nous sous l'évier"  Fallait oser !

Pour le théâtre :

  • A Hénoc... Les Femmes 'poilus', vaudeville à couplets en 3 actes - musique de Marcel Labusquière
  • Ah ! les jeunes filles d'aujourd'hui, acte comique
  • Les Matelots rigolos, pièce comique
  • Un permissionnaire en folie, vaudeville militaire en un acte
  • Le Roi et la reine des gangsters, farce en 1 acte
  • Françoise réserviste, opérette militaire en trois actes. Livret de Bertal-Maubon - musique de Eugène Gavel et Eugène Cools
  • Isabelle et son chaudron, ou les Femmes ne sont pas bavardes, farce de Bertal-Maubon et Fijan...
  • Chouchou, pièce en 1 acte
  • Le Caporal Furibard, bouffonnerie militaire en 1 acte
  • Toi, c'est moi, opérette en deux actes et onze tableaux, de Henri Duvernois, livret de Bertal-Maubon et Robert Chamfleury, musique de Moises Simons
  • Un tapissier tapissait, vaudeville en 1 acte
  • livret du "Tsarévitch" de Franz Lehar, d'après Jenbach et Reichert.



Henri Blondeau et Hector Monréal

enri Marie Gabriel Blondeau né à Paris (75 - Seine aujourd'hui 75 - Paris), le 5 août 1841 et décédé à Courbevoie (75 - Seine aujourd'hui 92 - Hauts de Seine), le 4 mai 1925 fut auteur dramatique, librettiste et chansonnier et Joseph Marie Ylpize Rieunier, dit Hector Monréal né à Carcassonne (11- Aude) le
17 juillet 1839 et décédé à Asnières (75 - Seine aujourd'hui Asnières-sur-Seine 92 - Hauts-de-Seine) le 20 mai 1910 fut illustrateur, chansonnier et auteur dramatique.

Ils se rendront célèbres pour avoir écrit, en 1897, les paroles de "Frou - frou" sur la musique d'Henri Chatau que l'on trouvera et entendra au numéro 8 de nos Cinquante chansons.

Mais, pas que...

  • 1865 La Belle Ziguezon ronde historiette
  • 1865 Mr de Richenerac basconnade chansonnette
  • 1867 Tapez-moi là-d'ssus ! revue en 4 actes
  • 1868 Les Hannetons de l'année revue en 3 actes
  • 1869 V'là les bêtises qui recommencent revue en 4 actes
  • 1871 "Qui veut voir la lune ?" revue fantaisie en 3 actes
  • 1872 Paris dans l'eau vaudeville aquatique en 4 actes
  • 1872 Une poignée de bêtises revue en 2 actes
  • 1872 La Veuve Malbrough opérette en 1 acte
  • 1873 La Nuit des noces de la Fille Angot vaudeville en 1 acte
  • 1873 Les Pommes d'or, opérette féerie en 3 actes
  • 1874 La Comète à Paris revue en 3 actes
  • 1874 Ah ! C'est donc toi Mme la Revue ! revue en 3 actes
  • 1875 Pif-Paf féerie en 5 actes
  • 1875 La Revue à la vapeur actualité parisienne en 1 acte
  • 1876 L'Ami Fritz-Poulet parodie à la fourchette
  • 1877 Les Environs de Paris voyage d'agrément en 4 actes
  • 1877 Un hanneton dans la coupole fantaisie Charentonesqu
  • 1883 Une nuit de noces folie-vaudeville en 1 acte
  • 1884 Au clair de la lune revue en 4 actes
  • 1885 Pêle-mêle gazette revue en 4 actes
  • 1885 La Serinette de Jeannot vaudeville en 1 acte
  • 1885 Les Terreurs de Jarnicoton vaudeville-pantomime en 1 acte
  • 1885 Les Victimes du devoir ! chanson dramatique
  • 1886 Paris en général revue en 4 actes
  • 1887 Mam'zelle Clochette vaudeville en 1 acte
  • 1887 La Petite Francillon petite parodie
  • 1888 Paris-cancans revue en 3 actes
  • 1889 Paris Exposition revue en 3 actes
  • 1889 Paris-boulevard revue en 3 actes
  • 1891 Paris port de mer revue en 3 actes
  • 1892 Les Variétés de l'année revue en 3 actes
  • 1893 Les Rouengaines de l'année revue en 3 actes
  • 1894 Tout Paris en revue revue en 3 actes
  • 1894 La Revue sans gêne revue en 3 actes
  • 1894 Vive Robinson ! duo
  • 1896 Une semaine à Paris revue en 3 actes
  • 1897 Paris qui marche revue en 3 actes
  • 1897 Paris sur scène revue en 3 actes
  • 1897 Frou-frou chanson
  • 1898 Folies-Revue revue en 3 actes
  • 1900 Madame Méphisto pièce à spectacle en 2 actes
  • 1901 Paris-joujoux revue en 2 actes
  • 1903 Olympia-Revue en quatre tableaux
  • 1904 On demande une étoile scènes de la vie de théâtre